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Comment l’arobase a été inventée au Moyen Âge

L’arobase, ce signe devenu le symbole de l’Internet, n’est pas né au XXe siècle, nous révèle Muriel Gilbert.

D'où vient l'arobase ? (image d'illustration)
D'où vient l'arobase ? (image d'illustration)
Crédit : merve-sehirli-nasir/unsplash
L'INTÉGRALE - L'arobase a été inventée... au Moyen Age (08/05/22)
00:03:06
Muriel Gilbert

L’ arobase, ce symbole, ce caractère typographique en forme de petit “a” entouré d’un cercle pas tout à fait fermé, est entré dans nos vies à la toute fin du XXe siècle, en même temps que l’Internet. Précisons que l’origine du mot arobase est “incertaine” selon le Larousse, et que, selon les dictionnaires, on l’appelle aussi “arrobe”, “arobas”, ou même “à commercial”.

Mais arobase est le plus courant,  et c’est un mot que nous entendons un peu partout, que nous prononçons des dizaines de fois par semaine, au moins à chaque fois que nous donnons notre adresse électronique, et nous avons l’impression qu’il est tout récent…

Ce qui est surprenant, c’est que ce signe qui est devenu en quelque sorte le symbole de l’Internet, aurait été inventé par les scribes du Moyen Âge, figurez-vous. L’arobase daterait du VIe siècle. C’est en tout cas la thèse d’un linguiste américain, Berthold Louis Ullman, que présente en détail le site de la BNF, la Bibliothèque nationale. Il s’agissait à l’origine d’une ligature, un peu comme l’esperluette, dont je vous ai raconté l’histoire il y a quelque temps.

Une invention des moines copistes médiévaux

Rappelons en effet que l’esperluette, qu’on appelle aussi “et commercial” parce qu’on la retrouve souvent dans les noms d’enseignes (Durand & fils, Dolce & Gabbana, Rougier & Plé…), remonte au Moyen Âge, elle aussi, avant l’invention de l’imprimerie, et elle est en réalité la fusion (la ligature) des lettres E et T, imaginée par des moines copistes pour gagner du temps en écrivant et de l’espace dans les manuscrits, à une époque où les supports d’écriture coûtaient très cher. 

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C’est la même chose pour l’arobase, raconte Berthold Louis Ullman. Il s’agirait de la fusion des lettres A et D du "ad" latin, qui veut dire “vers”, ou “à”. On retrouve des traces de ce signe dans les comptes des commerçants du Moyen Âge et de la Renaissance, pour symboliser une unité de mesure souvent, mais surtout il réapparaît en force au XIXe siècle, aux États-Unis. 

On est pourtant encore loin d’Internet. Là, ce sont toujours les commerçants qui s’en servent, comme symbole du mot at en anglais (l’équivalent de à en français), qui correspond au ad latin, pour indiquer leurs prix : “2 chaises @ 20 dollars”. 

Et un usage comptable

C’est avec cet usage comptable que l’arobase arrive sur les claviers des premières machines à écrire, nées aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. “Lors de l’apparition des claviers informatiques, quatre-vingts ans plus tard, le signe avait quasiment perdu son sens, explique la BNF. Mais c'est précisément grâce à cette absence de signification dans le langage courant qu'il sera utilisé par les informaticiens.”

En effet, il leur fallait un signe nouveau. Et comme en anglais @ se lisait “at” (“à”), c’était l’idéal pour indiquer une adresse Internet. C’est donc grâce aux moines copistes de l’époque médiévale, amis des mots, que vous pouvez m’écrire à l’adresse langue@rtl.fr !

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