3 min de lecture Cinéma

"Ça m'étonne qu'il n'y ait pas une solidarité entre genres", dit Juliette Binoche sur RTL

INVITÉE RTL - Juliette Binoche est à l'affiche de la comédie "La Bonne épouse" en salles à partir du 11 mars 2020. Elle y interprète la directrice d'une école ménagère. À ses côtés, Yolande Moreau, Édouard Baer et François Berléand.

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Laissez-vous tenter du 09 mars 2020 Crédit Image : capture d'écran RTL | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Stéphane Boudsocq et Capucine Trollion

Tombe la neige, un des classiques de Salvatore Adamo est la chanson que l'on entend au début de La Bonne épouse de Martin Provost, à découvrir au cinéma le 11 mars prochain. Juliette Binoche tient le rôle principal de cette vraie-fausse comédie qui se déroule dans les années 60 et qui est en fait un vibrant plaidoyer pour la place de la femme dans notre société. 

"Ma mère allait dans les manifestations à l'époque, on sortait des années 60 avec l'horreur de l'avortement [interdit à l'époque] (...) Elle est plutôt d'un tempérament indépendant et libertaire et à un moment donné, ça n'a pas marché pour elle", démarre l'actrice. 

"J'allais aux manifestations féministes les week-ends et autres et ça m'impressionnait ces femmes qui parlaient de la condition féminine (...) Après, dans la vie de tous les jours, vivre avec un homme, il faut faire des compromis, être patient, l'amour apprend ce qui n'est pas donné par les lois", poursuit Juliette Binoche. 

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LA BONNE ÉPOUSE Bande Annonce (2020) Juliette Binoche, Edouard Baer, Comédie

Entrons dans le vif du sujet et poussons la porte de l'honorable institution Van der Beck, maison renommée pour la qualité de son enseignement et sur laquelle règne Paulette (Juliette Binoche) : tailleur et chignon impeccables. C'est l'âme, la conscience des lieux, aidée par sœur Marie-Thérèse (Noémie Lvovsky) et sa belle-sœur Gilberte (Yolande Moreau) le tout sous le contrôle de Robert (François Berléand). Chacun dans son rôle, chacun à sa place. Sauf que nous sommes en 1967 et qu'un petit vent de changement commence à se profiler à l'horizon.

Un vaudeville et fable sociale

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Le fameux "devoir conjugal", l'un des préceptes enseignés à l'école "La bonne épouse" avec la cuisine, la couture et les bonnes mœurs. Mais ça ne va pas durer : d'abord Robert Van der Beck meurt brutalement, victime d'un os de lapin au cours d'un repas, et Paulette va découvrir le désastre des finances de l'institution. C'est aussi le moment où resurgit dans sa vie André (Édouard Baer), un beau banquier avec qui elle fricota par le passé. Paulette est-elle passée à côté de sa vraie vie ? Ça sert à quoi finalement de former ces jeunes filles ? De quel côté met-on le couteau à poisson lors d'un dîner ? 

Autant de questions essentielles qui, au-delà du cas de Paulette et de ses élèves, annoncent mai 68 puis le mouvement de libération de la femme dont on mesure encore à la fois les effets et ce qui reste à accomplir. "Paulette me fait rire, elle m'émeut aussi car elle a décidé de rentrer dans cette institution par protection. Elle sort de la guerre, ses parents sont morts et elle n'arrive pas à retrouver son amour de jeunesse (...) Elle choisit cette institution comme un carcan protecteur et finalement elle n'en peut plus, mais elle ne le sait pas encore", confie Juliette Binoche. 

La Bonne épouse commence comme un vaudeville puis devient une fable sociale et c'est tout le talent de Martin Provost (réalisateur de Séraphine ou Sage femme), de mener de front ce double genre.

Ça m'étonne qu'il n'y ait pas une solidarité entre genre par rapport à une situation qui n'est pas acceptable

Juliette Binoche
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Par rapport au cas Polanskiune semaine après les César, Juliette Binoche en a marre qu'on lui demande son avis sur le sujet. "J'ai l'impression que parfois, on a fait des commentaires sur ce que je n'avais pas vu", poursuit l'actrice. Quant aux mouvements féministes, dont on voit les prémices dans La Bonne épouse : "Les choses bougent trop lentement, c'est une réalité que les femmes ressentent et que les hommes devraient ressentir. Ce qui c'est passé après les déclarations d'Adèle Haenel, il y a quelques mois [lorsqu'elle a révélé avoir été victime d’attouchements de la part de Christophe Ruggia], il y a très peu d'hommes dans notre milieu acteurs et metteurs en scène qui se sont prononcés, qui étaient d'accords que c'était une horreur". "Ça m'étonne qu'il n'y ait pas une solidarité entre genre par rapport à une situation qui n'est pas acceptable", conclut-elle. 

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