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Pourquoi le QR code a-t-il mis plus de 20 ans à percer chez nous ?

Le QR code ou "Quick Response Code" (le code à réponse rapide) a été créé par un Japonais qui travaillait dans l'automobile en 1994. Succès immédiat en Asie, l'invention, 200 fois plus puissante qu'un code-barres standard, aura dû attendre le passe sanitaire pour percer chez nous.

Le pass sanitaire, ici un QR code stocké sur TousAntiCovid
Le pass sanitaire, ici un QR code stocké sur TousAntiCovid
Crédit : AFP
Pourquoi le QR code a-t-il mis plus de 20 ans à percer chez nous ?
03:19
Isabelle Choquet

Ce lundi, les petits secrets d'une invention qui aura mis près de 20 ans à percer chez nous: le QR code. Le "Quick Response Code", le code à réponse rapide, a été créé par un Japonais qui travaillait dans l'automobile. Libération l'a retrouvé, et nous raconte son histoire. 

Nous sommes en 1992. Masahiro Hara planche avec un autre ingénieur. Ils n'ont qu'un ordinateur pour deux : la bulle spéculative japonaise est en train d'exploser, les patrons n'investissent plus dans l'innovation. Les deux gars cherchent un système qui permettrait d'accélérer le travail des ouvriers. À l'époque, toute la chaine de production des voitures est gérée par des codes barres. Mais ces codes-barres ont une limite, on ne peut y stocker qu'une vingtaine de caractères, des chiffres ou des lettres.

Or, il y a de plus en plus d'informations associées aux pièces automobiles, les emballages se couvrent d'une dizaine de codes barres, évidemment c'est long à scanner. Masahiro et son collègue essaient donc de créer une sorte de super code-barres, dans lequel on pourrait bourrer un max de données.

Un carton au Japon dès 1994

L'inspiration va venir du Go, ce jeu de société chinois avec des pions blancs et noirs sur un quadrillage. "Je me suis très vite aperçu qu’une structure en deux dimensions permettrait d’inclure plus d’informations", dit l'ingénieur. De fait, un QR code abrite jusqu'à 4.296 caractères alphanumériques, c'est-à-dire 200 fois plus que le code-barres. 

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L'idée du carré est là, mais il y a un autre problème. Il faut qu'une caméra le reconnaisse pour le scanner. Il faut un signe distinctif. Masahiro se lance alors dans un travail de fourmi : pour chaque langage, chaque écriture, il analyse la proportion de blanc et de noir. Et au bout d'un an, il trouve une combinaison unique au monde : les trois petits carrés qui marquent les coins de tous les QR codes

En 1994, enfin, l'invention est prête. Et au Japon, ça cartonne. Il faut dire que le QR code a un autre énorme avantage : même abimé à 30%, il reste opérationnel, alors qu'un code-barres éraflé est illisible.

Un succès post-Covid

Le petit carré fait le bonheur de Toyota, mais très vite il sort de l'usine. On le retrouve sur des affiches de pub, sur des crayons. Masahiro s'en étonne encore: "des hôtesses de bar avaient des QR codes tatoués sur leur bras pour donner leur numéro de téléphone et des informations personnelles. La Chine, la Corée, Taiwan s'y mettent. Mais il faudra attendre les années 2010 pour que le QR code prenne son envol hors d'Asie : quand les iPhones, enfin, proposent des caméras capables de le lire. Et pendant ce temps, chez nous: rien. L'invention est jugée futile. 

Et puis soudain, la pandémie, le vaccin, le passe sanitaire, le succès planétaire. Un succès qui amène aussi quelques ennuis, des QR codes volés, revendus, des faux QR codes qui renvoient vers des sites d'hameçonnage. L'invention est en train de montrer ses limites en terme de sécurité. 

Mais à 60 ans passés, Masahiro Hara n'a pas dit son dernier mot : il vient de mettre au point le SQRC, un QR code qui permet de cacher une partie des informations qu'il contient. Et il réfléchit à un QR code qui pourrait contenir des images, des radios, des électrocardiogrammes. "En cas d'urgence, ça pourrait sauver des vies" dit-il. Cela ne lui fera pas gagner la sienne: en 99, l'ingénieur a placé son invention sous licence libre. Le Covid ne lui a pas fait gagner un yen. 

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