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Harlequin : le succès de la littérature à l'eau de rose ne se dément pas

À plus de 70 ans, la vénérable maison Harlequin se porte comme un charme : 700 titres par an, 50 millions de lectrices dans le monde, les Françaises sont 3e sur le podium. La recette est toujours la même : de la romance, des épreuves, une happy end. Mais l'éditeur a su s'adapter à l'air du temps. Le "Parisien Week-end" nous raconte cette incroyable success story.

Harlequin : un beau roman, une belle histoire
Harlequin : un beau roman, une belle histoire
Crédit : Getty Images
Harlequin : le succès de la littérature à l'eau de rose ne se dément pas
03:33
Isabelle Choquet

Un petit plaisir coupable du vendredi : les romans Harlequin. Vous pensiez que c'était passé de mode, que les romans à l'eau de rose avaient été vaincus par des œuvres un peu plus sexy? Eh bien pas du tout. À plus de 70 ans, la vénérable maison Harlequin se porte comme un charme : 700 titres par an, 50 millions de lectrices dans le monde, et quelques rares lecteurs. Le Parisien Week-end nous raconte cette incroyable success story.

La recette est toujours la même : des hommes beaux, riches et arrogants, des femmes flamboyantes. Il y a la rencontre, le jeu de la séduction, la déclaration et la plupart du temps, un mariage. Happy end garanti, après bien des obstacles surmontés. 

Des histoires comme celles-là, il s'en est vendu 7 milliards dans le monde depuis la création des éditions Harlequin. "Si on les alignait tous, notre bibliothèque ferait deux fois le tour de la terre", c'est ce que dit la directrice générale d'Harlequin France, dont le chiffre d'affaire flirte avec les 15 millions d'euros.

7 milliards de livre vendus

Tout a commencé au Canada, en 1949. Un certain Richard Bonnycastle crée une maison d'édition pour rééditer à bon marché des polars, des westerns et quelques histoires d'amour tragiques. Malin, Richard se dit que pour faire fortune, il faut s'adresser à un public qui lit : les femmes. Il demande donc à son épouse Mary ce qui lui ferait plaisir. Elle répond: "Ce que nous voulons ? De très belles histoires d'amour qui se terminent bien !". 

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Sitôt dit sitôt fait, Richard rachète une maison spécialisée dans la romance. Étape suivante : vendre en masse. Les romans Harlequin investissent les supermarchés. Entre une boite de conserve et un paquet de pâtes, la ménagère se laisse séduire par ces couvertures sensuelles : une étreinte passionnée au premier plan, un paysage exotique en fond.

Tout un monde d'évasion pour quelques dollars, et en moins de 200 pages. Roi du marketing, Bonnycastle décline certains titres en hors-série offert avec des paquets de lessive, façon cadeau Bonux, et ça fonctionne tellement bien qu'il part à la conquête du monde. Harlequin s'installe dans une dizaine de pays, dont la France en 1978.

"Complainte sicilienne"

"Complainte sicilienne", c'est le premier roman Harlequin vendu en France, à 6 francs à l'époque. L'histoire de Ravena, jeune femme arrachée à une vie paisible pour être mariée à Mark di Curzio, un impitoyable sicilien. Depuis, Harlequin a décliné tous les fantasmes féminins : dans la série Blanche, les héros sont des médecins, dans la série Victoria il n'y a que des ladies intrépides. 

Les romans suivent l'air du temps : on a vu apparaître des vampires et des loups avec le succès de la série Twilight. Et 50 nuances de Grey a fait souffler un petit vent érotique dans les pages des collections Rouge passion, Sexy et Audace.

"On sait que l'amour va triompher"

Mais si Harlequin a toujours la cote, c'est que l'éditeur maitrise parfaitement les procédés addictifs. Avec des abonnements, des promos, des packs mensuels, des e-books gratuits : 600 titres sortent chaque année en France, essentiellement des traductions. Une étreinte sous la neige, l'éclat d'une passion, retrouvailles à Blakeley Castle. Historiquement, les scènes osées étaient édulcorées pour les Françaises. 

Avec des métaphores à base de fleurs et de boutons. Plus maintenant. Mais on n'entre jamais dans les détails. Tout est dans le ressenti des personnages. "Dès l'instant où elle pensa à lui, son esprit s'embruma, son rythme cardiaque s'accéléra et elle ferma les yeux, les membres engourdis par une faiblesse généralisée".

Les lectrices d'Harlequin savent très bien qu'elles sont la risée des bibliophiles. Caricaturées en midinettes, mémères à chat ou carrément frustrées. "Oui, dit Gwenlan, quand on commence, on sait que l'amour va triompher, mais quand un lecteur commence un polar, il sait bien qu'à la fin, le crime sera élucidé".

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