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Les Gaulois avaient-ils vraiment peur que le ciel leur tombe sur la tête ?

Quelques mises au point historiques à l'occasion de la sortie du 39e album d'Astérix, "Astérix et le Griffon". Des informations puisées dans le magazine "Géo Histoire".

La couverture d'"Astérix et le Griffon"
La couverture d'"Astérix et le Griffon"
Crédit : Editions Albert René/Goscinny-Uderzo
Les Gaulois avaient-ils peur que le ciel leur tombe sur la tête?
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Isabelle Choquet & Thomas Pierre

À l’occasion de la sortie du 39e album d’Astérix, Astérix et le Griffon, petite mise au point. Parce que le succès d’Astérix est tel qu’on finit par en faire un livre d’histoire, alors qu’Uderzo et Goscinny se sont souvent appuyés sur de bons vieux clichés. Des clichés bousculés depuis par les découvertes archéologiques. Le magazine Géo Histoire remet l’église au milieu du village gaulois, si on peut dire.

D’abord le look… Alors blonds, déjà, il faut le dire vite. Les descriptions des historiens antiques parlent surtout de casques. C’est un historien du XIXe qui a imposé l’image d’Epinal : des cheveux blonds ou châtains, que nos ancêtres portaient flottant sur les épaules ou attachés en touffe au sommet de la tête. Enfin c’est tout ce qu’on en a retenu, parce qu’il précise aussi que les Gaulois aimaient donner une belle couleur rouge à leur chevelure. 

Figurez-vous en effet que nos ancêtres avaient inventé la coloration capillaire. D’ailleurs ils avaient aussi inventé le savon et le dentifrice. Plutôt raffinés pour des barbares. Et c’est vrai, les nobles soignaient leur pilosité, ils se rasaient, sauf la moustache, bien fournie, ce qui était une vraie particularité dans le monde antique. 

Peur que le ciel ne tombe sur eux

Ces Gaulois moustachus, c’est bien connu, ils n’avaient peur que d’une chose : que le ciel leur tombe sur la tête ! Ce n'est pas une invention de BD, des écrits très anciens l’attestent, comme ce texte qui relate une rencontre entre Alexandre le Grand et des Gaulois, sans doute des druides. 

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Le roi leur demande ce qu’ils craignent le plus, et il s’imagine qu’ils vont répondre : "toi, Alexandre!" Mais non, les Gaulois expliquent qu’ils ne craignent personne, qu’ils redoutent seulement que le ciel ne tombe sur eux. 

Pour eux, le monde se heurtait à la voûte du ciel, une voûte soutenue par des piliers mais qui finirait bien par s’écrouler : “un jour, le feu et l’eau règneraient”, selon les druides, et seule l’âme immortelle retrouverait sa place dans un nouveau cycle du monde. Ce n’est pas la vie après la mort mais la vie après la fin du monde.

Ils ne vivaient pas dans des villages

Dans la série cliché : non, les Gaulois ne taillaient pas des menhirs à tour de bras. Et ils ne vivaient pas dans des villages, en tout cas pas tel qu’on le voit dans Astérix, avec ses huttes de pierre et de bois regroupées en rond. D’abord, les Gaulois avaient de vraies maisons, avec des charpentes et des toitures assez élaborées, un peu comme les maisons normandes à colombages. Et ensuite, ils étaient plutôt regroupés dans des grandes fermes, avec trois cours au centre : celle des activités agricoles, celle des artisans comme les forgerons ou les menuisiers et la troisième pour abriter la maison du propriétaire.

Enfin quid du grand banquet. Oui, les Gaulois fêtaient les victoires, l’histoire ne dit pas s’il y avait des sangliers et un barde bâillonné mais en tout cas le rituel était bien rodé : les guerriers ou les nobles s’asseyaient en cercle autour du plus fort, le plus célèbre, le plus admiré, les porteurs de boucliers se tenaient debout derrière eux, et les porte-lances assis, mais en face. 

Les pièces de viande et le vin étaient distribués selon cette hiérarchie. Ça ne vous rappelle rien ? La Table Ronde, et ses chevaliers. C’est l’origine, sans doute. On festoyait aussi pour les rituels religieux, les campagnes électorales. On a la trace d’un roi arverne qui régalait tout le monde pour garder sa place. Bref, toutes les occasions étaient bonnes, voilà sans doute un trait qui demeure chez nous, descendants des irréductibles Gaulois.

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