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Et si le ballon dirigeable était le transport du futur ?

En 2023, si tout va bien, le plus grand aéronef au monde verra le jour, et il sera "made in France" grâce à la start up "Flying Whales" (les Baleines Volantes). Deux fois la taille d'un Airbus A380, avec une soute de la taille d'un terrain de football, il peut transporter 60 tonnes de matériel, consomme cinquante fois moins qu'un avion et pas besoin de piste d'atterrissage.

Illustration Flying Whales
Illustration Flying Whales
Crédit : Flying Whales
Et si le ballon dirigeable était le transport du futur?
03:20
Isabelle Choquet

Ce lundi, décollage imminent, avec le retour du dirigeable. Cela paraît un peu démodé, comme ça, le dirigeable, ça vous a un petit côté Jules Verne. Et pourtant, c’est peut-être le transport du futur. Pas pour vous et moi, bien sûr. Mais pour les matériaux. À l’heure où le prix du transport maritime s’envole, où tous les ports sont engorgés, l’idée a de quoi séduire. Et figurez-vous que c’est une start-up française qui est sur le coup. Elle s’appelle Flying Whales, les Baleines Volantes. On peut les croiser dans le magazine GQ.

L’idée est née il y a près de 10 ans, dans la tête de Sébastien Bougon, ingénieur en génie civil, spécialiste du transport de matériaux lourds et accessoirement constructeur de ponts. Si vous connaissez le pont Vasco de Gama, à Lisbonne, c’est lui. En 2012 donc, on lui parle des tensions dans la filière du bois, et du problème de l’accessibilité de certaines zones. 

C'est ce qu'on appelle la problématique du "dernier kilomètre", il faut construire des routes dans des endroits improbables, autrement dit, percer des forêts pour aller récolter du bois. Ni logique, ni écologique. Sébastien Bougon en est convaincu, la solution passe par les airs : un ballon dirigeable, suffisamment grand pour transporter des tonnes de bois, et capable de vols stationnaires pour éviter de construire une piste d’atterrissage. Neuf ans plus tard, on y est presque: en 2023, si tout va bien,  le plus grand aéronef au monde verra le jour, et il sera "made in France". 

10 fois moins cher qu’un avion

Une belle bête : 200 mètres de long, 50 de large, c'est deux fois la taille d’un Airbus A380, avec une soute de la taille d’un terrain de football. Un monstre des airs qui peut parcourir environ 1.000 kilomètres en autonomie, à une vitesse de 100 à 150 km/h. Il pourra voler environ 250 jours par an, selon la météo. En plus il n'est pas très cher à fabriquer : 25 millions d’euros, c'est dix fois moins qu’un avion, et il faut compter seulement quelques milliers d’euros pour une rotation.

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Cerise sur le ballon, le dirigeable est écolo. Il carbure à l’hélium et à l’électricité, il consomme cinquante fois moins qu’un avion ou un hélicoptère, et il peut transporter 60 tonnes de matériel, contre 4 tonnes seulement pour un hélico. Evidemment, ça reste bien en dessous du fret maritime. Mais là, pas besoin de construire des routes pour aller du port à la destination finale. "Nous serons complémentaires des marchés classiques", dit Sébastien Bougon. 

Plusieurs pays sont déjà intéressés, le Québec par exemple, parce qu'avec le réchauffement climatique, les routes de glace sont de moins en moins utilisables. La Guyane, couverte par 95 % de forêts. Actuellement, il faut trois jours de camion pour aller de Cayenne à la frontière du Surinam; en ballon, ce sera trois heures. L’Indonésie, elle, est intéressée parce qu'elle est composée d'un chapelet d'îles très éloignées, il faut parfois couvrir jusqu’à 5.000 kilomètres pour apporter certaines denrées ou matériaux en Papouasie. Dans des situations de catastrophe, le dirigeable permettra aussi d’aider les organisations humanitaires, pour apporter des vivres dans des zones devenues inaccessibles. Il pourra aussi pomper le  pétrole d’un cargo qui s’est échoué, ou décharger des containers, au cas où un cargo irait à nouveau boucher le canal de Suez.

Flying Whales espère faire voler 150 ballons en 2032, et considère qu’à terme le monde aura besoin de 800 machines. Mais il faut faire vite: le millionnaire américain Sergueï Brin, cofondateur de Google, songerait lui aussi à lancer son dirigeable. À croire que c'est une bonne idée.

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