1. Accueil
  2. Actu
  3. Tech
  4. Impact d'astéroïde : comment réagirait la Terre si elle avait 6 mois pour éviter le pire ?
3 min de lecture

Impact d'astéroïde : comment réagirait la Terre si elle avait 6 mois pour éviter le pire ?

Une simulation d'impact d'astéroïde a été réalisée fin avril dans le cadre de la Conférence pour la défense planétaire. Les experts de la Nasa et des agences spatiales européennes n'ont pas vraiment réussi à éviter le pire.

Visuel d'artiste d'un astéroïde
Visuel d'artiste d'un astéroïde
Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Comment réagirait l'humanité face à un astéroïde menaçant de percuter la Terre d'ici six mois ? Cette question était au coeur d'un exercice de simulation qui a réuni récemment des experts des agences spatiales américaine et européenne dans le cadre de la conférence pour la défense planétaire organisée sous l'égide du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa.

La septième édition de cet évènement, qui se déroule tous les deux ans, a amené les participants à s'interroger sur les parades à mettre en oeuvre pour faire face à la perspective menaçante de l'astéroïde fictif 2021 PDC, repéré pour la première fois le 19 avril 2021 à quelque 57 millions de kilomètres de la Terre. 

Selon les calculs initiaux des experts, le bolide, dont la taille était estimée entre 35 m et 700 m, devait passer au plus près de la Terre le 20 octobre, six mois plus tard, avec une probabilité d'impact de l'ordre de 1 sur 2.500. 

Un délai trop court pour détruire ou dévier l'astéroïde

Au premier jour de l'exercice, le 26 avril, selon le calendrier accéléré de la simulation, la perspective de collision est ramenée à 1 sur 20, dépassant largement le seuil de 1% suffisant pour déclencher une alerte générale au niveau mondial. Au deuxième jour, le 2 mai, de nouvelles observations permettent d'établir que l'astéroïde va presque certainement frapper l'Europe ou l'Afrique. 

À lire aussi

Les experts envisagent alors différentes missions pour tenter de détruire l'objet ou dévier sa trajectoire, notamment l'envoi d'un vaisseau conformément au projet DART qui sera testé cette année pour de vrai par la Nasa. Mais il apparaît rapidement qu'il est déjà trop près de la Terre pour que ces options soient efficaces. 

Les scientifiques se mettent ensuite en tête d'utiliser des charges nucléaires pour frapper l'astéroïde à sa surface. Mais là encore, le délai est finalement trop court pour espérer décrocher un accord politique dépassant les lois internationales en vigueur qui prohibent l'utilisation d'armes nucléaires dans l'espace.

Les régions sous la menace de l'astéroïde fictif lors de la simulation de la Conférence pour la défense planétaire
Les régions sous la menace de l'astéroïde fictif lors de la simulation de la Conférence pour la défense planétaire
Crédit : Nasa / JPL

Deux mois se sont écoulés au troisième jour de l'exercice, le 30 juin 2021. Les scientifiques disposent désormais de suffisamment de données pour savoir que le météore va vraisemblablement percuter la Terre en Europe centrale, dans une zone comprise entre l'Autriche, l'Allemagne, la République Tchèque et la Croatie.

Dans le meilleur des cas, la collision de 2021 PDC avec notre planète mettra en péril l'intégrité de plus de 100.000 personnes. Dans le pire des cas, plus de 6,6 millions de personnes seraient touchées jusqu'à 250 kilomètres à la ronde par l'énergie délivrée lors de l'explosion, comparable à celle d'une bombe nucléaire. Les scientifiques se sont donc logiquement résignés à faire évacuer les régions menacées quelques jours avant l'impact.

Le risque de collision avec un astéroïde est très faible mais pas nul

Cette simulation rappelle que les efforts de coordination planétaire sont au moins aussi importants que la détection précoce des astéroïdes menaçants notre planète. Aujourd'hui, la Nasa s'emploie à repérer 90% des objets d'au moins 140 mètres de diamètre qui causeraient d'importants dégâts s'ils percutaient la Terre. Mais seul un tiers d'entre eux sont référencés pour l'instant. L'administrateur de la Nasa a d'ailleurs prévenu l'an dernier que les chances de voir la Terre percutée par un astéroïde de grande taille au cours de notre vie sont très faibles, mais elles ne sont pas nulles

Ces dernières années, plusieurs astéroïdes ont réussi à duper la vigilance des scientifiques. En juillet dernier, la comète Neowise est passée à moins de 103 millions de kilomètres de la Terre, pour le plus grand bonheur des passionnés d'astronomie, après avoir été découverte seulement quatre mois auparavant, le 27 mars 2020. 

En 2019, un astéroïde de 130 mètres de large passé à 70.000 kilomètres de la Terre n'a été détecté qu'au dernier moment par les télescopes braqués en permanence sur l'espace. Un impact aurait libéré une énergie équivalente à 30 fois la bombe atomique qui a frappé Hiroshima. Mais il était trop petit pour émettre suffisamment de lumière, ce qui ne lui a pas permis d'être référencé en amont.

Enfin, en 2013, un bolide de 20 mètres de diamètre apparu de nulle part s'est désintégré dans le ciel de l'Oural avant d’exploser une vingtaine de kilomètres au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk, faisant voler en éclat les vitres de milliers de bâtiments et blessant un millier de personnes sur des kilomètres à la ronde. L'événement avait semé la panique dans la région.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/