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Comment l'Agence spatiale européenne va recruter ses futurs astronautes

Pour la première fois en onze ans, L'ESA renouvelle ses effectifs à l'aube d'amorcer une nouvelle ère de l'exploration spatiale qui devrait la conduire sur la Lune lors de la prochaine décennie.

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L'Agence spatiale recrute ses futurs astronautes : "Tout le monde peut postuler mais tout le monde n'a pas les mêmes chances" Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Benjamin Hue
Benjamin Hue
et Sophie Joussellin

Ils seront entre quatre et six, sélectionnés à l'issue d'un long et difficile processus de près de dix-huit mois et feront partie de la nouvelle génération privilégiée qui devrait retourner sur la Lune et peut-être découvrir la planète Mars.

L'Agence spatiale européenne lance ce mardi 16 février sa quatrième campagne de recrutement d'astronautes. Pour la première fois depuis onze ans, l'ESA amorce un renouvellement de ses effectifs alors que l'Europe s'apprête à entrer dans une nouvelle ère d'exploration spatiale.

"Le dernier recrutement a eu lieu il y a plus de dix ans, le précédent était encore plus lointain. Nos astronautes murissent et il est très important de pouvoir transmettre les connaissances opérationnelles acquises d'une génération à l'autre", a expliqué Guillaume Weerts, Responsable du groupe Stratégie et Coordination à l'ESA, lors d'une conférence de presse ce mardi 16 février.

Des voyages vers l'ISS et des missions lunaires

Le programme des futurs explorateurs de l'ESA est pour le moins attrayant avec des vols vers la Station spatiale internationale pour y réaliser des expériences scientifiques, la participation au futur programme d'exploration lunaire de la Nasa Artemis et l'installation de la base orbitale Gateway sur la Lune, pour laquelle l'ESA a déjà réservé trois sièges.

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Les tickets pour ce job de rêve sont rares. Entre quatre et six candidats seulement seront retenus au terme du processus de sélection qui débutera le 31 mars 2021 et s'achèvera en octobre 2022. Lors de la précédente campagne, en 2008, plus de 8.000 candidats avaient tenté leur chance, dont 16% de femmes.

Soucieuse d'insuffler un vrai changement générationnel, l'ESA ouvre cette nouvelle campagne de recrutement au plus grand nombre et incite vivement les femmes à postuler afin de renforcer la diversité dans ses rangs. L'agence compte aujourd'hui près d'un tiers de femmes parmi ses employés mais les femmes composent toujours seulement 10 à 15% de la communauté d'astronautes à travers le monde.

Une tête bien faite et une excellente condition physique

Les candidats peuvent postuler sur la page Carrières de l'ESA jusqu'au 28 mai. Ils doivent être issus des 22 pays membres de l'agence et avoir une formation technique ou scientifique, niveau master au minimum. Pour espérer relever les six épreuves de sélection, mieux vaut avoir la tête bien faite, comme l'expliquait en 2014 sur RTL Thomas Pesquet, qui faisait partie des dix candidats retenus en 2008.

"Il faut avoir un parcours académique. J'ai étudié, je suis devenu ingénieur. Les missions sont très complexes, techniquement, technologiquement, il y a beaucoup de recherche scientifique. Il faut être capable de comprendre tout ça et avoir un parcours opérationnel, que j'ai eu dans mon métier de pilote", expliquait l'astronaute de 43 ans, aujourd'hui en pleine préparation pour sa seconde mission à bord de l'ISS prévue au printemps.

La maîtrise de l’anglais est aussi nécessaire. Celle du russe ou d’une autre langue est un avantage. Thomas Pesquet parle anglais, russe, espagnol, allemand et même un peu chinois. Un bagage indispensable pour pouvoir s'adresser aux médias et documenter de futures aventures spatiales.

Indispensable aussi, une bonne forme physique, sans aucune addiction : ni cigarette, ni alcool, ni drogue. Et un mental à toute épreuve. "Il faut être psychologiquement stable car les missions durent entre six mois et un an dans un environnement confiné", résumait Thomas Pesquet. 

"Tout le monde n'a pas les mêmes chances"

"Tout le monde peut postuler mais tout le monde n'a pas les mêmes chances", souligne Jean-François Clervoy, ancien astronaute de l'Agence spatiale européenne, joint par RTL. "On cherche toujours des profils qui sont axés sur les sciences, la technique, les opérations. C'est à dire des personnes qui peuvent comprendre des choses à caractère mathématiques et scientifiques". 

Le métier d'astronaute est un métier "d'opérateur de machines complexes en environnement hostile confiné et isolé. On cherche des personnes capables d'agir sur des commandes pour piloter un vaisseau, un bras robotique, un scafandre, des instruments scientifiques", poursuit l'ex-astronaute, également vétéran de trois missions spatiales avec la NASA.

L'âge idéal des candidats se situe entre 27 et 37 ans. "Suffisamment jeune pour pouvoir miser sur plusieurs vols spatiaux dans la carrière de l'astronaute recruté. Mais aussi suffisamment âgé pour avoir au moins quelques années d'expérience professionnelle", explique Jean-François Clervoy.  

La sélection est aussi ouverte aux personnes handicapées, notamment au niveau des jambes. Ces parastronautes seront affectés à un corps d'astronautes de réserve pour des missions de courte durée.

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