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Une personne tenant son téléphone portable (illustration).
Crédit : AFP
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Son histoire avait fait le tour du monde. Manipulée par un faux Brad Pitt, Anne Deneuchatel a été escroquée de plus de 800.000 euros par des brouteurs entre 2023 et 2024. Un an après, cette Française de 53 ans vient de porter plainte contre deux banques pour récupérer les sommes perdues, a révélé le magazine Challenges.
La quinquagénaire estime que la Mauritius Commercial Bank et la banque Océan Indien ont manqué à leur “devoir de vigilance”. Elle leur reproche d’avoir validé de nombreux virements aux libellés grotesques. Elle mentionne par exemple dans sa plainte un virement intitulé “Opération de William Bradley Pitt” pour 35.000 euros, ou un autre pour la “Transplantation du rein de William Bradley Pitt” à la Clinic Mayo Dr Hatem” pour 60.000 euros.
Selon ses avocats, ces virements n’auraient jamais dû passer le contrôle des banques. Ils demandent une indemnisation à hauteur du préjudice.
Les chances de voir la demande aboutir semblent cependant plutôt minces. Les experts que nous avons interrogé sont unanimes sur le sujet : la jurisprudence n’est pas favorable à Anne. Les banques sont tenues à une obligation de non-ingérence, c’est à dire qu’elles n’ont pas le droit de s’immiscer dans les affaires de leurs client, c’est un principe fondamental.
Les banques n’ont pas à vérifier si les prestations évoquées dans les motifs des virements ont bien eu lieu, ni si elles font courir un risque à leurs clients. La seule raison pour laquelle elles doivent sonner l'alerte, c'est en présence d’une anomalie apparente : c’est à dire si le compte passe en découvert après l’opération. Ce qui était loin d’être le cas pour Anne a priori.
L'affaire illustre à nouveau l'importance de sensibiliser le public à la montée en puissance de ces arnaques aux sentiments. D'après les chiffres publiés en début d'année par l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement de la Banque de France, les fraudes par manipulation ont coûté 245 millions d’euros aux Français sur les six premiers mois de 2025, un chiffre en hausse de 37 % par rapport à 2024. Elles représentent désormais 40% de la valeur totale de la fraude aux moyens de paiement en France.
Outre les escroqueries sentimentales, l'arnaque au faux conseiller bancaire reste l'une des techniques les plus couramment utilisées par les escrocs. Ces derniers s'appuient sur l'intelligence artificielle et les informations issues des multiples fuites de données observées ces dernières années pour prendre contact avec leurs cibles avec des messages personnalisés de plus en plus crédibles.
Pour les victimes, cette escroquerie peut conduire à des pertes de plusieurs milliers d'euros. Mais la jurisprudence est un peu plus favorable ici. Ces dernières années, les banques avaient pris l'habitude d'invoquer la négligence grave de leurs clients pour ne pas rembourser les sommes perdues. Mais plusieurs décision de justice sont venues rappeler que la négligence ne peut pas être retenue si les escrocs ont usurpé l’identité de la banque.
En cas de spoofing, si le numéro de la banque et le nom du conseiller se sont affichés sur le téléphone de la victime, la victime ne peut pas se voir reprochée d'avoir commis une négligence grave et conserve ses droits au remboursement. Par contre, si le spoofing se double d'une remise de carte bancaire en main propre à un faux courtier, ou si la victime a désactivé les options de sécurité censées protéger les virements, la négligence grave peut être retenue.
Face à ces fléaux, les autorités multiplient les initiatives pour renforcer la sécurité des consommateurs. Depuis le mois d'octobre, les banques européennes doivent désormais vérifier la concordance entre le nom et l'IBAN du bénéficiaire d'un virement afin d'alerter l'émetteur en cas d'anomalie. Un fichier national des IBAN frauduleux doit également être mis en place d'ici la fin du printemps afin de permettre aux banques de signaler et bloquer rapidement les comptes impliqués dans les fraudes.
Retrouvez désormais "La règle d'or numérique" tous les samedi à 6h53 dans "RTL Week-end" présenté par Stéphane Carpentier. Comment naviguer en toute sécurité sur Internet ? Quels sont les réglages à paramétrer pour protéger vos données personnelles ? Comment repérer les arnaques en ligne avant de tomber dans le panneau… Benjamin Hue, journaliste spécialiste des nouvelles technologies, répond ici aux questions que vous vous posez sur le numérique et votre quotidien en ligne.
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