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"Ça n'aurait jamais dû passer le contrôle minimal" : pourquoi Anne, escroquée par un faux "Brad Pitt", attaque deux banques en justice

Anne Deneuchatel, victime d'une escroquerie sentimentale orchestrée par un faux "Brad Pitt", se tourne vers la justice pour obtenir réparation. Elle attaque deux banques, qu'elle accuse de négligence, après avoir perdu près de 830.000 € dans cette arnaque.

Des images envoyées par des brouteurs se faisant passés pour Brad Pitt à Anne Deneuchatel pour lui soutirer de l'argent

Crédit : Capture émission Sept à huit sur TF1

La rédaction numérique de RTL

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Victime d’une escroquerie sentimentale d’une ampleur rare, Anne Deneuchatel, 53 ans, réclame désormais justice : après avoir perdu près de 830.000 € dans une arnaque au faux "Brad Pitt", elle a décidé de poursuivre deux établissements bancaires pour manquements à leur obligation de vigilance, rapporte Challenges

L’histoire avait fait le tour des médias en janvier 2025 : Anne, qui vivait à l’île de La Réunion, a été manipulée pendant près de 18 mois par un escroc se faisant passer pour l’acteur américain Brad Pitt, à travers de faux comptes sur les réseaux sociaux et des messages personnalisés. En réalité, elle était en contact avec un groupe de "brouteurs", des cyberescrocs utilisant des photos générées par intelligence artificielle et des documents falsifiés.

Convaincue d’entretenir une relation amoureuse avec la star, Anne a effectué des virements successifs à ses escrocs, certains d’un montant de dizaines de milliers d’euros.

Des virements aux motifs parfois grotesques

Dans sa plainte, la quinquagénaire met en cause ses banques pour avoir laissé passer des opérations dont les libellés auraient dû alerter tout établissement financier digne de vigilance. 
Parmi les exemples cités : "Opération Mr William Bradley Pitt" pour 35.000 €, "Transplantation rein William Bradley Pitt Clinic Mayo Dr Hatem" pour 59.000 €, "solde opération transplantation rein gauche Mr William Bradley Pitt Clinic Mayo États-Unis" pour 59.000 €. Selon son avocat, au moins 400.000 à 500.000 € de ces montants n’auraient "jamais dû passer le contrôle minimal des banques", précise son avocat à Challenges. 

Il y a des failles et cela ne doit plus se reproduire

Anne Deneuchatel

Anne Deneuchatel explique qu’au-delà du choc financier, cette affaire a eu des conséquences personnelles dramatiques : une dépression sévère, une hospitalisation, et une exposition médiatique lourde après la diffusion de son histoire à la télévision sur TF1. "Il y a des failles et cela ne doit plus se reproduire", a-t-elle déclaré à nos confrères, déterminée à obtenir une indemnisation financière proportionnelle à ses préjudices, tout en dénonçant un manque de contrôle de la part des établissements bancaires. 

Une action en justice en cours

La plainte vise à démontrer que les banques n’ont pas respecté leurs obligations légales de vigilance et de sécurité, notamment face à des virements répétés vers des motifs qui auraient dû susciter des questions ou un blocage. L’affaire d’Anne soulève désormais un débat plus large sur la responsabilité des banques dans le traitement des virements vers des escrocs, surtout dans des cas d’arnaques à l’amour ou aux sentiments où les victimes se trouvent isolées et vulnérables.
Pour l’heure, l’action en justice est en cours : Anne cherche à faire reconnaître la faute des établissements qui n’auraient pas décelé les signes évidents d’abus, afin d’être remboursée des sommes colossales qu’elle a perdues à cause de l’escroquerie. 

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