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Des notes impayées dans les hôtels et les restaurants ? L'avocat de Jack Lang dénonce des "attaques détestables"

Depuis sa démission de l’Institut du Monde Arabe, les accusations de factures impayées visant Jack Lang ressurgissent. L’ancien ministre de la Culture conteste fermement ces allégations, tandis que plusieurs témoignages évoquent une réputation ancienne de "mauvais payeur".

Le politicien français Jack Lang arrive pour un dîner officiel au Palais royal de Rabat le 29 octobre 2024, dans le cadre d'une visite officielle de trois jours du président français Emmanuel Macron au Maroc.

Crédit : Ludovic MARIN / AFP

Nous sommes allé vérifier si Jack Lang a bien payé ses factures

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Sacha Dubesset

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Au neuvième étage de l’Institut du Monde Arabe, Jack Lang a prononcé son dernier discours lors d’une cérémonie d’adieu privée ce lundi 16 février. Plus de 150 personnes étaient invitées : membres du personnel, personnalités du monde de la culture et proches de l’ancien président. Tous se sont retrouvés autour d’un buffet financé par l’établissement, selon le directeur de la communication de l’IMA, qui a toutefois refusé d’en dévoiler le montant. Rien d’illégal en soi, mais cette réception intervient alors que l’ancien ministre fait à nouveau l’objet de critiques sur sa gestion personnelle des dépenses.

En 2015, le traiteur libanais Noura réclamait 41.000 euros à la direction de l’IMA. Pendant six mois, Jack Lang, son épouse et leurs invités auraient bénéficié de 1.640 repas à tarif préférentiel, 25 euros au lieu de 80, selon Paul Bou Antoun, président de l’enseigne.

"On réclamait très souvent les factures qui n’arrivaient jamais. Étant donné que M. Lang ne signait pas lui-même les additions, il fallait que ça se sache et que ça ne pouvait pas rester impuni. C’était 41.000 euros hier, si on l’avait toléré, je ne sais pas ce que serait devenu le reste", a-t-il assuré au micro de RTL. Selon lui, l’affaire aurait donné lieu à "environ six procès au total avec l’Institut du Monde Arabe". Ce dernier a décrit un rapport à l’argent "totalement inexistant", estimant que cela "prouvait bien que c’était une personne qui ne comptait pas avec l’argent des autres".

Après médiatisation, Jack Lang a réglé 39.000 euros sur les 41.000 réclamés, toujours selon Paul Bou Antoun, qui dit avoir renoncé aux 2.000 euros restants. Ces procédures n’ont toutefois pas de lien avec l’enquête du Parquet national financier pour "blanchiment de fraude fiscale aggravé".

Une réputation ancienne

Ces derniers jours, d’autres voix ont évoqué une image ancienne de mauvais payeur. L’ancienne ministre de la Santé Brigitte Bourguignon a affirmé avoir déjà constaté ce comportement lors des législatives de 2002.

"On buvait un café, on était une quinzaine. Il est parti, il s’en allait. Et puis nous, on était là à payer derrière. Je me suis retrouvée à devoir payer l’addition. Pour moi, c’était beaucoup. Je me suis dit qu’il était sur coussin d’air, que c’est quelqu’un qui visiblement ne savait pas qu’il faut sortir des sous quand on va au restaurant" a-t-elle raconté au micro de RTL.

Selon plusieurs proches interrogés, Jack Lang aurait également eu l’habitude de ne pas régler certaines dépenses vestimentaires, notamment des chemises, cravates ou costumes de haute couture.

La polémique a même atteint le tapis rouge du Festival de Cannes. Dans une publication depuis supprimée, Pierre Lescure, ancien président du festival, affirmait qu’il n’était "plus invité car il laissait des notes impayées importantes dans les hôtels de la Croisette, que le festival se devait de ne pas assumer".

La contre-attaque de Jack Lang

Face à ces accusations, Jack Lang a dénoncé des attaques qu’il juge "détestables". Son avocat, Maître Laurent Merlet, a contesté catégoriquement les faits. "Je n’ai jamais eu connaissance d’aucun impayé, d’aucune demande de paiement d’une quelconque facture, au-delà de témoins qui surgissent, comme par hasard, aujourd’hui qu’il quitte l’Institut du Monde Arabe" a-t-il déclaré.

L’ancien président de l’IMA a assuré ne pas être inquiet des procédures en cours. Lors de son pot de départ, il s’est même réjoui que "la justice s’empare d’un dossier qui est vide… vide et vide", balayant d’un revers de main les accusations qui continuent d’alimenter la polémique.

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