3 min de lecture La 5G

5G : "On veut mettre la charrue avant les bœufs", dénoncent les Suisses

REPORTAGE - Alors que les enchères commencent en France pour l'attribution des fréquences 5G, la Suisse qui l'expérimente depuis un an, n'est pas encore convaincue par cette avancée.

Yves Calvi_ 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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5G : "On veut mettre la charrue avant les bœufs", dénonce les Suisses Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Arnaud Tousch
Arnaud Tousch
et Frédéric Perruche

Les enchères pour l'attribution des fréquences 5G débutent ce mardi 29 septembre. C'est un enjeu financier colossal pour les opérateurs français qui vont devoir se positionner pour obtenir les meilleures fréquences.

La 5G permettrait des débits bien plus importants, des vidéos sans coupure et la possibilité de piloter des objets connectés à distance comme des voitures autonomes, des drones industriels ou pratiquer de la télémédecine sans latence.


L'objectif des opérateurs est de commercialiser les premiers forfaits d'ici la fin de l'année. La 5G sera disponible dans les grandes métropoles au début, puis déployée sur tout le reste du territoire au fur et à mesure. Les opérateurs achètent ce qu'on appelle des blocs de fréquenceOrange, Bouygues, Free et SFR ont déjà obtenu chacun un bloc de 50 mégahertz au prix fixe de 350 millions d'euros.


Mais à partir de maintenant et pendant 10 jours, 11 blocs de fréquences sont vendus aux enchères cette fois. Ces blocs donnent le droit aux opérateurs d'émettre et de proposer la 5G à leurs clients. Plus ils en achètent, plus la qualité du service sera meilleure.

2,17 milliards d'euros de recette pour l'État

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L'Arcep, le régulateur des télécoms, a fixé un prix de réserve de 70 millions d'euros par "bloc". Et par ailleurs un opérateur ne pourra pas acheter tous les blocs car il faut de la concurrence. Avec toutes ces enchères et ce qu'elle a déjà vendu à prix fixe, l'État empochera au minimum 2,17 milliards d'Euros.

Selon Guillaume Vaquero, expert en télécom pour le cabinet Wavestone, les opérateurs auront une obligation de couverture du territoire ainsi qu'un rythme de déploiement : "L'État a été beaucoup plus stricte qu'avec la 4G". En 2018 d'ailleurs, le gouvernement avait rappelé à l'ordre les opérateurs qui ne respectaient pas leurs engagements.

Mais pour faire de la vraie 5G, les opérateurs vont devoir acheter d'autres fréquences, les fameuses ondes millimétriques qui font débat. Celles-ci seront mises sur le marché en 2022 voire 2023. Pour simplifier, la 5G qui sera disponible en France à la fin de l'année sera plus puissante que la 4G mais moins puissante que la 5G à pleine puissance actuellement disponible dans certaines métropoles aux États-Unis par exemple.

On constate que la 4G+ est plus rapide que la 5G

Xavier Studer, blogueur tech en Suisse
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En Suisse, la 5G n'est plus virtuelle, les licences d'exploitation ont été attribuées à 3 opérateurs début 2019 pour 350 millions d'euros. On est passé en un an de 300 à 3.000 antennes dans le pays, mais il en faudrait 27.000 pour mailler l'ensemble du territoire.

"On constate que la 4G+ est plus rapide que la 5G, si on regarde le temps de latence, on remarque qu'on est à peu près au même niveau. Moralité, dans la plupart des villes, il est difficile de mesurer la différence", explique Xavier Studer, blogueur Tech en Suisse.

Quant à Anouch Seydtaghia, journaliste au quotidien suisse Le Temps, il estime "que 1 à 2% de la population dispose d'un téléphone 5G. On n'a pas vraiment besoin de ça aujourd'hui. Si on veut regarder Netflix, ou écouter les podcasts, la 4G suffit très bien, on n'en aura pas besoin avant 4,5,6 ou 7ans".

La fronde s'organise

En Suisse, une certaine peur s'est installée dans la population après le lancement de la 5G "On n'a pas assez de recul par rapport ça, on veut mettre la charrue avant les bœufs", témoignent des habitants. Bon nombre d'élus locaux veulent ralentir la cadence comme dans les comtés de Vaud et de Genève où le président du conseil, Antonio Hodgers, a ordonné un moratoire contre la construction d'antenne : "L'État central a une vision plutôt économique alors que les collectivités locales se soucient davantage des questions de santé public avant les intérêts économiques".

Cinq associations ont déjà vu le jour en un an pour contrer l'arrivée de cette 5G, à coup de manifestations et de pétitions. Camille Selleger, de l'association STOP5G décrit les inconnus : "On parle d'effets sur la fertilité, de risque de tumeur cérébrale, de cancérogénèse, on est en plein réchauffement climatique et on nous propose une technologie qui va consommer plus d'électricité, va faire produire en masse des millions d'objets connectés totalement inutiles et difficilement recyclables". Les opposants espèrent organiser un référendum. Aujourd'hui, 50% des Suisses se disent inquiets de l'arrivée de ce bouleversement technologique majeur.

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