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Vaccination : Macron lâche le "et en même temps" et durcit le ton

DÉCRYPTAGE - Lors de son allocution, le président a levé le tabou de la vaccination obligatoire en commençant par la mettre en place pour les soignants. Des mesures qui ouvrent la porte à une obligation pour tous les Français et qui font bondir l'opposition.

Emmanuel Macron, le 12 juillet 2021
Emmanuel Macron, le 12 juillet 2021
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

La fin de l'ère du "et en même temps" ? Quelques minutes avant l'allocution d'Emmanuel Macron le 12 juillet, un conseiller confiait que la vie risquait de devenir "compliquée" pour les personnes non-vaccinées. Et c'est effectivement toute la vie quotidienne qui s'en retrouve chamboulée. 

Le président de la République a décidé de durcir le ton à l'encontre des ceux qui sont réticents à se faire vacciner. "Faites-vous vacciner", a déclaré le chef de l'État. Un message aussi martelé sur les réseaux sociaux. La propagation du variant Delta est venue modifier les plans de fin de quinquennat d'Emmanuel Macron. "Une course de vitesse" est "engagée", a-t-il reconnu. Mais cette fois-ci, le président de la République a décidé de donner le tempo. 

"Un été de mobilisation pour la vaccination" sera mis en place avec pour objectif de "vacciner un maximum de personnes, partout, à tout moment", a insisté le chef de l'État en rappelant que la France est "une nation de science, celle des Lumières, de Louis Pasteur". 

Sanctions pour les soignants non-vaccinés après le 15 septembre

Le président de la République a ainsi tranché après plusieurs semaines de discussions : la vaccination est désormais obligatoire pour les soignants et le personnel au contact des personnes fragiles. Qui dit obligation, dit contrôles et sanctions. Le ministre de la Santé Olivier Véran a, dans la foulée de la prise de parole du président, indiqué que les soignants qui ne seront pas vaccinés au 15 septembre verront leur contrat de travail suspendu. 

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Pendant cette période, le salarié "ne sera plus payé et ne viendra plus travailler". S'il refuse de se faire vacciner à l'issue, il risque "une mise à pied de quelques jours", voire "un licenciement", a précisé la ministre du Travail Élisabeth Borne. Et Olivier Véran d'enfoncer le clou : "À partir du 15 septembre, si vous êtes soignant et que vous n'êtes pas vacciné, vous ne pourrez plus travailler et vous ne serez plus payé".

Une décision nette et précise qui déclenche la colère de certains soignants. Dans Le Monde, Christophe Prudhomme de la CGT Santé juge les propos du président de la République le "méprisant, stigmatisant et dégradant". Il explique : "On est tous d’accord sur l'objectif d’atteindre 90% de la population vaccinée le plus vite possible". Mais pour lui, "l'urgence n’est pas l’obligation vaccinale pour les soignants, il faut aller chercher tous ceux qui ne sont pas encore vaccinés en passant par la conviction et, surtout, en facilitant les conditions de vaccination".

La levée du tabou de la vaccination obligatoire

C'est le deuxième volet des annonces sanitaires d'Emmanuel Macron. Le chef de l'État a fait preuve d'autorité à l'égard des Français. Le passe sanitaire est étendu aux cafés, restaurants, terrasses, commerces dès le mois d'août et la vaccination obligatoire pour tous est une épée de Damoclès. "Vous l'avez compris, la vaccination n'est pas tout de suite obligatoire pour tout le monde, mais nous allons étendre au maximum le passe sanitaire pour pousser le maximum d'entre vous à aller vous faire vacciner", a mis en garde le chef de l'État. 

Il prépare ainsi les esprits et lève le tabou autour de la vaccination obligatoire de toute la population. Pourtant, le 27 décembre dernier, date à laquelle la campagne de vaccination a été lancée en France, Emmanuel Macron assurait : "Je l’ai dit, je le répète : le vaccin ne sera pas obligatoire. Ayons confiance en nos chercheurs et médecins. Nous sommes le pays des Lumières et de Pasteur, la raison et la science doivent nous guider".

Une obligation vaccinale qui ne porte pas son nom ?

Très vite après les déclarations du chef de l'État, les oppositions ont lancé l'offensive. Jean-Luc Mélenchon prend pris à la tête de la contestation. "Contradictions, aberrations : les décisions de #Macron sentent l'abus de pouvoir et la discrimination sociale", a écrit sur Twitter le candidat La France insoumise à l'élection présidentielle de 2022.

De l'autre côté de l'échiquier politique, Marine Le Pen a, elle aussi, dénoncé un "recul grave des libertés individuelles". Chez Les Républicains, la charge a aussi été lancée. "L'extension du passe sanitaire revient à instaurer une vaccination obligatoire qui ne dit pas son nom, et à créer deux catégories de citoyens. Autant je suis favorable à la vaccination des soignants, autant je crois que cette mesure est brutale et inadaptée", a réagi le député LR du Vaucluse Julien Aubert. Quant au vice-président des Républicains Gilles Platret, il estime que les mesures annoncées par le président de la République sont une atteinte aux "libertés publiques""Un pass sanitaire pour se rendre dans un centre commercial, c'est-à-dire un pass sanitaire pour manger ?", a-t-il dénoncé sur Twitter.

Les Français aussi attendaient peut-être ce petit coup de pression

Christophe Castaner sur RTL

Invité de RTL ce mardi 13 juillet, Christophe Castaner répond aux accusations de l'opposition. Le président des députés La République En Marche estime que "les Français aussi attendaient peut-être ce petit coup de pression". Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal souligne le fait qu'"il n'y a pas d'obligation vaccinale" mais "une incitation maximale" des Français pour se faire vacciner.

Les annonces d'Emmanuel Macron ont déclenché une prise de rendez-vous massive sur le site Doctolib, avec près d'un million de réservations, principalement par des jeunes, selon son patron Stanislas Niox-Chateau. 

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