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Vaccin contre le coronavirus : Macron mise sur la prudence et la transparence

WEBSÉRIE (4/4) - Le gouvernement est très attendu sur la mise en place de la campagne vaccinale contre le coronavirus. Un enjeu pour l'exécutif qui se prolongera en 2021.

Emmanuel Macron, le 1er décembre 2020
Emmanuel Macron, le 1er décembre 2020 Crédit : Thomas COEX / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Prudence et anticipation. Le vaccin contre le coronavirus est l'élément clé de la lutte contre le virus. Le gouvernement a dévoilé les contours de la campagne vaccinale. Selon un sondage Kantar, publié en novembre dernier, à peine plus d’un Français sur deux compte se faire vacciner. En Italie, près de 8 personnes sur 10 ont l’intention de le faire. "Plus que partout ailleurs en France nous sommes méfiants par nature. Nous ne faisons pas confiance à la science, aux experts, à nos autorités. Nous avons aussi un rapport singulier avec le progrès", analysait Olivier Bost, éditorialiste politique à RTL.

Jean Castex a annoncé que les populations prioritaires pourront se faire vacciner "dès la dernière semaine de décembre". Mais cela n'interviendra pas avant "la fin du printemps" pour la population non prioritaire. L'enjeu est de taille pour l'exécutif, attendu au tournant dans la gestion de la crise après les polémiques sur les masques

Le chef du gouvernement ne veut donc "pas rater" le "virage" des vaccins. La France sera livrée "d'ici la fin de l'année" d'environ 1,16 million de doses de vaccin contre la Covid-19, a précisé Jean Castex. Et d'ajouter : "677.000 doses supplémentaires autour du 5-6 janvier" et "environ 1,6 million de doses en février". 

Dire "ce que l'on ne sait pas"

Afin de lutter contre la défiance d'une partie de la population à l'égard du vaccin contre le coronavirus, Emmanuel Macron mise sur la "confiance" et la "transparence". Le gouvernement dira "de manière très claire ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas" sur les vaccins contre le coronavirus, avait-indiqué le président de la République, lors d'une visite à l'hôpital Necker à Paris. 

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"Jamais nous ne dirons des choses pas scientifiquement portées, c'est pour ça qu'un expert référent (l'infectiologue Alain Fischer, ndlr) dira de manière très claire ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas", a insisté le chef de l'État. A peine nommé, le "Monsieur Vaccin" du gouvernement a été attaqué par plusieurs responsables politiques. "Avec monsieur Vaccin, professeur Tournesol du gouvernement, on est vacciné contre le vaccin!", a dénoncé l'eurodéputé du Rassemblement national Gilbert Collard.  L'ancienne ministre socialiste Ségolène Royal a qualifié Alain Fischer de "catastrophe" qu'il faudrait "vite changer". 

Olivier Véran a, quant à lui, loué les mérites de la science qui permettent de faire barrage aux fake news. "S'il n'y avait qu'un argument à opposer au complotisme, ce serait celui du coût du chômage partiel dans notre pays : la totalité des dépenses engendrées par la campagne de vaccination de toute l'Europe représente moins qu'une semaine de chômage partiel dans notre pays" a déclaré le ministre de la Santé. Une réponse à ceux qui soupçonnent les États d'avoir inventé une crise au profit des groupes pharmaceutiques. 

Le gouvernement face à la défiance

Le député LaREM Thomas Mesnier a mis en garde le gouvernement : "Notre campagne vaccinale doit être irréprochable". Certains députés PS doutent "fortement" que la vaccination puisse débuter fin décembre. 

"Le gouvernement semble hésiter à faire la promotion du vaccin dans sa communication officielle. La prudence règne à tous les étages. Hormis le premier ministre, Jean Castex, personne n'a prononcé la phrase 'faites-vous vacciner'. Face à la défiance de l'opinion, l'exécutif craint que la parole politique ne fasse qu'empirer les choses", explique Vincent Derosier, journaliste au service politique de RTL. 

Selon un conseiller, "l'idée, c'est de laisser le monsieur vaccin du gouvernement, Alain Fischer, faire de la pédagogie". Principe de précaution oblige, ce sera également à lui de s'expliquer en cas de dysfonctionnement du vaccin. "Nous, on parlera surtout de logistique", confirme un ministre. "Le gouvernement ne veut pas précipiter les choses, alors que les doses vont arriver au compte goûte, et que la vaccination massive ne démarrera qu'au printemps. Prudence et modération restent plus que jamais les mots d'ordre", conclut le journaliste.

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