2 min de lecture Année 2020

Coronavirus : quand Emmanuel Macron a fait entrer la France "en guerre"

WEBSÉRIE (1/4) - Le président de la République avait déclaré en mars dernier l'entrée en guerre du pays contre le coronavirus, cet "ennemi invisible". Ce discours marquera tant la ligne politique tracée par le président, que le quotidien des Français.

Emmanuel Macron, le 6 novembre 2020 Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Nous sommes en guerre". Cette phrase prononcée par Emmanuel Macron a marqué l'entrée de la France dans la crise du coronavirus. Lors d'une allocution télévisée du 16 mars dernier, le président de la République a martelé ces mots, à six reprises, sur un ton solennel. 

"Nous sommes en guerre. J’appelle tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, associatifs, tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale qui a permis à notre pays de surmonter tant de crises par le passé. Nous sommes en guerre et la Nation soutiendra ses enfants qui, personnels soignants en ville, à l’hôpital, se trouvent en première ligne dans un combat qui va leur demander énergie, détermination, solidarité", a déclaré le président de la République.

C'est lors de cette intervention qu'Emmanuel Macron a annoncé le confinement sur l'ensemble du territoire métropolitain et en outre-mer.

Une rhétorique guerrière

Le chef de l'État s'était affiché en chef de guerre, en pleine bataille face "à un ennemi invisible", le coronavirus. Et d'ajouter : "Agissons avec force, mais retenons cela : le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant (...) Et je saurai avec vous en tirer toutes les conséquences, toutes les conséquences". 

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En choisissant ces mots, Emmanuel Macron s'est surtout attiré les critiques de certains. Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a fustigé "une sorte de flou", dans les consignes données par le président de la République. Du côté des écologistes, EELV a regretté "une rhétorique guerrière inutile". Quant au Rassemblement national, Marine Le Pen a dénoncé des instructions pas "suffisamment claires pour que chacun comprenne qu’il s’agit de confinement". 

Dans Libération, Cécile Alduy, sémiologue, professeure de littérature à l’université de Stanford et chercheure associée au Cevipof, estimait que l'emploi de ce champ lexical était "utile du point de vue de l’efficacité rhétorique", "pour enjoindre à une mobilisation générale de tous les Français, et susciter un choc des consciences". "Mais c’est éthiquement et politiquement problématique, selon la sémiologue. Il édulcore du même coup la réalité encore actuelle du mot 'guerre'".

"Quoi qu'il en coûte"

Quelques jours plus tôt, le 12 mars, Emmanuel Macron avait aussi prononcé une phrase qui déterminera la suite de la gestion de la crise sanitaire. "La santé n'a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi qu'il en coûte", avait annoncé le président de la République.

Dans Le Figaro, le conseiller d'Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné, défendait la mesure du président. "Là où les autres dirigeants ont mis leur idéologie avant la crise sanitaire, le Président a réussi à être contre-intuitif", expliquait-il avant d'ajouter "son logiciel ne le prédestinait pas au 'quoi qu’il en coûte', il a su utiliser les bons instruments, changer sa politique de croisière. La dernière année doit permettre de redonner une vision réformatrice du président en temps calme".

Mais selon l'ancien patron des députés LaREM Gilles Le Gendre, "le pays souffre d’une aversion au risque, expliquait-il. On traite la crise avec de l’hyperprotection jusqu’à l’engourdissement, ce qui a pu ajouter une couche d’angoisse".

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