4 min de lecture Élysée

Un an après son élection, que nous apprend la cote de popularité d'Emmanuel Macron ?

UN AN À L'ÉLYSÉE (6/9) - La cote de popularité du chef de l'État a connu un effet de montagnes russe entre son accession à l'Élysée et les derniers jours de la première année de son quinquennat.

Emmanuel Macron lors de son discours devant le Congrès américain, le 25 avril 2018
Emmanuel Macron lors de son discours devant le Congrès américain, le 25 avril 2018 Crédit : CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Emmanuel Macron et le gouvernement d'Édouard Philippe commentent peu les sondages et leur cote de popularité. Pourtant, de nombreuses études analysent le ressenti des Français par rapport au marathon de réformes engagées par ce quinquennat.

Selon une étude réalisée par l'institut de sondages BVA pour RTL et La Tribune, publiée vendredi 4 mai, le chef de l'État a perdu 20 points de cote de popularité depuis un an. Emmanuel Macron ne dispose plus que de 43% d'opinions favorables, selon cette enquête d'opinion. Près de six Français sur dix se déclarent même mécontents de la politique exercée par le président de la République.


L'image de "président des riches" se serait bel et bien ancrée dans l'opinion, ce qui a pu provoquer un décrochage du président dans l'opinion des classes populaires. Selon notre sondage, la différence d'opinion n'était que de trois points entre les classes populaires et supérieures en mai 2017. Désormais, l'écart est de 27 points, note l'enquête.


Néanmoins, selon la même source, les dés ne sont pas jetés d'ici la fin du quinquennat. Le baromètre BVA pour RTL note que quatre Français sur dix attendent les effets des mesures prises jusque-là par l'exécutif pour se prononcer. 

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Lors de l'élection présidentielle, le candidat En Marche "a profité de l'affaissement du modèle synthétique du Parti socialiste, de la dislocation identitaire chez Les Républicains, de la pression d'un 'vote utile' dès le premier tour, face à la prophétie autoréalisatrice d'un nouveau 21 avril, d'une offre électorale inédite issue des primaires et de deux renoncements à la candidature libérant un vaste espace politique centrale", analyse Sylvie Strudel dans le livre Le Vote disruptif

Où se place Macron par rapport à Hollande et Sarkozy ?

Élu à la tête du pays depuis un an, Emmanuel Macron jongle dans les sondages entre dégringolade et remontée surprise. Sa popularité reste portée par la promesse de rupture avec un système politique dépassé, un an après son entrée en fonction, et il a levé les doutes sur sa capacité à conduire le pays. 

Si l'on regarde dans le détail, sa cote de popularité semble se stabiliser en dessous de la barre des 50%. Mais sa volonté de réformer le pays lui assure encore la confiance de près d'un Français sur deux. Au top de sa popularité au lendemain de son élection, avec 40% à 60% d'opinions favorables, Emmanuel Macron a vu sa cote s'effondrer dès juillet pour atteindre son plus bas, autour de 30% à 40%, en septembre. 

Mais la courbe est vite repartie à la hausse, avec la réforme du Code du travail et la volonté affichée du chef de l'État de tenir ses engagements. "La chute a été nettement plus brutale que pour ses prédécesseurs. Ce qui est inhabituel, c'est la remontée et le fait qu'on s'est rendu compte que les gens lui donnaient du temps", analyse Chloé Morin, directrice de l'Observatoire de l'opinion à la fondation Jean-Jaurès. 

Résultat, la cote d'Emmanuel Macron varie aujourd'hui autour de 40/45% (Harris Interactive 49%, Ifop 45%, Kantar Sofres 40%, BVA 40%, Elabe 39%, Ipsos 37%...). Une popularité supérieure à celle de François Hollande à la même époque de son mandat et comparable à celle de Nicolas Sarkozy

Un glissement vers la droite

Avec une promesse électorale d'un programme et d'une ligne politique "ni de droite, ni de gauche", Emmanuel Macron a opéré un revirement dans les sondages. En effet, en un an, ses soutiens ont changé de nature. Au second tour de la présidentielle, le candidat avait bénéficié de l'apport de la majorité des électeurs de François Fillon et de Benoît Hamon. 

"Ce qui a beaucoup changé, c'est que la partie gauche de son soutien s'est affaiblie. En revanche, on a un vrai gain au sein de l'électorat de droite", note Bruno Jeanbart de l'institut de sondage OpinionWay. Ce "glissement vers le centre-droit" de sa popularité se traduit par le fait qu'un électeur de droite sur deux se dit aujourd'hui "satisfait de son action", alors même que Les Républicains sont l'une des principales forces d'opposition à la majorité, souligne-t-il. Emmanuel Macron a su convaincre une partie de la droite de sa capacité à réformer. 

À gauche en revanche, certaines réformes engagées, comme celle de la SNCF, l'ont coupé d'une partie des électeurs. Mais quelque 40% des Français interrogés dans les enquêtes d'opinion disent toujours "attendre de voir" les résultats de la politique conduite. "C'est significatif, mais en nette baisse. On passe petit à petit de l'attentisme à des jugements plus tranchés", note Chloé Morin.  

Une opposition jugée peu crédible

Selon les analystes, le chef de l'État bénéficie surtout de l'absence d'alternative jugée suffisamment crédible par les électeurs. "On a un président de la République qui n'a pas un niveau de popularité extrêmement élevé dans le pays, mais il est le seul des leaders politiques à avoir une vraie popularité. Cette faible popularité est immense si l'on regarde ses concurrents", résume Bruno Jeanbart. 

L'image d'Emmanuel Macron n'a guère évolué depuis l'automne. En positif, il est toujours considéré comme "dynamique", volontaire, avec une ferme volonté de réformer. En négatif, il est perçu comme éloigné des problèmes quotidiens des Français. Avec l'idée qui revient dans les enquêtes d'un président qui favorise les urbains et les plus aisés. 

Le chef de l'État a en revanche levé d'entrée les doutes sur sa capacité à incarner la fonction présidentielle et à défendre les intérêts du pays. Réponse à Donald Trump sur le climat, accueil du président américain et de Vladimir Poutine à Paris... "Ce genre de choses a installé très vite sa stature présidentielle, ce que n'avait pas su faire François Hollande", note Bruno Jeanbart : "Un atout qu'il conservera quoi qu'il arrive tout au long du quinquennat"

L'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée a entraîné une tornade politique, tant sur le plan des réformes lancées dans le pays, que sur le plan politique. Retour sur la première année du mandat du président de la République : réformes, style politique et suite de son mandat.

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