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Taxer les riches : la dernière (vieille) idée qui revient à la mode

ÉDITO - Dans le sillon de Joe Biden, qui propose de taxer les 1% les plus riches aux États-Unis, certains en France réclament une augmentation de la fiscalité, ou un rétablissement de l'ISF.

Joe Biden depuis la Maison-Blanche le 14 avril 2021
Joe Biden depuis la Maison-Blanche le 14 avril 2021
Crédit : Andrew Harnik / POOL / AFP
Taxer les riches : la dernière (vieille) idée qui revient à la mode
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Olivier Bost

Le problème de base est assez simple : il va bien falloir un jour payer la dette monstrueuse du Covid. La majorité et Emmanuel Macron jurent qu’ils n’augmenteront pas les impôts. "Jamais, pas tant que je serai là", nous a même lancé Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, ce lundi 3 mai sur RTL.

Dans le champ de la droite, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse comptent, eux aussi, sur le retour de la croissance et quelques réformes, comme celle des retraites, pour s’en sortir. Tout le monde parle de réduire les dépenses de l’État, mais se garde bien de dire comment.

L’autre solution, très en vogue et pas seulement en France est de taxer les riches ou les super-riches. Une idée à gauche, mais pas seulement. Le Parti Socialiste revient à ses vieilles amours, et n’échappe pas à la Biden-Mania. Le Président américain veut taxer les 1% les plus riches et l’a même défendu par un argument qui résonne chez nous : "l’économie du ruissellement n’a jamais fonctionné", a-t-il expliqué au Congrès.

Emmanuel Macron défend la théorie de "premiers de cordée", ce qui a fait dire à Olivier Faure, le patron du PS, sur RTL : "Je suis Biden plus que Macron".

Le retour de l'ISF divise

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Ce qui revient, c’est surtout une forme de nostalgie de l’ISF, supprimé par Emmanuel Macron. Le chef de l’État défendait encore cette suppression la semaine dernière dans son entretien avec la presse régionale, publié le vendredi 30 avril. "Heureusement qu’on a supprimé cette aberration de taxer la réussite", a-t-il estimé.

Plus surprenant, et tout le monde l’a oublié, Marine Le Pen est aussi pour le rétablissement de l’ISF. Elle espère en tirer 6 à 7 milliards d’euros par an, ce qui est plus que ce qu’il rapportait. Elle veut aussi créer beaucoup de nouvelles exonérations fiscales et engager des dépenses, ce qui fait dire à Bercy, à Bruno Le Maire, que le programme économique du RN ne tient absolument pas la route.

Mais Marine Le Pen sait à qui elle parle avec le symbole de l’ISF. Comme l’ont étudié récemment la Fondation Jean Jaurès et le Figaro, en quelques années, la Présidente du Rassemblement National a capté l’électorat populaire, des ouvriers et des employés, c’est-à-dire l’équivalent du vote communiste des années 70.

Le symbole de l’ISF, taxer « le grand capital » est donc assez fort mais très symbolique, parce que la vraie mesure fiscale qui a réduit les impôts des plus riches, c’est la "Flat Tax", un taux unique sur les revenus du capital mis en place en 2017.

L’ISF va revenir dans le débat en 2022, comme une marotte, un symbole, une obsession, un épouvantail. Choisissez le mot que vous voulez, mais ce n’est certainement pas ça qui nous permettra de rembourser la dette du Covid.

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