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Taxe d'habitation : un couac qui "témoigne d'un pouvoir qui panique", estime Alba Ventura

ÉDITO - Supprimer ou non la taxe d'habitation pour tous les Français ? Après avoir enchaîné les couacs, le gouvernement a finalement décidé de s’en remettre au grand débat national pour trancher.

Emmanuel Macron, le 17 décembre 2018
Emmanuel Macron, le 17 décembre 2018
Crédit : BENOIT TESSIER / POOL / AFP
Taxe d'habitation : un couac qui "témoigne d'un pouvoir qui panique", estime Alba Ventura
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Taxe d'habitation : un couac qui "témoigne d'un pouvoir qui panique", estime Alba Ventura
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Alba Ventura & Marie-Pierre Haddad

C’est à n'y rien comprendre sur la taxe d'habitation. Oui ou non ? Le gouvernement va-t-il supprimer totalement parce que ça souffle le chaud et le froid depuis dimanche. Où en est-on ?  Vous avez vécu avec François Lenglet hier matin l’épisode 3 de la taxe d’habitation, que François a joliment intitulé "le tête-à-queue", en raison du revirement du ministre de l’Économie.

Bruno Le Maire avait laissé entendre que la taxe d’habitation serait finalement maintenue pour les 20% de ménages les plus aisés, alors que dans l’épisode 2, en novembre dernier, il était question de la supprimer pour tout le monde.

Ce qui était déjà une marche arrière par rapport à l’épisode 1 lorsque pendant la campagne Emmanuel Macron avait annoncé la fin de la taxe d’habitation pour 80% des foyers fiscaux. Vous suivez ? Non, c’est normal, moi non plus !

Annonce et contre-annonce

Mais vous allez voir : la suite est encore plus abracadabrantesque. Parce qu’après l’épisode 3, "le tête à queue", nous avons eu droit à l’épisode 4 : "Le salto arrière" du ministre. Cette fois, Bruno Le Maire a fait savoir que le gouvernement voulait "aller au bout de la suppression de la taxe d’habitation", vraiment au bout, c'est-à-dire pour tout le monde.

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Tout en ajoutant que "cela n'interdisait pas que ce sujet fasse partie du débat sur la fiscalité". Pardon mais Bruno, tu veux ou tu veux pas ? Et alors je vous le donne en mille ! L’épisode 5 dans la même journée : un épisode en forme non pas d’apothéose mais d'apocalypse.

Parce que là c’est la décision de l’Élysée. L’Élysée va s’en remettre au grand débat national pour trancher ! Et pourquoi pas à pile ou face ? Je m’en amuse, mais c’est très très inquiétant.

De la politique de gribouille

Pourquoi ? Le pouvoir va s’en remettre au grand débat, dont on ne connait ni les participants, ni la représentativité. Qui va décider ? Sur quelle base ? Selon quelle modalité de scrutin ? À la majorité relative ? Absolue ? Par un vote à main levée ? J’ai du mal à comprendre que l’Élysée laisse croire que des participants au grand débat vont décider de la politique fiscale de la nation ! Ou alors, pardon, mais ce n’est plus de la politique c’est de la démagogie.

C’est bien pratique de se retrancher derrière les Français pour trouver quelques milliards. Parce qu’il est clair que dans cette affaire, pour protéger les super-riches, ceux qui payaient l’ISF, le président Macron sacrifie les 20% de français dits "aisés", c’est-à-dire, les classes moyennes supérieures. 

Ces 20% de Français qui participent à la solidarité nationale, ceux que François Hollande a déjà assaisonnés lorsque Emmanuel Macron était à l’Élysée et qui "accessoirement" l’ont élu. Ce n'est pas sérieux, c'est de la politique de gribouille. Vous voulez que je vous dise ? Ça témoigne d'un pouvoir qui panique. Une dernière petite réflexion : à quoi servent les élections si l'on s’en remet à un grand débat ?

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