5 min de lecture Primaire PS

Primaire de la gauche : ce qu'il faut retenir du premier débat

ÉCLAIRAGE - Les 7 candidats au scrutin des 22 et 29 janvier se sont affrontés pour la première fois, ce jeudi 12 janvier, sur RTL et TF1.

"Le grand vainqueur de ce débat, c'est Emmanuel Macron"
"Le grand vainqueur de ce débat, c'est Emmanuel Macron" Crédit : Christophe Guibbaud Sipa Press pour RTL
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Le grand sprint de la primaire de la gauche a débuté. Les sept prétendants à l'investiture du PS et de ses alliés pour la présidentielle 2017 ont participé au premier débat de la campagne en vue du scrutin des 22 et 29 janvier prochains. Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel et Manuel Valls ont débattu pendant plus de deux heures sur RTL et TF1, ce jeudi 12 janvier.

Le ton des discussions est resté relativement modéré tout au long de l'émission, malgré certaines oppositions notables entre les débatteurs, notamment concernant leur projet économique et la position qu'il faudra adopter face aux autres candidats de gauche que sont Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.

Les sept débatteurs de ce soir n'auront que quelques jours de repos et se retrouveront dimanche 15 janvier puis jeudi 19 janvier. Les deux finalistes de cette élection devront s'opposer une dernière fois, mercredi 25 janvier.

Des critiques contre le quinquennat Hollande

Difficile d'entamer un débat présidentiel de la gauche sans évoquer le cas de François Hollande. Le président de la République, qui a décidé de ne pas se représenter, a travaillé avec la quasi-totalité des candidats à sa succession (Manuel Valls, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Sylvia Pinel et Vincent Peillon). Ces derniers n'ont pas été tendres avec le bilan de son quinquennat. Arnaud Montebourg a évoqué un "échec sur le chômage", tandis que Benoît Hamon a déploré un sentiment "d'inachevé" et Vincent Peillon regretté une "incompréhension avec les Français". Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy, qui n'ont pas de responsabilité dans les cinq années écoulées, n'ont pas été plus positifs, estimant que le quinquennat a été "contrasté" et que l'exécutif aurait pu "mieux faire". Seuls Manuel Valls et Sylvia Pinel n'ont pas attaqué le bilan Hollande. L'ancien premier ministre répété sa "fierté" d'avoir servi les Français, tandis que son ancienne ministre du Logement a assuré qu'il fallait "porter" ce bilan.

>
Primaire de la gauche : les candidats décrivent le bilan de Hollande en un mot Crédit Média : RTLnet | Date :
À lire aussi
L'ancien Premier ministre, Manuel Valls élections
Manuel Valls : "Parfois, il m'est arrivé de confondre autorité et autoritarisme"

Les commentaires négatifs sur la période 2012-2017 ont été bien plus nuancés lorsqu'il s'est agi de commenter la réponse du gouvernement aux attentats que la France a subis au cours de cette période. "Je voudrais féliciter la façon dont l'ensemble du gouvernement l'ensemble des forces de police et de sécurité ont réagi par rapport à la situation incroyable d'assassinats et d'attentats", a par exemple commenté Jean-Luc Bennahmias. Même son de cloche chez Arnaud Montebourg, qui a souligné le fait que l'exécutif a "remusclé l'appareil de lutte contre le terrorisme, policier et judiciaire".

Plusieurs débatteurs ont par ailleurs refusé de critiquer les "exécutions ciblées" décidées par François Hollande au cours de son quinquennat. Des mesures qu'il a lui-même évoquées dans Un président ne devrait pas dire ça... des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. "Ce qui doit être tenu secret doit le rester", a répondu Manuel Valls d'un ton grave. Même réponse de la part de Benoît Hamon. Vincent Peillon, François de Rugy, Jean-Luc Bennahmias et Arnaud Montebourg ont, eux, approuvé la prise de décision du Président. "S'il faut prendre ce genre de responsabilités, j'y suis prêt", a même ajouté l'ancien ministre de l'Économie.

François Fillon ciblé

Le candidat de la gauche devra, entre autres, affronter François Fillon en avril prochain. Force est de constater que l'ancien premier ministre est bien présent dans les têtes et les discours des concurrents. Dès son introduction, Arnaud Montebourg a expliqué vouloir être candidat pour "combattre le libéral Fillon". Plus offensif encore, Vincent Peillon a qualifié de "honte pour notre pays" le fait que le candidat Les Républicains ait été salué par "al-Assad et Poutine".

Lorsque la question de la Sécurité sociale a été abordée, François de Rugy a fustigé le projet de l'ancien premier ministre : "Il veut casser le système actuel". Jean-Luc Bennahmias a parfaitement illustré la crispation que l'ancien premier ministre provoque chez ses adversaires. Lorsque son projet a été comparé à celui de François Fillon, le député européen a haussé le ton et s'est défendu avec vigueur. "C'est un peu choquant", a-t-il d'ailleurs conclu.

Outre les mots utilisés pour qualifier François Fillon - "droite totale", "droite dure" -, c'est son association quasi systématique avec l'extrême droite qui est régulièrement revenue dans la bouche des sept candidats.

Le revenu universel et la loi Travail créent le débat

Deux sujets ont particulièrement permis aux candidats de se démarquer les uns des autres. Benoît Hamon a eu l'occasion de réexpliquer sa volonté de mettre en place un "revenu universel d'existence". Interrogé sur les critiques de Manuel Valls - qui craint de voir se développer une société basée sur "l'assistanat et le farniente", l'ancien ministre de l'Éducation nationale a répliqué : "Je me souviens quand Michel Rocard a mis en place le Revenu minimum d'insertion, on entendait des arguments semblables sur une société qui encouragerait au laxisme et à la paresse (...), ça n'a pas été vrai".

"Le raisonnement est basé sur une idée fausse : que la modernité va faire qu'il y aura de moins en moins d'emplois", s'est opposé Vincent Peillon. Manuel Valls et François de Rugy ont préféré, eux, mettre l'accent sur "le travail". "Je propose de supprimer les cotisations familiales et les remplacer par la CSG pour avoir une baisse du coût du travail : moitié baisse du coût du travail, moitié hausse du pouvoir d'achat, c'est soutien aux entreprises, soutien à la consommation.", a expliqué l'écologiste. Manuel Valls a, lui, développé deux thématiques : ses volontés de "donner une rémunération au travail" et de "fusionner les minimas sociaux pour qu'ils soient plus efficaces".

Concernant la loi Travail, le plateau s'est clairement scindé en deux. Manuel Valls, François de Rugy et Sylvia Pinel se sont prononcés contre son abrogation. Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ont, eux, réaffirmé leur volonté de l'abroger.

>
Arnaud Montebourg : "J'abrogerai la loi travail" Crédit Image : Capture | Date :

Mélenchon et Macron divisent

Quelle position adopter face à Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, les deux autres candidats de la gauche à la présidentielle ? Mieux placés dans les sondages que leurs collègues socialistes, les deux hommes pourraient-ils bénéficier du soutien du vainqueur de la primaire de la Belle alliance populaire s'ils étaient mieux placés qu'eux ? Arnaud Montebourg et Manuel Valls s'y sont fermement opposés, estimant que le scrutin des 22 et 29 janvier prochains, donnera un "mandat" à son vainqueur et qu'il faudra le respecter. François de Rugy s'est même refusé à envisager toute discussion avec Jean-Luc Mélenchon, estimant que "c'est l'agneau qui invite le loup à dîner".

Au contraire, Vincent Peillon et Benoît Hamon ont estimé qu'il était envisageable - voire nécessaire - de parler aux autres candidats de la gauche. Benoît Hamon s'est d'ailleurs engagé à discuter avec eux en cas de victoire. "Si la discussion n'aboutissait pas, nous prendrions acte", a-t-il toutefois tenu à préciser. Jean-Luc Bennahmias a de son côté tout simplement refusé de répondre à la question... pour le moment. "Ils peuvent nous faire perde", a-t-il toutefois affirmé lors de sa conclusion.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Primaire PS Présidentielle 2017 Manuel Valls
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants