1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Présidentielle 2022 : le soutien de Nicolas Sarkozy peut-il faire du tort à Emmanuel Macron ?
3 min de lecture

Présidentielle 2022 : le soutien de Nicolas Sarkozy peut-il faire du tort à Emmanuel Macron ?

DÉCRYPTAGE - En pleine opération séduction des électeurs de gauche, Emmanuel Macron doit composer avec le soutien du parrain de la droite.

Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, le 25 février 2022.
Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, le 25 février 2022.
Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

Le 24 avril prochain, "je voterai pour Emmanuel Macron". Nicolas Sarkozy a pris position pendant l'entre-deux-tours après avoir cultivé avec patience la politique du silence. Dans un message posté sur les réseaux sociaux, l'ancien chef de l'Etat a expliqué son choix en indiquant que le candidat "a l'expérience nécessaire face à une grave crise internationale plus complexe que jamais". 

Autre argument avancé par Nicolas Sarkozy : "Son projet économique met la valorisation du travail au centre de toutes ses priorités" et "son engagement européen est clair et sans ambiguïté". 

Les propos tenus par Emmanuel Macron dans Le Figaro trois jours avant le premier tour ont visiblement produit leur effet. Le président-candidat expliquait que "sur la question du travail et du mérite, pour ne prendre qu’un exemple, je me retrouve dans ce qu’a défendu le président Sarkozy". Une façon de faire un clin d'œil aux électeurs de droite en citant l'une de ses figures. Le président-candidat a d'ailleurs remercié Nicolas Sarkozy de son soutien.

Miser sur l'électorat de gauche

Mais comme souvent en politique, tout est une question de timing. Le second tour a débuté depuis deux jours et c'est de nouveaux enjeux qui sont apparus tant pour Emmanuel Macron que pour Marine Le Pen. Après avoir ratissé à droite, le candidat à un second mandat mise sur les électeurs de gauche. 

À écouter aussi

Sa première prise de parole, dans la foulée des résultats du premier tour, les cible directement. "Je ne veux pas faire comme si de rien n'était, j'ai entendu le message de ceux qui ont exprimé des voix extrêmes, y compris ceux qui ont voté pour Mme Le Pen. Je sais que des gens voteront pour moi pour faire barrage. Je veux convaincre donc peut-être compléter mon projet". Une main tendue aux abstentionnistes et surtout aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon

Sur le terrain, les interrogations de la gauche sont palpables. Emmanuel Macron s'est rendu, ce 12 avril à Mulhouse, ville ou Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête au premier tour avec plus de 36% des voix. Le candidat a d'ailleurs été interpellé par un jeune homme de 20 ans qui lui a lancé : "On a du mal. On dépend de nos parents. Inspirez-vous de monsieur Mélenchon"

Sur le fond de son programme, Emmanuel Macron est prêt à donner des gages à la gauche. Le candidat a pris son projet de réforme des retraites, mesure très critiquée à gauche et a évoqué un possible départ à 64 ans, au lieu de 65 ans. Il est aussi prêt à aller jusqu'au référendum, s'il est réélu.

C'est pourquoi le soutien de Nicolas Sarkozy pourrait rendre frileux certains électeurs de gauche qui ont en tête son quinquennat. "On a intérêt à ce que Nicolas Sarkozy s'exprime très discrètement", confiait un ministre hier. Même en ayant quitté l'Elysée, Nicolas Sarkozy a continué à revendiquer ses valeurs et ses opinions de droite. Il a continué à être un pilier pour sa famille politique. 

Fondateur des Républicains et candidat à la primaire de la droite et du centre, il est sans cesse cité lors de discours des cadres du mouvement. D'ailleurs, pendant de longues semaines ces derniers ont attendu - en vain - un soutien à la candidate LR Valérie Pécresse. 

Jospin et Cazeneuve à la rescousse

Mais celui qui a conceptualisé le "et en même temps" en politique peut compter sur une figure historique du Parti socialiste pour maintenir le gouvernail à bâbord. Quelques minutes après Nicolas Sarkozy, Lionel Jospin a annoncé qu'il votera pour Emmanuel Macron lors du second tour.

"Au second tour de l'élection à la présidence de la République, le dimanche 24 avril, le pays étant confronté à deux mouvements de rejet, j'écarterai Marine Le Pen et voterai Emmanuel Macron", a écrit l'ancien premier ministre de cohabitation (1997-2002) de Jacques Chirac dans un communiqué transmis à l'AFP. 

Celui qui avait été éliminé face à Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2002 avait apporté le 27 mars son soutien à Anne Hidalgo, qui a recueilli 1,75% dimanche au premier tour. Un autre ancien Premier ministre socialiste, Bernard Cazeneuve (2016-2017), a lui aussi appelé à voter Emmanuel Macron, "parce que l'essentiel est en jeu, l'unité de la France et les valeurs de la République". Il ne manque plus que François Hollande qui doit également s'exprimer cette semaine, a indiqué son entourage à l'AFP. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/