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Présidentielle 2022 : Éric Woerth, prise de guerre pour Macron et crise pour LR

DÉCRYPTAGE - Ministre du Budget et du Travail pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, Éric Woerth a annoncé son soutien à Emmanuel Macron.

Éric Woerth, le 10 juin 2020
Éric Woerth, le 10 juin 2020
Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP
Marie-Pierre Haddad

Il incarne la rigueur à droite. Éric Woerth a officialisé son soutien à Emmanuel Macron. Dans un entretien au Parisien publié ce 9 février, l'ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy estime que son choix permettra de défendre au mieux "l’intérêt de la France et des Français". 

"C’est le fruit d’une longue réflexion. Je ne suis pas transgressif par nature, je comprends que cela puisse susciter de la surprise. Mais je pense profondément qu’un second mandat d’Emmanuel Macron serait une chance pour la France, comme ça aurait été le cas pour Nicolas Sarkozy", explique le président de la commission des Finances à l'Assemblée. 

Un coup dur pour Valérie Pécresse qui intervient dans une période déjà semée d'embûches. N'arrivant pas à percer dans les sondages, la candidate Les Républicains avait attaqué Emmanuel Macron, au moment du congrès LR, sur le fait qu'il a "cramé la caisse". Une critique qui est retournée contre elle aujourd'hui. 

"Contrairement à ce que j’ai pu lire, il n’a pas 'cramé la caisse'. Plus que jamais, j’ai la même conviction : nous ne choisirons pas librement notre destin sans la souveraineté économique et financière !", assure désormais Éric Woerth. 

Des attaques ciblées contre Pécresse

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Fraîchement rallié à Emmanuel Macron, Éric Woerth commence fort. Il détricote méticuleusement le programme de Valérie Pécresse. Une fois les amabilités énoncées pour épargner la candidate, ce ténor des Républicains affirme : "Je n’adhère pas au discours de LR, qui décrit une France qui n’est pas tout à fait la mienne, une France nostalgique, recroquevillée sur elle-même". 

Et d'ajouter : "Je m’intéresse plus à la France de mes enfants qu’à celle de mon enfance. La mission d’un président est de rendre les Français collectivement plus heureux. On ne peut pas, par ailleurs, n’être obnubilé que par l’islamisme radical, même si c’est fondamental".

Il y a une forme de course-poursuite entre les candidats sur les sujets sécuritaires

Éric Woerth dans "Le Parisien"

L'ancien ministre du Budget enfonce un peu plus Valérie Pécresse et sa stratégie pour séduire les électeurs à droite de la droite au sein de leur échiquier politique. "Il y a une forme de course-poursuite entre les candidats sur les sujets sécuritaires, qui sont importants mais ne peuvent à eux seuls constituer un projet global. J’ai trouvé que ma formation politique, dont je suis membre depuis 1981, a dérivé", a-t-il détaillé. 

Le président des Républicains Christian Jacob a demandé à Éric Woerth de quitter la présidence de la Commission des finances de l'assemblée. Il ne peut "en aucun cas" rester LR, a-t-il affirmé à l'AFP, en disant sa "déception" et ses "regrets". Une réaction immédiate qui est à la hauteur de la crise déclenchée au sein du parti par ce départ.

Un anti-Macron converti

Le soutien du président LR de la commission des Finances à l'Assemblée a un autre avantage pour Emmanuel Macron : le président de la République a réussi à convaincre l'un de ses détracteurs les plus féroces à droite. En février 2017, celui qui est alors le conseiller économique et social de François Fillon déclarait au micro de RTL : "Emmanuel Macron passe son temps à se contredire, c'est une manière comme une autre d'être dynamique. Il dit le contraire de ce qu'il dit dans son bouquin à plusieurs reprises sur beaucoup de sujets. Sur la colonisation, c'est juste immature". 

Et d'achever le candidat En Marche en ajoutant que "Macron est dans la séduction, il n'est pas dans la conviction, il est entouré d'énarques. Son projet varie selon l'énarque qui parle le dernier. C'est un télé-évangéliste".

De retour en 2022, Éric Woerth ne s'embête pas avec ces anciennes déclarations. "J’ai évolué, la présidence d’Emmanuel Macron aussi, défend-il. J’assume l’ensemble de mes propos passés. Il n’a pas dépensé plus que les autres présidents". La droite perd une de ses figures. Pour l'instant, l'ancien ministre assure ne pas souhaiter adhérer à La République En Marche. Comme un certain Édouard Philippe en son temps.

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