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Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron, le candidat aux mille visages

RÉCIT - À l'image de son quinquennat, Emmanuel Macron a eu plusieurs facettes dans cette campagne présidentielle.

Emmanuel Macron, le 2 avril 2022
Emmanuel Macron, le 2 avril 2022
Crédit : THOMAS COEX / AFP
Marie-Pierre Haddad

Emmanuel Macron entame la campagne de l'entre-deux-tours. Le candidat-président a obtenu 28,4%, selon les estimations Harris Interactive x Toluna pour RTL et M6. "Une bien drôle de campagne". Il ne faut pas aller bien loin en macronie pour entendre cette phrase. Députés, conseillers, ministres... Tous s'accorde pour dire que cette campagne ne ressemble à aucune autre et qu'aucune séquence n'est prévisible. 

L'aveu a même été fait par Emmanuel Macron. "Je ne pourrai pas mener campagne comme je l'aurais souhaité en raison du contexte", déclarait-il après avoir officialisé sa candidature dans une lettre envoyée aux Français. Très vite, les soutiens du candidat ont compris que la magie de la campagne de 2017 ne se reproduira pas. 

Et pour cause, "la nouveauté macronienne est en train de s’évanouir. L’ancien candidat disruptif donne aujourd’hui le sentiment d’être désordonné et plat. La campagne leur échappe", analyse le politologue Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po, dans Le Monde. Entre la crise sanitaire, la guerre en Ukraine et la fin du quinquennat, Emmanuel Macron a dû revêtir différents costumes, au risque de délaisser celui de candidat.

Le candidat empêché

Un candidat, sans campagne. L'équation était quasi impensable il y a quelques semaines. Il est pour l'instant difficile de savoir si cette stratégie est voulue ou subie par Emmanuel Macron. 1 seul meeting avant le premier tour, pas de débat .

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Selon Olivier Bost éditorialiste politique à RTL, le candidat-président "a fait son grand meeting à Nanterre devant 30.000 personnes. Deux heures d’un discours peu enthousiasmant, pour amorcer un front républicain. Un show à l’américaine pour ancrer son unique meeting à gauche, après avoir ancré son unique conférence de presse à droite". 
Mais il "est déjà dans l’après premier tour. 'C’est le combat du progrès contre le repli, le combat du patriotisme et de l’Europe contre les nationalistes', a-t-il posé". 

Au-delà de cette campagne atypique, Emmanuel Macron a eu des difficultés à trouver un équilibre politique. Penchant tantôt à droite, tantôt à gauche. Après avoir fait des appels du pied à l'électorat de gauche lors de son seul meeting de campagne, le candidat a repris appui sur sa jambe droite. Dans Le Figaro, à trois jours du premier tour, il déclarait : "Sur la question du travail et du mérite, pour ne prendre qu’un exemple, je me retrouve dans ce qu’a défendu le président Sarkozy".

Engagé dans la campagne de l'entre-deux-tours, Emmanuel Macron a appelé à "un grand mouvement politique d'unité et d'action". "J'appelle tous ceux qui depuis six ans et jusqu'à ce soir se sont engagés pour travailler à mes côtés à transcender leurs différences pour se rassembler en un grand mouvement politique d'unité et d'action pour notre pays", a-t-il déclaré depuis son QG électoral.

L'uniforme du chef de guerre

L'invasion russe de l'Ukraine a retardé l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron et a changé toute la dynamique de la campagne. Le président-candidat a été en contact plusieurs fois avec Vladimir Poutine

Lors d'une allocution, précédent son annonce de candidature, le président déclarait : "J'ai choisi de rester en contact, autant que je le peux et autant que c'est nécessaire, avec le président Poutine pour chercher sans relâche à le convaincre de renoncer aux armes" et "pour prévenir la contagion et l'élargissement du conflit autant que nous le pouvons". 

Emmanuel Macron sera constamment ramener à la situation en Ukraine. À cinq jours du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat a rebasculé sur le costume de président de la République en ayant un entretien téléphonique avec Volodymyr Zelensky. Les images du massacre de Boutcha ont été au cœur de ces discussions. 

La blouse pendant la crise sanitaire

Avant la guerre en Ukraine, la guerre contre le coronavirus a aussi été un marqueur de ce quinquennat. Là aussi, Emmanuel Macron s'est posé en chef de guerre en martelant lors de l'une de ses allocutions que la France était en "guerre". Une déclaration qui lui aura valu bien des critiques

Le président de la République avait d'ailleurs conditionné le timing de sa candidature à la fin du pic épidémique. Sur le terrain, Emmanuel Macron a aussi été interpellé sur le sort des soignants non-vaccinés.

Lors d'un déplacement à la La Pommeraye, une soignante dans ce cas a dit au chef de l'État : "Monsieur le président, pourquoi obliger les soignants à se faire vacciner ? S’il vous plaît, laissez-nous travailler !", comme le rapporte Ouest-France. En réponse, le président de la République a répondu que "le gouvernement ne va pas enlever l’obligation vaccinale". "Je vous le dis en toute sincérité", a-t-il ajouté.

Le costume de président

C'était l'un des marqueurs de la campagne présidentielle de 2017. Mais il semble appartenir au passé. Emmanuel Macron met dorénavant en avant son expérience à la tête de l'État. Dans sa lettre adressée aux Français, Emmanuel Macron estime qu'"il est des choix qu’avec l’expérience acquise auprès de vous je ferais sans doute différemment. 
Mais les transformations engagées durant ce mandat ont permis à nombre de nos compatriotes de vivre mieux, à la France de gagner en indépendance. Et les crises que nous traversons depuis deux ans montrent que c’est bien ce chemin qui doit être poursuivi".

Dans Le Figaro, le président-candidat ajoutait vouloir "chercher la confiance de nos compatriotes parce que j’ai acquis une expérience des crises, une expérience internationale, j’ai appris aussi de mes propres erreurs". Et d'ajouter : "Les crises m’ont forgé, j’ai encore une énergie intacte, ce qui me permet de faire des choses de manière plus claire et tranchée qu’il y a cinq ans. C’est d’abord ça qui m’importe".

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