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Présidentielle 2022 : comment Jadot veut sortir de l'ombre d'Hidalgo et de Mélenchon

ÉPISODE 3 - À cinq mois de l'élection présidentielle, RTL.fr décrypte dans une websérie les stratégies, les dynamiques et les campagnes des candidats engagés dans la course à l'Élysée.

Yannick Jadot, le 4 novembre  2021
Yannick Jadot, le 4 novembre 2021
Crédit : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Marie-Pierre Haddad

Le souvenir de 2017. Lors de la précédente campagne présidentielle, Yannick Jadot avait retiré sa candidature au profit de celle du candidat socialiste Benoît Hamon. Résultats : 6,36%. Un score qui est resté en travers de la gorge de l'écologiste. Quatre ans plus tard, Yannick Jadot veut peser. "On ne vient pas pour témoigner mais pour gagner", affirmait le candidat EELV au lendemain de sa victoire à la primaire.

En 2022, pas question de reproduire les erreurs stratégiques du passé. Après une percée aux élections européennes de 2019 et un score honorable aux élections municipales, EELV poursuit sa mue et s'affranchit des forces politiques qui composent la gauche. 

Mais comme toutes les formations politiques, les écologistes ont dû tuer dans l'œuf la guerre d'egos qui se profilait et le risque de divisions avec l'organisation d'une primaire. Après quelques tensions, c'est finalement autour du candidat élu Yannick Jadot que la famille politique a décidé de se rassembler. "C'est vraiment derrière nous", rassure-t-on au sein du parti.

Briser le plafond de verre

En politique, tout est une question de pouvoir. Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot occupent actuellement les premiers rôles dans les sondages, autour de 7 à 9,5% tous les deux. Mais ils peinent à concurrencer Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Éric Zemmour et le candidat de la droite. 

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La différence majeure entre le scrutin de 2017 et celui de 2022 à gauche réside dans le fait qu'aucun candidat à gauche n'arrive à prendre la tête des sondages. Anne Hidalgo n'incarne pas - pour l'instant - la candidature qui peut rassembler la gauche. Quant à Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise peine aussi à s'imposer dans les intentions de vote. Le centre de gravité de cet espace politique s'est déporté vers... Yannick Jadot. Fort de cette position, un responsable d'EELV estime que la candidature écologiste peut exister indépendamment de celles des socialistes, des Insoumis et des communistes.

Il faut prendre l'ascendant et consolider un socle électoral solide

Un responsable EELV

"Je ne crois pas que l'on ait un plafond de verre, assure-t-il. On a besoin de clarté. S'allier pour s'allier, ça ne fonctionnera pas". La stratégie est donc clair dans l'esprit des écologistes. "Il faut prendre l'ascendant et consolider un socle électoral solide, sans rien transiger sur le fond", ajoute-t-il. Quant au fait de s'allier avec le Parti socialiste, c'était avant. "On a déjà gagné la présidentielle avec François Hollande. Ca a changé quoi ?, s'interroge un élu EELV. Devant les micros, Yannick Jadot a offert "une main tendue" à Anne Hidalgo, tout en assurant que le sort du PS n'est "pas son sujet" pour l'instant. 

Jean-Luc Mélenchon essaye quant à lui de se rapprocher du candidat écologiste. Le 8 novembre, le candidat LFI explique observer "que le discours de Yannick Jadot évoluait vers des positions beaucoup plus proches" de celle de la France insoumise. Il cite notamment en exemple, "lorsqu'il adopte le protectionnisme écologique, la remise en cause du système de concurrence libre et non faussée". 

L'électeur de gauche, objet de toutes les convoitises

Pourtant, cela risque rapidement de le devenir. EELV, La France insoumise et le Parti socialiste avancent sur le même terrain : l'électorat de gauche. Un ancien cadre du Parti socialiste prévient : "Si nous n'y attaquons pas cette campagne, notre électorat file chez Emmanuel Macron". Une notion qui n'a pas échappé à Yannick Jadot. Plusieurs députés, éluent avec l'étiquette La République En Marche ont rejoint le candidat écologiste et œuvrent au sein de son équipe de campagne. Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, Cédric Villani ancien député LaREM de Paris ou encore Paula Forteza, députée des Français d'Amérique latine et des Caraïbes.

EELV voit loin. Engagé dans la campagne présidentielle, le parti pense aussi - et surtout  -aux élections législatives qui arriveront dans la foulée. Les écologistes ont déjà poser leurs conditions aux socialistes : tous accords avec le PS ne sera possible qu'en échange d'un soutien à Yannick Jadot pour la présidentielle. "Ils veulent qu'on retire nos candidats pour les législatives, résume un proche d'Anne Hidalgo. Si on ne trouve pas d'accord, la gauche va être marginalisée et pour l'instant, aucun accord n'est en place". 

Côté EELV, on assure "chercher un accord qui soit au service de la présidentielle". Yannick Jadot et EELV sont ainsi en passe d'achever leur mue et de sortir de l'ombre de la gauche.

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