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Petite enfance : en quoi va consister le parcours "1.000 premiers jours" ?

INTERVIEW - Le secrétaire d'État à la protection de l'enfance Adrien Taquet pilote le parcours des "1.000 premiers jours" pour accompagner les parents de la grossesse aux deux ans de l'enfant.

Le secrétaire d'État à la protection de l'enfance, Adrien Taquet, à l'Élysée le 21 février 2019.
Le secrétaire d'État à la protection de l'enfance, Adrien Taquet, à l'Élysée le 21 février 2019. Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Pendant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis une politique efficace pour la petite enfance afin de lutter contre les inégalités sociales, dès le plus jeune âge. C'est dans ce contexte qu'en septembre 2019 a été lancé le projet "1.000 premiers jours" destiné à fournir un accompagnement aux jeunes parents de la grossesse au deux ans de l'enfant. Une mission confiée au secrétaire d'État à la protection de l'enfance Adrien Taquet.

"L'idée est double : partager avec les parents l'état des connaissances scientifiques qui font consensus au sujet du développement de l'enfant, et leur proposer un parcours avec certaines étapes", explique le secrétaire d'État.

Pas question cependant d'en faire quelque chose de "contraignant" pour les parents, l'idée est de les accompagner sans être "normatif". "Nous voulons donner des repères", résume Adrien Taquet.

À la rencontre des parents

Ce parcours des "1.000 premiers jours" se base sur les travaux scientifiques de David Barker. Dans les années 1980, ce médecin britannique a mis en lumière les conséquences qu'ont les conditions de développement du fœtus et du jeune enfant sur son métabolisme futur. Plus tard, d'autres travaux ont confirmé le rôle clé des premières années de vie d'un individu sur son développement, et notamment des mois s'écoulant entre le 4ème mois de grossesse et les deux ans de l'enfant, les "1.000 premiers jours".

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Afin d'évaluer l'état de la recherche à ce sujet, le secrétariat d'État a présenté en septembre dernier une commission d'experts présidée par le pédopsychiatre Boris Cyrulnik. Celle-ci a auditionné plusieurs professionnels de la médecine et de la famille, et est actuellement en train de rédiger ses recommandations. 

De son côté, Adrien Taquet est allé durant les quatre derniers mois à la rencontre de parents pour recueillir leurs témoignages et leurs doléances. "On sent qu'il y a une libération de la parole sur ces sujets", explique-t-il. Il prend pour exemple la dépression post-partum qui selon les études touche entre 10 et 20% des femmes, et l'isolement qui peut toucher certaines mères, notamment célibataires.

Ce qui revient en tête des priorités est la question des congés de naissance

Adrien Taquet, secrétaire d'État à la protection de l'enfance
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Une consultation en ligne a également été lancée, elle est toujours disponible sur le site du ministère de la Santé. Près de 9.000 personnes y ont déjà répondu. "Ce qui revient en tête des priorités est la question des congés de naissance, congés de maternité, congés de paternité et congés parentaux", observe Adrien Taquet.

Dans cette perspective, l'allongement du congé de paternité, déjà évoqué par Marlène Schiappa, est quelque chose que le secrétariat d'État à la Protection de l'enfance "envisage". Aujourd'hui les pères n'ont à disposition que 11 jours facultatifs à mobiliser après la naissance de l'enfant. 

Une disposition loin du modèle de la Finlande dont s'inspire en partie le projet du gouvernement et où s'est rendu Adrien Taquet en juin dernier. Là-bas, les pères peuvent prendre 54 jours de congés après la naissance de l'enfant. Ceci permet de créer un lien d'attachement significatif. "C'est sécurisant pour la femme et pour l'enfant", résume Adrien Taquet.

L'objectif : réduire les inégalités

En consacrant un projet aux 1.000 premiers jours de la vie d'un enfant, le gouvernement souhaite réduire les inégalités en s'y attaquant dès le plus jeune âge. "En réalité quand on rentre à l'école, à 3 ans, il y a des choses qui peuvent être déjà jouées", explique Adrien Taquet. Il cite notamment l'acquisition du langage qui peut être très inégalitaire selon les enfants.

Pour pallier ce problème d'inégalités sociales, tous les acteurs de la petite enfance, qu'il s'agisse des Protection Maternelle Infantile (PMI) ou des crèches, ont un rôle à jouer. "On réfléchit à un système de labellisation des pratiques ou recommandations des scientifiques", poursuit le secrétaire d'État. 

Un large chantier qui, Adrien Taquet le reconnaît lui-même, vise à accompagner un profond "changement de société" qui touche tous les domaines. Il indique ainsi travailler avec le ministère de la Culture au sujet de l'éveil des enfants, ou encore avec le secrétariat d'État au handicap pour inclure les populations jugées vulnérables. 

La prochaine étape du projet "1.000 premiers jours" est prévue au printemps 2020. À cette date, la commission d'experts rendra ses recommandations au gouvernement. "L'objectif est d'annoncer des mesures avant l'été pour qu'elles soient incluses dans le budget de 2021", conclut Adrien Taquet.

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