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"On ne sert à rien" : à l'Assemblée nationale, les députés s'ennuient

Les députés de la majorité comme de l'opposition peinent à trouver leur rôle dans un fonctionnement où l'exécutif prime.

Agnès Buzyn à l'Assemblée nationale, le 24 septembre 2019
Agnès Buzyn à l'Assemblée nationale, le 24 septembre 2019 Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
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Nicolas Scheffer et AFP

"On ne sert à rien", "on s'emmerde" : en public ou en privé, certains députés racontent leur déception à mi-mandat à l'Assemblée, faute de marge de manœuvre, pendant que d'autres ont su tirer leur épingle du jeu.

"On nous avait présenté LaREM comme un groupe de gens très ouverts. Mais on se rend compte qu'ils ne veulent faire aucun compromis", souffle Pierre Cordier (apparenté LR). Lui, dit ne pas avoir le blues et jouer son rôle de contrôle grâce à son travail en commission. Dans l'opposition, difficile toutefois d'exister : très peu d'amendements de la droite ou de la gauche sont retenus, malgré leur nombre record sur certains textes de loi.

Sur le budget, qui a occupé l'Assemblée une partie de l'automne, "on ne sert à rien, c'est désespérant", lâche la cheffe des députés PS Valérie Rabault. Pour se faire entendre, le PS mène des actions locales, autours de propositions comme sur l'hôpital en crise.

Temps fort de la vie parlementaire, la séance des questions au gouvernement a été remaniée. Elle se tient désormais uniquement le mardi... sur plus de deux heures. Résultat "on se fait chier !", assure une collaboratrice. Elle dit regretter les "coups politiques" de l'ancien monde.

Chacun sa technique

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Du côté de la majorité, on reconnaît ne pas être "toujours assez ferme, pas suffisamment exigeant", notamment à l'égard de l'exécutif qui a plus d'expérience, souligne Stella Dupont, sur l'aile gauche.

Sa collègue Perrine Goulet, doit "se battre constamment pour être entendue", par le gouvernement qui devrait "écouter plus les élus des territoires", pourtant, une promesse de l'acte II du quinquennat.

Certains députés ont cependant trouvé comment utiliser la caisse de résonance du Parlement. La jeune garde LR, cette dizaine d'élus arrivés en 2017, est très présente en séance.

À l'autre bout de l'hémicycle aussi, les Insoumis, qui ne sont que 17, usent des réseaux sociaux pour mettre en lumière leurs interventions à coup de formules chocs ou "happenings".

Réduits à une trentaine et n'ayant plus la main, les socialistes semblent eux ne pas encore avoir digéré le bouleversement de 2017. "Le PS est assez éteint. Il y a des bosseurs et des gens remarquables, mais on ne les entend pas. Ils ne font pas le buzz comme les Insoumis", juge un ex-socialiste passé chez LaREM.

Les municipales, voie de sortie ?

Leur porte-parole Boris Vallaud, ex-conseiller de François Hollande à l'Élysée, confie une "interrogation" sur son rôle, compte tenu de la faiblesse "institutionnelle" du Parlement français par rapport à l'Allemagne ou l'Angleterre.

"Est-ce que l'activisme des ONG comme Oxfam, Human Rights Watch ou Bloom sur la pêche électrique n'est pas plus efficace ? Est-ce que l'économiste à succès Thomas Piketty n'apporte pas plus ?".

Pour les déçus du Parlement, les municipales de mars seraient-elles la voie de sortie idéale ? Au moins une quarantaine de députés seront candidats : une vingtaine chez LaREM, une dizaine chez LR, six ou sept au Modem, quatre au PS et un communiste. 

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