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Municipales à Paris : alliances, favoris, programmes... Où en est-on ?

Après le premier débat des municipales à Paris, la stratégie de certains candidats s'est affinée en vue du second tour. Anne Hidalgo a été tancée sur son bilan, Agnès Buzyn renvoyée à celui du gouvernement et Cédric Villani courtisé.

Cédric Villani, Serge Federbusch, Danielle Simonnet, Agnès Buzyn, David Belliard, Anne HIdalgo et Rachida Dati, le 4 mars 2020
Cédric Villani, Serge Federbusch, Danielle Simonnet, Agnès Buzyn, David Belliard, Anne HIdalgo et Rachida Dati, le 4 mars 2020
Crédit : Bertrand GUAY / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad

Un premier affrontement pour se jauger. Les 7 principaux candidats aux élections municipales à Paris ont débattu dans La Grande Confrontation, sur LCI mercredi 4 mars. Police municipale armée, propreté, tri sélectif, logement, transports, place de la voiture dans la ville, déficit... Danielle Simonnet (LFI), David Belliard (EELV), Cédric Villani, Anne Hidalgo (PS), Agnès Buzyn (LaREM), Rachida Dati (LR) et Serge Federbusch (RN) ont échangé sur le fond. Et au fil de la soirée, les piques se sont faites de plus en plus acerbes.

À l'approche du premier tour des municipales du 15 mars, la bataille reste très indécise et l'enjeu, de taille, pour les trois candidates qui font la course en tête dans les sondages. Selon une enquête de Harris Interactive-Epoka diffusée mardi, Rachida Dati continue de progresser (25%), devançant Anne Hidalgo (24%) et la candidate LaREM Agnès Buzyn (17%)

Viennent ensuite l'écologiste David Belliard (11%) et le député congédié de LaREM Cédric Villani (8%). Enfin, en bas du tableau, l'Insoumise Danielle Simonnet (5%) et le candidat soutenu par le Rassemblement national Serge Federbusch (4%). Le huitième candidat, Marcel Campion, crédité autour de 1%, n'était pas invité au débat. 

Buzyn et Hidalgo, cibles des critiques

L'enjeu était particulièrement important pour Agnès Buzyn. En effet, la candidate a débarqué dans la course dans un contexte délicat : affaire Griveaux et démission du ministère de la Santé, en pleine crise du coronavirus. Son départ du gouvernement lui a d'ailleurs été rappelé en fin d'émission par une maire de Paris on ne peut plus sarcastique

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L'ancienne ministre a été tenue comptable du bilan du gouvernement. Notamment par Rachida Dati qui donnait le ton dans L'Opinion la veille du débat. "Elle ne connaît rien à Paris, je vais l'éclater", lançait-elle. Critiquée pour son manque d'expérience en politique, Agnès Buzyn a enfilé les gants de boxe et s'en est pris dès les premières secondes du débat au bilan d'Anne Hidalgo. La candidate LaREM n'a pas hésité à lui reprocher son bilan en matière de propreté à Paris, mettant en cause sa volonté écologiste pour Paris.

Anne Hidalgo a concentré les critiques durant ce premier débat. Déficit, logement, espaces verts... Les attaques ont fusé de tous les côtés. Pendant la grande majorité du débat, un pacte de non-agression semblait avoir été signé entre Anne Hidalgo et Rachida Dati. Les deux candidates ont concentré leurs arguments contre Agnès Buzyn. Mais le sujet des voies sur berge est venu rompre cette entente de façade. "Je cours en apnée sur les berges qui sont des latrines à ciel ouvert", a lâché la candidate LR, qui a dénoncé une "anarchie partout (...) dans la circulation, dans les travaux, dans l'espace public". 

La gauche parisienne contre la droite parisienne

Ainsi le clivage gauche-droite semble ne pas avoir pris compte de l'arrivée du nouveau monde pour ce scrutin à Paris. Chacun campant sur son électorat, notamment sur le sujet de la police municipale dans la capitale. Armée ou non, avec ou sans vidéosurveillance... Cette partie du débat fut nourrit. La maire PS sortante, qui propose de porter "à 5.000" le nombre d'agents, a défendu, une police municipale qui ne doit "pas être armée". Elle a au passage taclé sa rivale LaREM Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé, estimant que "son gouvernement a une responsabilité majeure" dans la hausse de l'insécurité à Paris. 

L'ancienne ministre de la Justice sous Nicolas Sarkozy s'est emparée du sujet. "Je ne me résous pas à quatre ans des JO ne pas avoir de police municipale armée", a expliqué Rachida Dati, qui a plaidé pour "une antenne municipale dans chaque arrondissement, avec une ligne directe pour tous les habitants, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7". Défendant "le juste milieu", le candidat LaREM dissident Cédric Villani a plaidé pour une police remplissant "différents rôles" : "Il n'y a pas besoin d'être armé" pour assurer la sécurité du quotidien mais "une partie" de la police consacrée aux missions d'intervention "aura vocation à être armée".  

Le candidat écologiste David Belliard, a lui estimé que "la question aujourd'hui c'est de remettre des humains, des agents dans les rues". La candidate insoumise Danielle Simonnet a condamné "une course aux enchères à la caméra vidéosurveillance", un système au "coût complètement exorbitant" mais dont "la contribution à la résolution d'enquête est assez faible". 

La tentation des alliances

Ce premier débat à moins de quinze jours du premier tour des élections municipales à Paris, a surtout permis de voir se dessiner les possibles alliances, en vue du second tour. Cédric Villani et David Belliard ont été courtisés par Anne Hidalgo et Agnès Buzyn. L'élection du maire à Paris est avant tout un scrutin d'alliance. Il se joue en effet dans 17 "secteurs", soit autant de "mini-élections" qui désignent chacune un maire d'arrondissement, ainsi que des conseillers de Paris qui voteront ensuite, lors d'un troisième tour prévu le 28 ou 29 mars, pour le maire de la capitale. 

Or, les candidats LR ne partent pas tous sous des auspices aussi favorables que Rachida Dati, même dans les arrondissements traditionnellement acquis à la droite. Dans le XVe arrondissement, Agnès Evren doit affronter un dissident de poids: le maire sortant Philippe Goujon. Dans le XVIe, deux listes LR non-estampillées se présentent face au candidat Francis Szpiner. Dans le XVIIe, Geoffroy Boulard affronte la candidate LaREM à la mairie de Paris Agnès Buzyn... 

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Et le système électoral donne un poids écrasant au gagnant à Paris, qui au deuxième tour empoche d'emblée 50% des sièges, plus un nombre de conseillers au prorata des voix. "Si on est 4e ou 5e, on n'a pas d'élu", résume un maire sortant. 

C'est là que la partie s'annonce difficile : si Anne Hidalgo peut théoriquement s'allier avec les Verts, et Agnès Buzyn avec l'ex-LaREM Cédric Villani, "LR n'a pas d'alliés, pas de réserves", affirmait en janvier Philippe Goujon, en délicatesse avec Rachida Dati qu'il refuse de soutenir pour ménager la part centriste de son électorat. 

La droite en avait fait l'amère expérience en 2014, Nathalie Kosciusko-Morizet s'inclinant au deuxième tour après être arrivée en tête au premier. Selon le sondage paru mardi, Rachida Dati ne recueillerait que 33,5% des voix contre 37% à une liste Hidalgo/Belliard, et 29,5% à une liste Buzyn soutenue par Cédric Villani. Dans ce contexte, "les rapprochements de 2e tour seront extrêmement importants à Paris", affirme Gérard Larcher. Pour le moment, la candidate LR élude l'idée d'un rapprochement avec Agnès Buzyn. "Aujourd'hui je fais une campagne de premier tour", a-t-elle affirmé dimanche. 

Mais certains prédisent déjà un match sans merci. "Boulard et Goujon, on peut leur prendre la moitié de leur conseil municipal et leur dire qu'ils doivent voter pour Agnès Buzyn", assure un cadre LaREM qui en est certain : "À Paris, l'entre deux tours, ça va être une boucherie".  

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