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Municipales 2020 à Paris : les 3 principaux défis qui attendent Agnès Buzyn

DÉCRYPTAGE - Agnès Buzyn a pris les rênes de l'équipe LaREM pour la course à la mairie de Paris avec le défi de sauver le parti présidentiel d'une défaite annoncée.

Agnès Buzyn
Agnès Buzyn Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Une campagne express. Agnès Buzyn a quatre semaines pour convaincre les électeurs parisiens. L'ancienne ministre de la Santé doit relever le défi de sauver le parti présidentiel d'une défaite annoncée qu'Emmanuel Macron veut à tout prix éviter. 

"J'y vais pour gagner", a assuré à l'AFP l'ex-ministre de la Santé, qui a quitté le gouvernement, pour s'engager à plein temps dans cette campagne éclair, au relais d'un Benjamin Griveaux mis hors jeu après la diffusion de vidéos intimes. L'enjeu est de taille : avant même que Benjamin Griveaux n'annonce son retrait spectaculaire, il n'était que troisième dans les sondages, derrière la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et la candidate LR Rachida Dati. 

Plusieurs sources ont indiqué que la nouvelle candidate renonçait à des mesures-phare de Benjamin Griveaux : le déplacement de la gare de l'Est pour créer un "Central park" parisien et l'apport de 100.000 euros pour permettre aux classes moyennes d'acheter un appartement. "Sa priorité, c'est la vie quotidienne des Parisiens, des projets très concrets", résume l'une des têtes de liste d'arrondissement. 

1. Première bataille électorale

À 58 ans, l'ancienne médecin et ex-présidente de l'Institut national du cancer, hérite d'une mission difficile pour la première expérience électorale de sa carrière. Presque inconnue en 2017, Agnès Buzyn s'est affirmée en trois ans au gouvernement comme une figure du macronisme, même si elle quitte le ministère de la Santé empêtrée dans une crise inédite à l'hôpital et vierge de toute expérience électorale. 

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Cette médecin spécialiste des leucémies et de la greffe de moelle a annoncé dimanche 16 février à l'AFP qu'elle succédait à Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris. Issue de la société civile, Agnès Buzyn "suscite moins de jugements épidermiques que Benjamin Griveaux", selon Frédéric Dabi. Néanmoins, elle souffre d'autres handicaps : une "inexpérience" des campagnes électorales et une notoriété relative - 36% des Français déclarent ne pas la connaître. 

2. Convaincre Villani

Agnès Buzyn arrivera-t-elle à faire revenir l'ex-LaREM Cédric Villani, qui a toujours refusé de rejoindre Benjamin Griveaux ? Elle s'est en tout cas entretenue le 17 février par téléphone avec le mathématicien, qui a posé des "conditions" à "d'éventuelles convergences", comme "l'ouverture à un accord de second tour avec les Verts", dans le cadre d'une "coalition climat". 

L'ex-marcheur s'est réjoui d'avoir eu la veille un "échange cordial" et "sur le fond" avec la nouvelle candidate LaREM pour les municipales à Paris pour qui il a "du respect" et "de l'estime". Interrogé sur un rapprochement possible entre leurs deux candidatures avant le 1er tour, Cédric Villani a répondu : "Chaque chose en son temps, d'abord, on parle du fond, je suis ouvert, je discute avec les uns avec les autres, de la même façon qu'un dialogue a aussi été engagé avec les Verts sur des grands enjeux parisiens". 

Mais il a ensuite précisé à propos de la présence de bulletins Villani au 1er tour : "Je le dis depuis toujours, ma candidature continue en liberté, en indépendance, tout en étant ouverte à discussion avec les uns avec les autres"

3. Rassembler autour d'elle

Chez LaREM, l'enthousiasme est revenu après les tourments du week-end. Agnès Buzyn "sera une maire exceptionnelle", s'est enflammé auprès de l'AFP le numéro un du parti, Stanislas Guerini, quand le secrétaire d'État Cédric O "pense même qu'on va gagner". Mot d'ordre répété à l'envi par les troupes : Agnès Buzyn est "apaisante". Mieux, elle "rassemble". "À la fois ex-belle-fille de Simone Veil et à l'initiative de la PMA pour toutes, elle parle aux progressistes et c'est une grande dame bourgeoise, elle enjambe la fracture Est/Ouest" de la capitale autant que "le clivage gauche-droite". 

Quid de la méthode ? "Il faut s'appuyer sur les arrondissements, sur les têtes de liste, leur savoir-faire", prône un ponte de la campagne, qui ne table que sur "un gros meeting" de la nouvelle candidate. Lundi midi, elle a d'ailleurs déjeuné avec l'ensemble de ses têtes de liste... sans avoir encore indiqué dans quel arrondissement elle comptait elle-même se présenter

Chez les marcheurs, on attend les premiers sondages. "Si Buzyn est au même niveau que Griveaux, entre 11 et 14%, c'est compliqué. Si elle est à 17-18%, on peut pousser", analyse un élu. "Et si elle est à 20%, même troisième... Tout est ouvert au deuxième tour".

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