3 min de lecture Élections municipales

Marine Le Pen affiche ses ambitions pour les élections municipales de 2020

La présidente du RN a lancé ce dimanche 12 janvier son parti dans la bataille des municipales pour consolider son ancrage local et tenter de fissurer la digue de LR.

Marine Le Pen à Fréjus le 15 septembre 2019
Marine Le Pen à Fréjus le 15 septembre 2019 Crédit : CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
Charles Deluermoz et AFP

Le Rassemblement national est lancé dans la bataille pour les élections municipales de mars 2020. Au cours d'un meeting organisé ce dimanche 12 janvier à Paris, Marine Le Pen a appelé ses électeurs à consolider l'ancrage local de son parti tout en tentant de fissurer l'ambition des Républicains.

Les électeurs, y compris LR, sont les "victimes" d'une "trahison" de "ceux qui leur ont fait croire qu'ils lutteraient contre la politique d'Emmanuel Macron alors qu'ils en sont aujourd'hui les marchepieds, à défaut d'en être les paillassons", a dénoncé la présidente du Rassemblement national devant plusieurs centaines de militants réunis à la Maison de la chimie à Paris.

La finaliste de la présidentielle en 2017 a dénoncé "le macronisme" "toujours semeur de désordre, cynique, arrogant, souvent blessant, de plus en plus violent", et "inefficace" comme sur les retraites. Le RN entend en mars "poursuivre la reconquête" entamée aux européennes, dont il est sorti victorieux, en ouvrant ses listes à des candidats extérieurs au parti mais en s'appuyant d'abord sur ses bastions.

"Le combat municipal n'est pas une corvée" mais "une séquence territoriale qui va durer un an" avec les départementales et les régionales en 2021, et qui doit "conduire le peuple au pouvoir", a martelé la probable candidate à la présidentielle en 2022.

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Nouveauté par rapport à 2014, le RN a ouvert ses listes à des candidats extérieurs au parti. Dont certains occupent la première place, comme à Carpentras (Vaucluse) avec le général à la retraite Bertrand de la Chesnais. Des candidats RN se présenteront aussi sans étiquette, comme Louis Aliot, l'ex-compagnon de Marine Le Pen, à Perpignan (Pyrénées-orientales), la plus grande ville briguée par le parti, qui a appelé les électeurs des autres partis à "dépasser" les "verrous suicidaires".

Le RN compte également sur l'effondrement des Républicains aux européennes pour convaincre élus et militants de le rejoindre. "Là où ils sont aujourd'hui, ils sont trahis. Vos idées, c'est ici qu'elles sont aujourd'hui défendues" a déclaré l'ancien ministre sarkozyste élu eurodeputé avec le soutien du RN, Thierry Mariani, qui a réactivé pour ce faire son mouvement de la Droite populaire.

Si la digue entre les deux partis se fissure chez les militants, elle n'est pas totalement tombée côté élus, rares à conduire des listes. L'ancien patron de LR dans l'Hérault Sébastien Pacull fait figure d'exception. Il mènera à Sète une liste "d'union des droites" soutenue par le RN, dans une démarche similaire à celle du maire sortant de Béziers Robert Ménard.

Affirmant n'avoir pas encore été exclu de LR, Sébastien Pacull est venu ce dimanche devant le RN transmettre un "message d'union". D'accord avec Marine Le Pen sur l'immigration mais pas sur les retraites, ce proche des anciens ministres Charles Pasqua et Philippe Séguin, également soutenu par le très conservateur Parti chrétien-démocrate et Debout la France, considère que "ce qui peut nous différencier est infiniment plus faible que ce qui nous rassemble".

Le RN veut surtout irriguer autour de la dizaine de villes déjà conquises, dans ses bastions du Nord-Pas-de-Calais et du pourtour méditerranéen. Le député Sébastien Chenu, candidat à Denain (Nord), a défendu la méthode du parti pour présenter quasiment autant de candidats qu'en 2014 (600) : sélectionner des candidats "crédibles" et cibler des villes où les scores du RN sont bons et les sortants "affaiblis". 

Ce qui n'a pas empêché quelques couacs, comme à Strasbourg, où le candidat investi qui avait, selon le RN, "caché" des condamnations pour violences racistes, a dû jeter l'éponge. Le parti ne donne toutefois pas d'objectifs chiffrés. Selon France Inter, le RN voit une cinquantaine de villes gagnables, au lieu de 100 auparavant. La présidente PS du conseil régional d'Occitanie, Carole Delga, affirme dans Le Parisien ce dimanche qu'une trentaine de villes peuvent basculer à l'extrême droite dans sa région, contre deux actuellement.

Plus au nord dans le bassin minier, le président LR du Sénat Gérard Larcher a évoqué le "risque majeur qu'un certain nombre de villes, par désespérance, basculent au RN". À l'adresse des LR tentés par le RN, il a redit qu'une "barrière hermétique" séparait les deux partis qui n'ont pas les mêmes "valeurs".

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