6 min de lecture Présidentielle 2022

Macron, Baroin, Mélenchon, Le Pen : la course pour 2022 est (déjà) lancée

DÉCRYPTAGE - La crise sanitaire du coronavirus a obligé les représentants politiques, désireux de jouer un rôle en 2022, à se lancer dans la course.

Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen
Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Bilan et monde d'après. À peine évoqué par Emmanuel Macron, le principe d'unité nationale a rapidement été balayé par le reste de la classe politique qui a rapidement fait planer la menace d'un bilan sur les épaules de l'exécutif. Face à la multiplication des commissions d'enquête sur la gestion de la crise et la soixantaine de plaintes qui visent plusieurs membres du gouvernement, Nicole Belloubet a indiqué au micro de RTL : "Si nos concitoyens trouvent que le gouvernement a mal géré la situation, il y a des élections et ils pourront sanctionner le gouvernement à ce moment-là".

À trois semaines du second tour des élections municipales du 28 juin, le scrutin n'a plus seulement un enjeu local, mais une projection nationale qui définira les différents rapports de force politiques en vue de la prochaine élection présidentielle.

La crise du coronavirus et le confinement qui en a découlé ont figé dans le temps les Français dans leur vie quotidienne mais aussi les entreprises. Ce phénomène ne semble pas s'être appliqué à la vie politique. À l'inverse, la crise sanitaire a provoqué un saut dans le temps pour se rapprocher de la date fatidique de 2022 et donc donner un coup de fouet aux ambitions de chacun.

Emmanuel Macron et le monde d'après

En évoquant sa volonté de se "réinventer" et de se projeter dans "le monde d'après", post-crise du coronavirus, Emmanuel Macron a tracé la ligne directrice d'un programme présidentiel. Un grand pas vers 2022. Au cœur de la crise, le président de la République avait déjà commencé à distiller des indices. Étape 1 : accentuer sa présence sur les réseaux sociaux. Comme l'avait souligné L'Opinion, le président de la République a simplifié sa communication sur Facebook et Twitter en n'hésitant plus à retweeter des messages de Français anonymes et à interagir avec eux. 

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Étape 2 : le slogan. Le président de la République a aussi profité de son changement de ton sur les réseaux sociaux pour lancer le hashtag #FranceUnie, accompagné d'une image avec ces mots écrits en bleu et rouge, sur fond blanc. Le politologue au Cevipof Bruno Cautrès expliquait auprès de RTL.fr que ce slogan avait tout "d'un classique de communication en vue d'une deuxième candidature" à l'élection présidentielle

Étape 3 : la fin du quinquennat. Deux ans séparent Emmanuel Macron du scrutin présidentielle. Un futur à la fois proche et éloigné. Le président de la République planche sur la possibilité de remanier le gouvernement pour impulser une nouvelle étape qui fera la jonction entre le début de son quinquennat et un éventuel second mandat. Sur le fond des mesures, le chef de l'État, accroché à son programme de 2017, pourrait relancer la réforme des retraites.

Marine Le Pen revient aux fondamentaux du RN

Le président de la République n'est pas le seul à avoir 2022 en ligne de mire. Sa rivale de 2017, Marine Le Pen s'est déjà déclarée candidate. La crise du coronavirus a été l'occasion pour la députée RN du Pas-de-Calais de surfer sur les sujets de prédilection du Rassemblement national : patriotisme économique, souveraineté nationale, fermetures des frontières et opposition ferme à Emmanuel Macron

Lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, Marine Le Pen voit son parti comme "la continuité" des idées du général de Gaulle, alors que le chef de l'État en est "l'antithèse". "Que ce soit sur ces deux grands principes" d'indépendance de la France et de souveraineté du peuple, "mais aussi sur la défense de la Ve République, la volonté de réindustrialisation, la défense du nucléaire, nous sommes au RN la continuité des grandes idées qu'il a défendues", affirme-t-elle, dans un entretien au Parisien.

Le président de la République "n'est pas du pays, il est d'une classe économique, de la finance, d'une caste. Incontestablement, de Gaulle, lui, était de France", soutient Marine Le Pen qui se pose en rivale du président de la République pour 2022.

Jean-Luc Mélenchon "prépare la suite"

Pour compléter le possible casting de 2022, Jean-Luc Mélenchon avance peu à peu ses pions. Interrogé sur BFMTV à propos d'une éventuelle candidature en 2022 après celles de 2012 et 2017, le leader de la France insoumise a répondu : "J'aurai une décision à prendre. Je suis comme vous, je n'avais pas prévu la Covid-19 et la catastrophe (économique et sociale) à venir, je me sentais plutôt dans le rôle d'un homme qui prépare la suite". 


Le député des Bouches-du-Rhône cherche à faire table rase du passé pour redorer son image abîmée au sein de son propre mouvement politique. "J'ai pris des coups très rudes, mon image a été abîmée par les violences que j'ai subies", a-t-il expliqué en référence à sa réaction de colère très médiatisée à la perquisition du siège de LFI en octobre 2018. 

"Maintenant je me dis que je me sens une utilité nouvelle du fait de l'expérience que j'ai accumulée et que les événements ne me font pas peur, a ajouté le président du groupe des députés insoumis. Je sais que j'ai une décision à prendre, ça me coûte assez, je dois être un des rares personnages de ce pays qui est monté dans un train dont il n'arrive plus à descendre". La relève se précipite déjà derrière Jean-Luc Mélenchon. François Ruffin "laisse la porte ouverte à ce qui peut se passer dans le pays". "Si jamais c'est moi qui dois ramasser le drapeau, j'irai ramasser le drapeau", a-t-il expliqué. Tout en ajoutant : "Ça ne veut pas dire que je me réveille tous les matins et que j'y pense en me rasant".

Yannick Jadot veut retrouver une dynamique

La présidentielle de 2022 sera composée d'une "candidature écologiste". C'est la volonté affichée par Yannick Jadot. Sur LCI, le député européen a déclaré avec fermeté : "N'ayez pas l'ombre d'un doute : oui, je ferai tout ce qui est possible pour qu'il y ait une alternative écologique, sociale, féministe, démocratique, en 2022". 

Au besoin en se "sacrifiant" ? "La politique, ce n'est jamais un sacrifice, c'est une ambition collective", a-t-il répliqué. De tous les représentants politiques, Yannick Jadot est celui qui s'aventure le plus directement dans la bataille électorale de 2022. "Mon rôle, c'est de préparer le mouvement pour qu'on puisse accompagner une candidature franchement écolo", a-t-il ajouté.

Propulsé sur le devant de la scène politique après le score des écologistes aux élections européennes en mai 2019, Yannick Jadot doit néanmoins faire face à une chute d'attractivité due à la crise du coronavirus. Les écologistes d'EELV aimeraient reprendre la dynamique conquérante du premier tour des élections municipales afin de mener l'alternative à Emmanuel Macron, mais ils peinent à se faire entendre dans le débat public et pâtissent d'un manque de leader identifié

François Baroin et Ségolène Royal, ni oui, ni non

Tous les deux pressentis pour jouer un rôle lors de la prochaine élection présidentielle, François Baroin et Ségolène Royal n'ont pas encore dévoilé leurs cartes. L'ancien ministre LR estime que "le temps n'est pas à la présidentielle". "Les leçons de la crise doivent être tirées, c'est la priorité pour les Français. Quelle que soit ma décision, je clarifierai mes intentions à l'automne", déclare le président de l'Association des maires de France au Journal du dimanche


L'ancien ministre doit publier également le 23 septembre un livre pour nourrir "le débat des idées de (sa) famille politique". "Mais la question de l'incarnation, c'est un autre sujet. Ce n'est pas ce rendez-vous-là", précise-t-il. 

Ségolène Royal quant à elle n'exclut pas une candidature à l'élection présidentielle de 2022. L'ancienne candidate en 2007 a répondu sur BFMTV qu'il s'agissait d'une "décision collective parce que cette offre alternative pour redresser la France et lui donner une nouvelle espérance, ne pourra réussir que s'il y a une union, de celles et ceux qui pensent que les valeurs humaines doivent l'emporter". Déjà en août 2019 à l'antenne de RTL, Ségolène Royal défendait sa candidature comme étant "féministe, écologiste, sur l’exigence démocratique". Mais en se gardant bien d'aller plus sur sa volonté pour 2022.

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