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Impôt, taxe sur les petits colis, chèque emploi-service... Ce que le budget 2026 change concrètement pour vous

Le budget de l'État 2026 a été définitivement adopté lundi 2 février après quatre mois de débats interminables et le rejet de plusieurs motions de censure. Que va changer ce texte dans votre vie de tous les jours ? RTL vous décrypte quelques mesures phares.

Des pièces de monnaie sur un ticket de caisse (image d'illustration).

Crédit : Iselyne PEREZ-KOVACS / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le budget expliqué : allez-vous devoir payer la taxe sur les petits colis ?

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Le budget expliqué : allez-vous payer plus d'impôts ?

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Le budget expliqué : le chèque emploi-service est-il bien maintenu ?

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Pierre Herbulot & Chloé Berry

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Quatre mois de discussions et 350 heures de débats. Lundi 2 février 2026, le feuilleton politique du moment a pris fin avec l'adoption définitive du budget de l'État après le rejet des deux dernières motions de censure.

Le gouvernement a finalement fait passer le texte par 49.3 grâce à la mansuétude des socialistes. Ces longues heures de débats ont fait naître des propositions à tout va… au point de ne plus rien comprendre.

"La France a enfin un budget", s'est réjoui Sébastien Lecornu, alors que pour la deuxième année consécutive, il faut attendre le mois de février pour que la loi de finances soit adoptée. Et le chef du gouvernement d'évoquer "une ambiance politicienne" à l'Assemblée qui "sent bon la campagne" des élections municipales et présidentielle à venir.

Qu'est-ce que ce budget change concrètement pour vos factures et votre pouvoir d'achat ? RTL. fait le point.

Allez-vous payer plus d'impôts ?

La fiscalité a été au cœur des débats dans l'hémicycle. Avec ce nouveau budget, les impôts vont-ils augmenter ? On commence par une bonne nouvelle, non, ils ne vont pas augmenter. 

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De quoi préserver votre pouvoir d'achat ? En tout cas, c'est l'objectif. Gel du barème, année blanche… Tous les ans, le gouvernement calque la grille des impôts sur l'inflation. L'idée, c'était de ne pas suivre le niveau de vie des Français cette année pour faire des économies. Mais le gouvernement a été contraint de faire machine arrière. Cela aurait eu pour conséquence d'augmenter les prélèvements de tous les Français qui ont eu une petite augmentation l'an dernier. Et même de faire rentrer 200.000 contribuables dans l'impôt. 

Et qu'en est-il des Français les plus riches ? Non, ils ne vont pas payer plus. Mais un impôt minimal, qui concerne ceux qui gagnent plus de 20.000 euros par mois, fait son retour dans le budget : c'est la contribution différentielle sur les hauts revenus, qu'il faut voir comme un dispositif anti-optimisation fiscale. En clair, il instaure un seuil de 20% en dessous duquel les plus riches ne peuvent plus défiscaliser leurs revenus. 

Allez-vous devoir payer la taxe sur les petits colis ?

Vous êtes un client des plateformes type Amazon ? Vous n'êtes pas sans savoir que le budget de l'État entérine une mesure qui risque de faire grimper votre facture. Une taxe de deux euros cible les petits colis d'une valeur inférieure à 150 euros en provenance de pays extérieurs à l'Union européenne. Cette nouvelle aura-t-elle un réel impact sur votre portefeuille ?

C'est en tout cas le souhait du gouvernement. Mais difficile de dire si ce surcoût va vous incomber. En effet, dans la loi, c'est le commerçant qui est taxé. Pas le consommateur. Ce qu'on ne sait pas aujourd'hui, c'est comment la Chine va répercuter cette taxe sur son prix de vente (en intégralité, en partie ou pas du tout).

Cette taxe n'est d'ailleurs qu'un début. À partir du 1er juillet 2026, les petits colis importés dans l'Union européenne seront soumis à une taxe de trois euros. Les géants du e-commerce chinois (Shein, Temu, AliExpress...) sont clairement en ligne de mire. 

Le chèque emploi-service est-il bien maintenu si vous avez une aide ménagère ?

Le chèque emploi-service encore d'actualité en 2026. Si vous employez des gens en tant que particulier, vous pourrez toujours obtenir un crédit d'impôt. Ce chèque s'applique à la garde d'enfants, à l'assistance aux personnes âgées et à l'aide ménagère. C'est marqué dans le budget : 50% des sommes versées restent bien déduites des impôts à la fin de l'année. 

Le gouvernement voulait revenir dessus. Initialement, il voulait supprimer cette aide pour le ménage, le bricolage ou la garde des animaux. La Cour des comptes estimait que ce dispositif coûtait cher pour assez peu de ménages concernés. Les députés ont finalement tranché pour garder exactement ce qui se faisait en 2025, mais avec des contrôles renforcés.

La facture va-t-elle exploser pour les patrons d'entreprises ?

Par rapport à la version initiale du budget, les entreprises peuvent regretter plusieurs hausses d'impôts : la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises devrait ainsi rapporter 7,3 milliards en 2026, au lieu de 4 prévus au départ (et 8 milliards en 2025). Le gouvernement est aussi revenu sur la diminution prévue de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), récupérant 1,3 milliard. 

Oui, les entreprises vont devoir contribuer en 2026, mais tout dépend de leur taille. Pour les TPE (moins de 10 salariés), rien ne change. Pour les PME, pas de surtaxe… mais pas de baisse d'impôts non plus. Le gouvernement l'avait pourtant promis. La CVAE devait baisser d'un tiers, mais Sébastien Lecornu a finalement rétropédalé pour boucher les trous dans la caisse.
C'est pour les très grandes entreprises que l'effort sera bien plus important. Qui est concerné ? Celles qui font plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires. Il y en a plus de 300 en France. Le gouvernement compte leur prélever 8 milliards d'euros, comme l'an dernier. Plus les entreprises sont grosses, plus elles contribuent. Pour LVMH par exemple, cette taxe a représenté un surcoût de 700 millions d'euros en 2025, ce qui a porté son impôt à 2 milliards et demi pour 11 milliards de bénéfices.

Quel avenir pour les auto-entrepeneurs ?

Est-ce que le budget impacte les auto-entrepreneurs ? Si vous l'êtes, vous pouvez être tranquille : rien ne change. Mais ça vaut le coup de le rappeler puisque cela fait deux ans que le gouvernement veut toucher à ce statut via le budget. 

Pour rappel, on parle d'auto ou de micro-entreprise pour désigner une société avec une seule personne. Il s'agit donc d'un salarié qui est son propre patron, avec son statut et un régime fiscal simplifié. Celui-ci permet notamment une exonération de TVA jusqu'à un certain montant de chiffre d'affaires. Les TPE et les PME crient à la concurrence déloyale et font régulièrement pression sur le gouvernement pour changer les règles.

Concrètement, il était question d'abaisser le seuil d'exonération de taxes, de quoi faire rentrer 800 millions d'euros dans les caisses de l'État. Mais la levée de bouclier des quelque 350.000 auto-entrepreneurs a fait mouche. Le gouvernement a reculé pour la deuxième année consécutive.

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