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G7 à Biarritz : pourquoi Christophe Castaner est-il attendu au tournant ?

DÉCRYPTAGE - Le dispositif de sécurité mis en place par Christophe Castaner pour le G7 sera particulièrement scruté. Le ministre de l'Intérieur est fragilisé depuis l'affaire sur la mort de Steve Maia Caniço et les polémiques sur les violences policières.

Christophe Castaner, le 20 août 2019
Christophe Castaner, le 20 août 2019 Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un sommet et un contre-sommet à gérer. Le week-end des 24 et 25 août s'annonce sous tensions pour Christophe Castaner. C'est à cette date que la ville de Biarritz va accueillir le G7, mais aussi quelque 80 associations et organisations venues manifester. 

Ce contre-sommet aura lieu à quelques kilomètres au sud de Biarritz, à cheval sur la frontière franco-espagnole, à Hendaye (France) et Irun (Espagne). Dès le 19 août, les anti-G7 ont pris leurs quartiers à Urrugne, commune voisine d'Hendaye, puis conférences et ateliers, à Irun et Hendaye, se tiendront du 21 au 23 août. 12.000 personnes sont attendues.
 
Selon une information de BFMTV, confirmée par RTL, quatre hommes et une femme ont été interpellés dans différentes régions de France, à Tours, dans le Loiret, les Landes et en Bretagne. Ils projetaient de "cramer l'hôtel" où des forces de l'ordre doivent loger à l'occasion du G7. Un enjeu sécuritaire de taille pour Christophe Castaner qui s'est rendu à Biarritz afin de présenter le dispositif de sécurité, prévu pour l'événement.

Un enjeu sécuritaire avec le G7

Le 24, premier jour du sommet, les "anti-G7" prévoient une grande manifestation à Hendaye. Et le lendemain, ils entendent mener des actions d'"occupation des places publiques" autour de Biarritz, ville inaccessible car transformée en camp retranché avec une "mobilisation exceptionnelle" des forces de l'ordre, selon les autorités. 

"Trois risques majeurs ont été identifiées par les services de renseignement : la menace terroriste toujours présente, mais aussi la possibilité d'exactions menées par les black blocs ou encore par les 'gilets jaunes'", explique Guillaume Chieze, journaliste au service police-justice de RTL. Pour éviter les débordements, des contrôles d'identité ont déjà été systématisés depuis ce week-end. Un dispositif qui ira crescendo jusqu'au point d'orgue de la fin de semaine. Les gares, les routes, la frontière franco-espagnole, sont particulièrement surveillées.

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"Mais au ministère de l'Intérieur, on l'assure, tout est prêt. Cela fait plusieurs mois que le dossier du G7 de Biarritz est prioritaire pour Christophe Castaner. Le ministre de l'intérieur s'est d'ailleurs rendu sur place en juillet dernier", ajoute-t-il. 

Une position fragilisée avec la crise des "gilets jaunes"

Au delà de l'enjeu sécuritaire, l'enjeu est aussi politique pour Christophe Castaner. En effet, le ministre de l'Intérieur s'est retrouvé au cœur des polémiques à répétition concernant les violences policières lors des manifestations des "gilets jaunes". Cela a d'ailleurs valu à Emmanuel Macron, une pique de Vladimir Poutine lors de la rencontre au Fort de Brégançon.

"Ce genre de situation ne se passe pas qu'en Russie. Je suis invité par le président français et je suis un peu mal à l'aise en évoquant ce sujet. Mais nous savons ce qui s'est passé pendant les manifestations des 'gilets jaunes', où - selon notre décompte - il y a eu onze personnes tuées et 2.500 blessés, dont 2.000 policiers. On ne veut pas du tout que des événements pareils se passent dans la capitale russe", a lancé le maître du Kremlin. 

À cela est venu s'ajouter la polémique concernant l'hôpital de la Salpétrière. En mai dernier, le ministre de l'Intérieur avait été contraint de rétropédaler après avoir assurer qu'une "intrusion" de manifestants au sein de l'hôpital. 

Un ministre sous tutelle depuis l'affaire Steve ?

La période estivale était aussi délicate pour Christophe Castaner avec l'affaire de la mort de Steve Maia Caniço. Depuis le perron de Matignon, Édouard Philippe a affirmé en personne que le rapport de l'IGPN n'établissait "pas de lien" entre l'intervention des forces de l'ordre et la disparition de Steve Maia Caniço lors de la Fête de la musique à Nantes le 21 juin, tout en saisissant l'inspection générale de l'administration (IGA) afin d'"aller plus loin". 

"À ses côtés mais en retrait, Christophe Castaner est resté silencieux, visage fermé. L'affaire est suivie de près par Emmanuel Macron qui, depuis son lieu de vacances, a selon l'Élysée, appelé Édouard Philippe et Christophe Castaner à 'prendre les initiatives nécessaires'", rapportait alors l'AFP

Selon Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication politique à Sciences-Po, Christophe Castaner est fragilisé. "Si c'était une affaire isolée dans un contexte neutre, il n'y aurait pas de problème mais le décès de Steve Maia Caniço intervient après de nombreuses affaires et la crise des 'gilets jaunes'", expliquait-il à l'AFP

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