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Européennes : "Macron aime par dessus tout la prise de risque", selon Bost

ÉDITO - Prise de risque maximale pour Emmanuel Macron pour ces élections européennes. Le président de la République aime le risque, il aime les paris. Il a gagné la présidentielle comme ça.

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L'Edito politique du 16 mai 2019 Crédit Image : ludovic MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Marie-Pierre Haddad

Emmanuel Macron est en première ligne pour les élections européennes : grande question et gros doutes sur cette stratégie. Mais pourquoi le chef de l'État est-il autant investi dans la campagne européenne ? C'est très simple... En matière de marketing électoral, on ne fait pas plus efficace. 

Montrez la tête du Président est un slogan à lui tout seul pour l'Europe. C'est pour ça que vous le verrez placardé sur des affiches d'En Marche. C'est pour ça aussi qu'il ponctue ces derniers jours de campagne de messages, plus ou moins voilés, pour dire qu'il faut voter pour la majorité.

La semaine dernière en Roumanie, Emmanuel Macron a été cash en expliquant qu'il ferait tout pour que le Rassemblement national n'arrive pas en tête. Des fois, c'est un peu plus subtil notamment quand il multiplie les rendez-vous et les promesses sur l'écologie.

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Progressistes ou nationalistes ?

C'est donc une stratégie complètement assumée. L'exemple que cite des proches, c'est l'engagement de Nicolas Sarkozy, en 2009, avec succès à l'époque puisque l'UMP avait fini largement en tête. Emmanuel Macron veut inciter son électorat à se rendre aux urnes. Car avec 60% d'abstention annoncé... le scrutin va se réduire à des gens quand même assez motivés.

C'est le pari qu'il n'y a pas la place pour la nuance ou les seconds choix. Emmanuel Macron ramène cela à un choix binaire : les progressistes ou les nationalistes. Il faut choisir son camp. Avec un risque : il peut faire monter le Rassemblement national sans faire bouger La République En Marche. Pour l'instant, je dis bien pour l'instant, c'est ce qui se passe dans notre baromètre quotidien Harris interactive pour RTL.

Une vague d'anti-macroniste

Mais cette stratégie avec un chef de l'État hyper engagé dans la campagne, tout le monde est d'accord avec ça dans la majorité ? Non. Ils sont quelques uns à douter de ce choix. Certains redoutent de transformer ce vote en référendum pour ou contre Macron.

Et le problème, ces derniers mois, c'est que l'anti-macronisme a montré qu'il se portait plutôt bien. Se mettre en avant comme le fait le Président et comme le fait son parti En Marche, ça revient aussi à dire : "Si vous voulez embêter Emmanuel Macron, votez pour Marine Le Pen". Il nationalise un scrutin aux enjeux bien plus important que nos politicailleries nationales.

Si En Marche n'est pas premier dans 10 jours, ce sera l'échec d'Emmanuel Macron. Et Marine Le Pen l'a bien saisi puisqu'elle appelle déjà au départ du chef de l'État s'il perd. Plus sérieusement, dans l'entourage d'Emmanuel Macron, mais aussi chez plusieurs ministres,  on considère qu'un échec, c'est-à-dire une seconde place, serait oublié en moins de 2 mois.

Le pays reste éruptif comme aime le répéter Nicolas Sarkozy

Olivier Bost
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Pour affirmer cela, ils ont étudié toutes les dernières élections européennes. En 2004, 2009, 2014, aucun de ces résultats n'a eu de conséquence sur la vie politique française. Tout le monde aura oublié à la rentrée des grandes vacances qui était premier, deuxième... troisième.

Le raisonnement serait vraiment valable si on n'avait pas vécu les mois que nous venons de vivre avec les "gilets jaunes". Le pays reste éruptif comme aime le répéter Nicolas Sarkozy. Mais Emmanuel Macron n'écoute pas ses conseillers et ses proches qui trouvent que c'est trop risqué de s'impliquer dans cette élection. Il n'écoute personne, comme d'habitude. Mais et c'est un argument qui s'entend si Emmanuel Macron avait écouté quelqu'un, il n'aurait jamais lancé En Marche et n'aurait jamais été élu président de la République.

Et aujourd'hui, en 2019, c'est toujours ce principe qui le guide. Le chef de l'État aime par-dessus tout la prise de risque.

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2019-05-16 07:44:00
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