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Facebook, Twitter, YouTube... "Il ne faut pas avoir peur de les responsabiliser", selon Bost

ÉDITO - Les dirigeants mondiaux vont-ils enfin mettre au pas les géants du numérique ? Vraies sanctions ou énième charte ? Réponse aujourd'hui à l'Élysée.

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Facebook, Twitter, YouTube... "Il ne faut pas avoir peur de les responsabiliser", selon Bost Crédit Image : Philippe LOPEZ / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Marie-Pierre Haddad

Emmanuel Macron accueille, ce mercredi 15 mai, l'appel de Christchurch, lancé après la diffusion en direct de l'attaque terroriste en Nouvelle-Zélande. Des chefs d'état du monde entier et les patrons des géants de l'internet veulent aller plus loin dans la lutte contre la haine en ligne. Il était temps. Il faut être beaucoup plus ferme avec les Facebook, Google et autres GAFA.

Il y a urgence car malheureusement il y a un phénomène d'imitation de reproduction très inquiétant. La haine génère la haine. Je vous rappelle que le terroriste qui a tué 51 personnes dans des mosquées en Nouvelle-Zélande il y a 2 mois a diffusé en direct sur Facebook ses agissements. Une vidéo vue 1 million de fois avant que le réseau social ne réagisse.

Le terroriste en question était un adepte du norvégien Breivik, responsable de 77 morts en Norvège. Combien d'apprenti terroriste va-t-il à son tour inspirer ? La voilà l'urgence !

Sarkozy, Hollande, Macron trop gentils avec Facebook ?

Donc c'est plutôt bien d'aborder le sujet aujourd'hui à l'Élysée. Car jusque là, on a plutôt senti une forme de réticence à réguler les réseaux sociaux et depuis trop longtemps. Attention, je ne vous parle pas là de restreindre la liberté d'expression, d'empêcher un blasphème du président, ou d'appels à occuper des ronds-points. Je vous parle bien de tout ce qui est pénalement répressible. De tout ce qui mène vraiment à la violence et au pire.

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Je trouve que les gouvernants sont bien trop mous avec les géants du web. Ils veulent discuter, tester, collaborer. Ils sont toujours très gentils avec des réseaux sociaux et autres Google qui s'affranchissent de beaucoup, beaucoup, de règles.

Mais pourquoi nos gouvernants sont-ils si arrangeants ? Ils ne veulent surtout pas apparaître comme anti-moderne, casser l'essor des nouvelles technologies. D'un mot : s'afficher contre le progrès. C'est pour ça que Mark Zuckerberg est reçu comme un chef d'État à l'Élysée. Nicolas SarkozyFrançois Hollande et encore Emmanuel Macron la semaine dernière l'ont tous "bien traité".

Mark Zuckerberg, un embobineur

C'est étonnant quand on connait les pratiques de Facebook mais aussi de Twitter, de YouTube, d'Amazon ou Apple. Tous ces monstres font tout pour avoir le moins de règles possibles. Mais c'est comme ça, le patron de Facebook exerce une étrange fascination chez nos présidents. Pourtant, Mark Zuckerberg a dit récemment qu'il voulait plus de régulation.

Mark Zuckerberg, c'est un embobineur. À chaque scandale dans des élections, à chaque scandale sur la vie privée ou après un tuerie. Le patron de Facebook présente ses excuses et promet de changer. Mai il n'y a que le rapport de force qui marche. L'Allemagne a mis en place un système très simple. Quand des contenus haineux ne sont pas retirés de Facebook ou Twitter dans un délai de 24 heures, ils peuvent se voir affliger des amendes allant jusqu'à 50 millions d'euros.

Il n'y a pas encore eu de condamnation mais les plateformes sont prévenues. En France, il est question de mettre en place la même chose avec une proposition de loi de la députée de la majorité Laetitia Avia. Elle connait malheureusement bien le sujet, elle subit harcèlement et haine sur internet. 

Il faut arrêter d'être naïf

Olivier Bost
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La semaine dernière, c'est aussi cette loi que Mark Zuckerberg est venu négocier à l'Élysée pour tenter de revoir ses ambitions. Il ne faut pas avoir peur de légiférer, de responsabiliser les réseaux sociaux. L'Allemagne l'a prouvé avec sa loi pour faire retirer les contenus haineux. La France a décidé de taxer leurs chiffres d'affaires sans attendre le reste de l'Europe. Et les 27 sont quand même parvenus à s'entendre sur les droits d'auteur. Tout ça c'est un début...

Il faut arrêter d'être naïf... Les géants du numérique revendent vos données privées sans gêne. Ils ne veulent porter aucune responsabilité civique, ce sont les champions de l'évasion fiscale et ils captent les clients et la valeur de pleins secteurs d'activités sans vergogne.
Franchement, on a déjà été largement assez coulant avec eux.

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Facebook, Twitter, YouTube... "Il ne faut pas avoir peur de les responsabiliser", selon Bost
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2019-05-15 07:43:00
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