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VIDÉO - Coronavirus, chômage partiel, dividendes... Ce qu'il faut retenir du Grand Jury de Pénicaud

INVITÉE RTL - La ministre du Travail a annoncé que le recours au dispositif du chômage partiel avait été demandé par 220.000 entreprises pour 2,2 millions de salariés au total.

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Le Grand Jury de Muriel Pénicaud Crédit Image : SILVERE GERARD/AGENCE1827/RTL | Crédit Média : RTL | Date :
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Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Le recours au dispositif du chômage partiel avait été demandé vendredi soir par 220.000 entreprises pour 2,2 millions de salariés au total, a annoncé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ce dimanche 29 mars, lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI.

"Les principaux domaines" concernés sont "l'industrie, l'hébergement et restauration, la construction et le commerce non alimentaire", comme "les garages, qui sont très touchés en ce moment", a précisé la ministre. 

"Le but du chômage partiel, qu'on utilise massivement, c'est d'éviter les licenciements. Mon premier objectif, c'est qu'on évite les licenciements", afin d'"éviter la casse sociale et aussi permettre aux entreprises, demain, de repartir avec leurs compétences", a-t-elle souligné. En parallèle, les embauches ont chuté "de 70%", "sauf dans certains secteurs qui sont la fabrication de masques, l'agriculture", a-t-elle noté.

Le temps de travail à 60h par semaine

"Hérésie", "esclavage moderne", "socialement régressif", "scandaleux"... La décision du gouvernement de relever dans certains secteurs la durée maximale du temps de travail à 60 heures hebdomadaires au lieu de 48, a reçu un feu nourri de critiques de syndicats et partis de l'opposition.

Parmi les 25 ordonnances adoptées pour faire face aux conséquences économiques et sociales, une passe mal : celle prévoyant une modification des dates de congés payés et des dérogations à la durée maximale de travail, au repos hebdomadaire et dominical. En particulier l'article 6 de cette ordonnance, sur le temps de travail.

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En réponse, Muriel Pénicaud explique que les "60 heures doivent être utilisées avec parcimonie". "Dans la grande majeure partie des cas, le sujet n'est pas de travailler plus. On ne peut pas attendre la même productivité (...) Quand on fabrique des respirateurs, c'est un peu technique. On ne peut pas faire appel à des intérimaires", explique-t-elle

Pas d'abrogation de l'assurance-chômage

Le gouvernement va-t-il revoir sa réforme sur les allocations et indemnités chômage ? Elle était initialement prévue en deux temps : une réforme date de début novembre et un deuxième volet était prévu au 1er avril

"La réforme qui devait arriver le 1er avril est repoussée au 1er septembre. Dans les ordonnances et les décrets que nous avons pris la semaine dernière, j'ai pris en compte toutes les personnes qui sont demandeurs d'emploi ou qui arriveraient au chômage et qui seraient en difficulté. Pour tous les demandeurs d'emploi indemnisés qui sont arrivés en fin de droits courant mars (...) on repoussera leurs droits d'autant. Et s'il le faut, on fera la même chose en mai", a indiqué la ministre du Travail.

Le gouvernement pense-t-il abroger cette réforme ? "On ne va pas abroger beaucoup de choses qui étaient très demandées dans la réforme. Les droits de démissionner pour créer son entreprise. Le fait qu'il y ait un filet de sécurité pour les indépendants", par exemple note la ministre. En ce qui concerne la dégressivité de l'allocation chômage, mesure contestée par les syndicats, Muriel Pénicaud répond qu'elle ne concerne "que les cadres et les 10% des salaires les plus élevés". 

Le Grand Jury de Muriel Pénicaud

13h - Merci à tous de nous avoir suivis. 

12h57 - C'est l'heure de "Questions nettes". Sur la page Facebook de RTL, Alexandra interpelle la ministre du Travail. "Imaginez-vous travailler 60 heures par semaine à l'usine ? Je vous défie de vous mettre en situation concrète", écrit-elle.

La ministre du Travail lui répond : "Je comprends son commentaire. Je connais bien le monde industriel, j'y ai travaillé pendant 20 ans (...) Ce n'est pas facile. Le 60 heures va concerner très peu de gens, pour très peu de temps".

Francis raconte travailler dans une entreprise qui fabrique des sachets en papier pour les vendre ensuite à des grainetiers. "Mon patron nous oblige à venir travailler pendant le confinement. Il me semblait que seules les entreprises 'indispensables' devaient continuer à produire. Vrai ou faux ?!", nous écrit-il sur Facebook

"Je voudrais savoir si le chef d'entreprise a réuni le CSE pour savoir quelle production il peut différer ou non et à quelles conditions de travail. On ne travaille pas à n'importe quelle condition", lui répond Muriel Pénicaud. 

Autre question de David sur Twitter : "En cas de contamination d’un de mes salarié au Covid-19 peut-il me poursuivre pour défaut de protection ? Et si oui pourrais-je retourner la plainte contre le gouvernement ?"

"J'espère que sa principale inquiétude concerne les salariés. Avant de faire du juridique, il faut faire de l'humain. Sur le plan juridique, le Code du travail est très clair : une entreprise ne peut pas être tenue responsable de quelqu'un de malade. Mais il est responsable d'avoir mis les moyens de protection en place. Il doit mettre en place les gestes barrières", explique Muriel Pénicaud. 

12h46 - Yves Veyrier, le secrétaire général de FO interpelle Muriel Pénicaud sur l'allongement du temps de travail. 

"Le dialogue social dans l'entreprise est essentiel (...) Le sujet est lié strictement à la crise sanitaire. Ces mesures exceptionnelles ne sont pas pérennes. J'espère bien que l'on n'ira pas jusqu'au 31 décembre. C'est pour les semaines qui viennent", répond Muriel Pénicaud

12h38 - Combien d'employés ont-il fait valoir leur droit de retrait ? "

"Ce n'est pas un chiffre que l'on peut recenser en temps réel. Le droit de retrait, c'est souvent utilisé comme un appel à l'aide. c'est comme cela que je l'entends (...) Mais c'est un droit individuel. Or notre réponse doit être collective", explique Muriel Pénicaud

12h35 - La CGT a défendu le préavis de grève déposé pour avril par une fédération CGT dans les services publics locaux. 

"Je comprends parfaitement le positionnement des syndicats sur le fait d'assurer la protection de ceux qui sont au front. On a tous le même combat, protéger les salariés. C'est ma priorité. En revanche, menacer de ne pas assurer les services publics, c'est rajouter de l’inquiétude à l'inquiétude. Je ne comprends pas que ll'unité nationale ne prévaut pas", répond Muriel Pénicaud. 

12h26 - "Aujourd'hui, le secteur de l'automobile est arrêté à 90%", explique Muriel Pénicaud. Là où je serais intransigeante : on ne transigera pas sur la santé des travailleurs"

12h21 - La réforme des retraites a été suspendue à cause de la crise du coronavirus. Ce sujet reviendra-t-il sur la table une fois la crise passée ? "Nous sommes concentrés sur une seule chose : sauver des vies (...) Quand il y a le feu dans la maison, vous ne vous demandez pas ce que vous allez faire dimanche prochain. On demande une solidarité, une discipline et un sang-froid. Le reste, on aura le temps d'en débattre", répond Muriel Pénicaud

12h15 - "Il faut que les entreprises aient le sens des responsabilités. Toutes les grandes entreprises qui font appel à l'aide de l'Etat pour assurer leur trésorerie (...) n'auront pas le droit de verser de dividendes", annonce Muriel Pénicaud

12h12 - "Quoi qu'il en coûte", pour reprendre l'expression employée par Emmanuel Macron, sauverez-vous les emplois ? 

"Oui, c'est ça", assure Muriel Pénicaud. "On est dans une crise inédite (...) Il faut d'abord sauver les vies et préserver nos emplois et nos compétences. C'est ce qui compte le plus", ajoute-t-elle

12h09 - Le chômage partiel a été demandé par 220.000 entreprises pour 2,2 millions de salariés, annonce Muriel Pénicaud

Plusieurs chefs d'entreprises m'ont appelé pour me dire qu'ils ne recouraient pas au chômage partiel pour soutenir l'Etat. "Ce n'est pas incivique d'avoir recours au chômage partiel, mais il ne faut pas que ça pénalise les entreprises", répond Muriel Pénicaud.

Quelles sanctions sont prévues pour les entreprises qui auraient abusé du chômage partiel ? "La loi le prévoit, il n'y a pas besoin de mettre en place de mesures supplémentaires. Les sanctions et les contrôles interviendront après. Ce n'est pas la question actuellement. Mon but est d'accepter les dossiers et après on va contrôler. J'en appelle au civisme", ajoute la ministre du Travail

12h05 - "Mon inquiétude concerne la chute des embauches, sauf pour certains secteurs. Elle est de 70%. Il faut préserver tous les emplois existants et permettre à la machine de repartir. Ma priorité : ne licenciez pas ! Utilisez le chômage partiel. Vous gardez votre contrat de travail", explique Muriel Pénicaud

La ministre du Travail estime que "toutes démarches de licenciements dues à la crise, ce n'est pas la bonne démarche. On se donne les moyens de préserver les emplois. On a mis en place un dispositif le plus protecteur d'Europe (...) Surtout ne licenciez pas"

Faut-il aller jusqu'à contraindre les entreprises à ne pas licencier ? "Ce n'est pas le meilleur outil (...) Là, on rembourse les salaires, il n'y a plus de raison de le faire. Le mot d'ordre est : ne licenciez pas. Notre objectif est qu'il n'y est pas de licenciement du à la crise. On sauvera tous les emplois"

12h02 - Patrick Devedjian, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, est décédé du coronavirus à 75 ans. "Il a eu un grand rôle dans notre vie politique. On a plus que jamais besoin les uns des autres, d'être solidaires", réagit-elle

12h - L'émission commence. Suivez-nous sur RTL et en vidéo sur RTL.fr

11h42 - Muriel Pénicaud est l'invitée du Grand Jury ce dimanche. Posez vos questions à la ministre du Travail dans les commentaires de cet article, elle y répondra en direct pendant l'émission. 

11h30 - Bonjour et bienvenue dans ce live !

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