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Coronavirus : les 7 moments forts qui ont marqué la première année de Véran à la Santé

DÉCRYPTAGE - Nommé ministre de la Santé pour remplacer Agnès Buzyn il y a un an, Olivier Véran s'est imposé comme le visage de la lutte contre le coronavirus à un poste sous haute pression.

Olivier Véran, nommé ministre de la Santé le 16 février 2020
Olivier Véran, nommé ministre de la Santé le 16 février 2020 Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un ministre de crise. Il y a un an jour pour jour, les Français découvraient Olivier Véran qui succédait à Agnès Buzyn au ministère de la Santé. Un tremplin politique majeur pour celui qui était jusqu'alors député LaREM de l'Isère, avec à la clé un défi à la hauteur de la pandémie. 

Olivier Véran a dû rapidement s'installer dans son nouveau rôle de locataire du ministère de l'avenue Duquesne, avec comme délicate mission de s'imposer sur le plan politique et incarner la lutte de l'exécutif contre la pandémie de coronavirus. Le neurologue s'est rapidement inscrit dans la lignée de celui qui pilotait le gouvernement à l'époque, Édouard Philippe. Il a ainsi misé sur la pédagogie et accentué sa présence médiatique. 

Une façon pour lui de prendre ses marques politiquement, tout en mettant en avant son côté technicien. "C'était un peu le mouton à cinq pattes : il était opérationnel très tôt, fin politique, dans le dépassement prôné par Emmanuel Macron car social-démocrate", explique une figure de la majorité à l'AFP. Depuis, Olivier Véran a slalomé entre les polémiques sur les masques, les tests et les vaccins, mettant en place le confinement, le déconfinement et enfin le couvre-feu.

1. Le schéma de l'évolution d'une épidémie

Une feuille, un stylo et un schéma. Le 9 mars 2020 sur BFMTV, Olivier Véran choisit de revêtir sa blouse blanche de médecin, plutôt que la cravate de ministre. Estimant qu'"une image vaut mille mots", le neurologue va schématiser l'évolution d'une épidémie, de sa naissance, à sa propagation. 

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"Pic épidémique", "niveau d'acceptabilité", "saturation des hôpitaux", "freinage"... Le ministre de la Santé pose ainsi les bases des notions qui deviendront ensuite le quotidien des Français et le cœur de la politique du gouvernement. Un baptême du feu médiatique réussi pour le ministre de la Santé qui avait pris ses interlocuteurs de cours, avec seulement un stylo et une feuille de papier. 

Olivier Véran résumait lui-même la situation lors de sa prise de fonction : "La classe politique n'est pas aimée ; quand je porte ma blouse blanche, j'ai une cote de confiance de 84%, quand je mets l'écharpe tricolore, ça tombe à 6% ! Il faut renouveler la vie politique et être plus proche des gens".

2. Un bras de fer engagé avec Didier Raoult

Depuis le début de la crise sanitaire, Olivier Véran n'a pas hésité à afficher une opposition frontale au professeur Didier Raoult, qui défendait le recours à l'hydroxychloroquine pour vaincre le coronavirus. "Je peux avoir des désaccords profonds avec lui et je lui dis (...) Malgré les qualités évoquées, le professeur Raoult a aussi dit des trucs qui étaient faux et ont parfois pu semer le doute. Je lui dis : 'Attention'", expliquait-il en septembre 2020.

Même s'il reconnaît certaines qualités à Didier Raoult, le ministre de la Santé a aussi insisté sur le fait qu'il ne le laisserait "pas salir la science par tel ou tel au prétexte que l'on veut faire valoir ses arguments".

3. "Les cas contacts des cas contacts ne sont pas cas contacts"

En pleine mise en place des tests pour détecter le coronavirus, Olivier Véran a déclaré que "les cas contacts des cas contacts ne sont pas cas contacts". Une phrase qui a résonné pendant plusieurs jours sur les réseaux sociaux. Par ces mots, le ministre de la Santé a résumé la stratégie de la campagne de dépistage. 

"Il ne sert à rien de se faire tester trop souvent. Le test n'est pas un geste barrière, il doit être fait si vous avez un doute ou si vous êtes un cas contact avéré, donc contacté par l'ARS ou la personne concernée", ajoutait le ministre de la Santé. L'objectif, selon lui, était d'"assurer la priorité aux personnes prioritaires".

4. "C'est ça la réalité (...) si vous ne voulez pas l'entendre sortez d'ici !"

"Je me suis emporté, cela arrive". En novembre dernier à l'Assemblée nationale, Olivier Véran a réglé ses comptes avec les députés Les Républicains. Ces derniers venaient de voter un amendement visant à limiter l'état d'urgence sanitaire au mois de décembre et non février, comme initialement prévu. 

Pour illustrer ses propos, Olivier Véran était revenu sur sa visite à l'hôpital de Corbeil-Essonnes, quelques heures auparavant. "Je suis rentré dans deux chambres dans ce service de réanimation. Dans la première chambre, il y avait un jeune homme de 28 ans dans le coma. Dans la deuxième chambre il y avait un homme en surpoids âgé de 35 ans, racontait-il. C'est ça la réalité mesdames et messieurs les députés, si vous ne voulez pas l'entendre sortez d'ici !".

A bout de voix, le neurologue a poursuivi sous les huées des députés de l'opposition et les applaudissements de la majorité : "C'est ça la réalité dans nos hôpitaux, vous êtes en train de débattre de sujets alors que nos soignants se battent pour sauver des vies de cette manière-là dans nos hôpitaux". Après cet épisode mouvementé au sein de l'hémicycle, Olivier Véran a reconnu "s'être emporté". "Je n'ai jamais eu la volonté de demander à la représentation nationale de sortir de l'hémicycle, mais je m'adressais plutôt à cette personne", expliquait-il.

5. Le "Ségur de la santé"

Afin d'éviter un engorgement des hôpitaux et une saturation des services, Olivier Véran a gardé à l'esprit de communiquer sur la réalité des services de réanimation. Lors d'une conférence de presse tenue le 5 novembre dernier, le ministre de la Santé avait insisté sur le fait que "la réanimation, c'est tout sauf un acte anodin". "La réanimation, quand on y entre, on n'est pas sûr de pouvoir en sortir, a déclaré le ministre de la Santé. Dans certains cas, on décède. Dans d'autres cas, heureusement on ne décède pas mais on peut ressortir avec des séquelles. Je ne dis pas cela pour faire peur, mais parce que c'est la réalité", avait-il déclaré.

Ces déclarations n'ont cependant pas suffit à résoudre le problème systémique du manque de moyens à l'hôpital. Restés en marge du "Ségur de la santé", les médecins et pharmaciens des hôpitaux privés non lucratifs, rejoints par les praticiens des Ehpad associatifs, ont de nouveau réclamé des hausses de salaire, qu'ils évaluent à 100 millions d'euros par an. 

Olivier Véran avait annoncé un accord avec trois syndicats hospitaliers pour étendre l'augmentation de 183 euros net par mois à compter du 1er juin à 18.500 agents restés en marge du "Ségur de la santé". L'objectif affiché est de "préserver la stabilité des ressources humaines", en généralisant le "complément de traitement indiciaire" versé depuis septembre 2020 à la quasi-totalité des agents hospitaliers. 

6. "Il est possible qu'on ne soit jamais reconfiné"

Cette phrase est venue enterrer la fin d'une polémique concernant la volonté du président de la République de ne pas reconfiner le pays. Pourtant, Olivier Véran militait pour un troisième confinement afin d'enrayer la propagation des variants sur le territoire. 

Quelques jours avant la décision d'Emmanuel Macron, le ministre de la Santé évoquait en conférence de presse ses inquiétudes sur les variants, "des nouveaux virus, appelant de nouvelles mesures pour nous protéger". Mais depuis, le ministre de la Santé a indiqué que "chaque semaine que nous gagnons sur un confinement, c'est une semaine de libertés supplémentaires pour les Français". 

7. Vacciné devant les caméras

En décembre dernier, Olivier Véran était pourtant réticent à l'idée de se faire vacciner devant les caméras. Sur France 2, le ministre de la Santé déclarait : "Si je me faisais vacciner devant les caméras, les plus réfractaires d'entre nous diraient que ce n'est pas le vaccin qu'on m'a inoculé. D'autres diraient que j'ai pris la place d'une personne fragile". 

Le ministre de la Santé est revenu depuis sur cette affirmation, puisque le 8 février dernier, il s'est fait vacciner devant les caméras et a reçu une premier dose du vaccin AstraZeneca. Ce dernier doit servir notamment à vacciner la totalité des soignants, y compris ceux âgés de moins de 50 ans. C'est donc à ce titre qu'Olivier Véran, neurologue de formation, a pu se faire vacciner. 

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