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Coronavirus : le risque d'un couvre-feu qui ne serait pas respecté

ÉDITO - Pour Olivier Bost, il y aurait pire qu'un couvre feu : ce serait un couvre-feu non respecté. L'autorité de l'État est donc encore mise à l'épreuve.

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Il y a pire qu'un couvre-feu local… Il y a le couvre-feu local pas respecté Crédit Image : AFP PHOTO / DAMIEN MEYER | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Coline Daclin

Emmanuel Macron pourrait annoncer ce mercredi 14 octobre au soir le principe d’un couvre-feu dans les zones où la situation est la plus critique. Mais le risque, c'est aussi qu'il ne soit pas respecté s'il est mis en place. L’autorité de l’État serait encore défiée et abîmée.

C’est tout l’enjeu de cette intervention d’Emmanuel Macron : que les décisions soient acceptées et respectées. Le couvre-feu, tel qu’il est évoqué au sein du gouvernement, doit empêcher les soirées entre amis trop nombreux, les fêtes où l’on danse et où l’on boit, les réunions de famille trop larges… Cela vise en particulier les jeunes dans les villes.

Le principe est de limiter les déplacements au strict nécessaire passé une certaine heure. Une heure d’ailleurs difficile à établir : faut-il que ce soit 20 heures, 22 heures, 23 heures ? Comme depuis le début de cette crise sanitaire, les interdictions valent autant par leur portée pratique que par les effets psychologiques qu’elles provoquent. Un couvre-feu, le mot est très fort, nous ramène à une situation de guerre.

Peur du virus, ou peur du gendarme

Le respect de la mesure est donc un gros point d’interrogation, qui inquiète au gouvernement. À tel point que le ministre de la Santé, Olivier Véran, en appelle à son collègue de l’Intérieur, Gérald Darmanin. "Il faut montrer les services de police dans la rue", dit-il, mais aussi "faire appel à la réserve civique, remettre des agents RATP et SNCF dans les gares".

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Une interdiction est respectée si les gens ont peur pour eux, ou s‘ils ont peur du gendarme. Ce que voudrait Olivier Véran, c’est que l’autorité de l’État soit visible. Sinon cela ne fonctionnera pas.

Dans les faits, il y a en effet aujourd'hui très peu de contrôle. À Paris par exemple, à peine une centaine de verbalisations ont été dressées dans des lieux qui ne respectent pas les dernières consignes. À Marseille, il n’y a quasiment aucun contrôle : chacun fait ce qu’il lui plait. Quand une fête est organisée avec 50 personnes dans un appartement, la police ne vient pas, ne serait-ce que pour le tapage nocturne.

Le couvre-feu, il faut bien le comprendre, c’est le dernier stade pour faire face à l’épidémie. Il n’y aura plus jamais de confinement comme au printemps dernier. Un couvre-feu, cela reste une moitié de confinement. L’enjeu sera d’obtenir un consentement large à cette contrainte, à une privation de libertés dans les villes concernées.

C’est un élément qui pèse sur la décision que doit prendre Emmanuel Macron. Si une restriction sanitaire est bafouée, toutes les autres le seront. À la fin des fins, c’est bien l’autorité de l’État qui, une nouvelle fois, est mise à l’épreuve dans ce quinquennat.

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