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Coronavirus et port du masque : pourquoi le gouvernement ne l’impose-t-il pas ?

En pleine reprise du Covid-19, le gouvernement se refuse à imposer le port du masque dans les transports et lieux clos, multipliant les appels à la responsabilité collective. Que cache cette réticence ?

Des Parisiens masqués, dans le métro (illustration)
Des Parisiens masqués, dans le métro (illustration)
Crédit : Philippe LOPEZ / AFP
Joanna Wadel

Face à une nouvelle flambée de cas de Covid-19, au retour de la grippe et à l'épidémie de bronchiolite qui sévit depuis plusieurs semaines, la question du port du masque revient sur le devant de la scène. Ce mardi 6 décembre, douze associations de malades s'exprimaient dans une tribune relayée par Le Parisien, demandant le retour du masque obligatoire, "dans les espaces de grande proximité".  

Pourtant, alors que les indicateurs ont au rouge, l'exécutif ne semble pas décidé à imposer de nouveau le masque dans les espaces clos. Le gouvernement privilégie l'appel à la responsabilité et à la prudence. Interrogée à ce sujet au micro de RTL, Élisabeth Borne, dit en effet s'en remettre à "la responsabilité de chacun". La Première ministre préfère miser sur la vaccination, encore bien insuffisante en France, souligne-t-elle, plutôt que sur "des interdictions systématiques". 

Même discours pour le ministre des Transports, Clément Beaune, qui déclarait la veille sur RTL : "Je crois à cette responsabilité [des usagers]", expliquant "faire confiance" aux Français pour appliquer les messages de prévention, renforcés à sa demande par "les opérateurs de transport" à l'approche des fêtes. 

À écouter

Clément Beaune est l'invité de Amandine Bégot
00:08:56

Une "question politique", estime la présidente du Covars

Si les scientifiques recommandent eux-aussi de porter le masque dans les lieux clos et fréquentés, certains prennent leurs distances quant aux justifications avancées par le gouvernement pour retarder le retour au port du masque obligatoire. Pour Brigitte Autran, présidente du nouveau Conseil scientifique (Covars), l'obligation est avant tout "une question politique", expliquait-elle sur RTL, lundi 5 décembre. 

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"Le port généralisé du masque permet de réduire jusqu'à 20 % la transmission des virus pendant les épidémies, donc c'est un point extrêmement important", avait néanmoins rappelé le médecin. Le 4 décembre, l'ancienne praticienne de la Pitié-Salpêtrière avait elle aussi insisté dans les pages du JDD sur l'importance de la vaccination, bien trop négligée.

À écouter

Brigitte Autran est l'invitée de Julien Sellier
00:09:55

Privé de leviers, l'exécutif en suspens

L'argument de la responsabilité collective pourrait en effet permettre au gouvernement d'éviter quelques impasses. Comme le soulignent nos confrères de France info et de La Dépêche, l'état d'urgence sanitaire a pris fin cet été, ce qui complique désormais la mise en application de mesures restrictives telles que la fermeture des commerces, le couvre-feu et donc le port obligatoire du masque. L'absence de majorité absolue dans l'hémicycle change également la donne, puisque pour imposer de nouvelles restrictions, le gouvernement serait contraint de faire passer une loi. Un levier impossible à actionner dans l'immédiat.

Reste la solution du décret, qui permet de contourner le Parlement et peut être instauré par le Premier ministre. Cette solution d'urgence comporte néanmoins une faille majeure : le texte peut toujours être annulé par le Conseil d'État. Pour l'heure, seul le contexte sanitaire pourrait justifier un retour aux mesures restrictives, comme l'a laissé entendre François Braun. 

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