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Coronavirus : alerter sans faire paniquer, l'équation à plusieurs inconnues de Macron

DÉCRYPTAGE - Emmanuel Macron veut reprendre la main sur la gestion de la crise sanitaire, à travers une interview à la télévision, le 14 octobre. Son entourage assure que "des annonces et un cap" devraient être fixés par le président.

Emmanuel Macron, le 7 octobre 2020
Emmanuel Macron, le 7 octobre 2020 Crédit : Daniel Cole / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Créer un sursaut sans basculer dans la peur. C'est là tout l'enjeu pour Emmanuel Macron. Le président de la République reprend la parole pour la première fois depuis le 14 juillet lors d'une interview diffusée à la télévision à 19h55, le 14 octobre. 

Alors que la crise sanitaire s'aggrave dans le pays, Emmanuel Macron a décidé de monter au créneau. Un changement de stratégie notable puisque depuis la prise de fonction de Jean Castex à Matignon, c'est le Premier ministre et le ministre de la Santé Olivier Véran qui annonçaient les derniers ajustements. 

Pourquoi reprendre la parole ? Le taux d'incidence, c'est-à-dire le nombre de cas positifs pour 100.000 habitants, grimpe en particulier chez les 20-30 ans. Il monte aussi dans toutes les tranches d'âge et dans de nombreuses métropoles. Selon l'entourage d'Emmanuel Macron, cité par l'AFP, le président s'exprimera en raison de la "gravité" de la situation.

De la "guerre" aux "jours heureux"

Reconfinement local, couvre-feu... Toutes les options sont sur la table font savoir les ministres. "Rien n'est à exclure puisque le virus évolue", a indiqué la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa. Sur le fond, comme sur la forme, Emmanuel Macron joue gros. 

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Chacune de ses allocutions télévisées depuis le 16 mars avaient atteint des records d'audience, allant jusqu'à 36,7 millions de téléspectateurs. Elles avaient ainsi été de forts marqueurs de la crise avec le confinement, la fermeture des écoles, collèges et lycées et aussi le basculement dans le déconfinement. Le président de la République avait notamment marqué les esprits en répétant avec solennité : "Nous sommes en guerre". Le coronavirus était "l'ennemi invisible", dénoncé par le président. Un ton martial et un champ lexical guerrier.

Après trois mois de confinement et des pertes économiques abyssales, le chef de l'État avait décidé de changer de stratégie, afin d'impulser un nouvel élan politique mais aussi économique. Le temps de la relance. C'est alors que l'espoir était devenu le fil rouge de son discours, en avril dernier, qu'il avait conclut par ces mots : "Le retour des jours heureux"

Castex au front, Macron à la supervision

Mais la crise sanitaire ayant redoublé de force, le président de la République a peu à peu ajusté son discours. C'est alors que "vivre avec le virus" est devenu le crédo de l'exécutif. Le président de la République appelait ainsi les Français à la responsabilité tout en relançant l'économie. 

Souhaitant alors se "réinventer", Emmanuel Macron avait laissé la direction des opérations à Jean Castex. Une prise de recul voulue par le président de la République qui s'est alors recentré sur la politique internationale, la politique sociale et les annonces sur le séparatisme. Force est de constater que le style Castex ne prend pas. Selon un sondage datant du 8 octobre, la cote de confiance du Premier ministre a perdu quatre points et atteint 28%. Il s'agit de la seconde baisse consécutive pour le chef du gouvernement. 

Le premier ministre prépare le terrain, prépare les esprits, à un tour de vis du président

Un conseiller de l'exécutif dans "Le Parisien"
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"Si Macron parle, il redescend dans l'arène. Or il a pris Castex justement pour faire tourner la boutique", analyse un conseiller ministériel dans Le Parisien. Le président de la République redescend donc dans l'arène. "On monte d'un cran, on monte en solennité. Le Premier ministre prépare le terrain, prépare les esprits, à un tour de vis du président", avance un conseiller. Quelques jours avant Emmanuel Macron, le chef du gouvernement avait constaté que "les Français ont considéré un peu trop vite, malgré les discours que nous tenions, que ce virus avait disparu". "Des annonces et un cap" devraient être annoncés par Emmanuel Macron.

Le Haut-Commissaire au Plan, François Bayrou, a livré son analyse de la situation en petit comité, comme le rapporte Le Parisien : "Le président a probablement constaté que les expressions publiques n'avaient pas atteint, jusqu'à maintenant, l'opinion publique en profondeur. Or la gravité de la situation est croissante".

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