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Macron, Castex, Schiappa : que pensent-ils de l'allongement du délai pour recourir à l'IVG ?

ÉCLAIRAGE - L'allongement du délai légal d'accès à l'IVG a déclenché de vives tensions entre les députés LaREM et le gouvernement. Emmanuel Macron aurait confié en privé être contre l'amendement voté à l'Assemblée.

Emmanuel Macron à Bruxelles le 1er octobre 2020
Emmanuel Macron à Bruxelles le 1er octobre 2020 Crédit : Olivier HOSLET / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Les 15 jours qui sèment la zizanie. L'ancienne députée LaREM passée dans le groupe Écologie Démocratie Solidarité, Albane Gaillot porte le texte qui propose d'allonger de 12 à 14 semaines de grossesse le délai légal pour recourir à l'IVG. Un amendement qui a été adopté par la majorité, par 102 voix contre 65 ce jeudi 8 octobre. Les députés La République En Marche ont donné un premier feu vert en commission et le patron du groupe Christophe Castaner votera pour.

"Ce n'est pas le texte d'un parti mais pour les droits des femmes", qui fait "consensus", plaidait Albane Gaillot. Consensus sur les bancs de l'Assemblée et au-delà ? La ligne adoptée par LaREM n'est pas celle de l'exécutif, mis au pied du mur par sa propre majorité.

En privé, la majorité présidentielle agace au plus haut sommet de l'État. Emmanuel Macron "n'est pas très chaud pour rouvrir ce genre de débat maintenant, ce n'est pas l'urgence", rapport un ministre bien informé dans les colonnes du Parisien. Quant à Jean Castex, le premier ministre consulte et tangue entre "des arguments pour et des arguments contre". 

Olivier Véran mise sur la prudence

Un couple exécutif qui freine des quatre fers, une majorité à l'Assemblée en quête d'émancipation... et Olivier Véran entre les deux. Sans se prononcer contre l'amendement, le ministre de la Santé a fait part de ses réserves. "C'est un thème sensible", a-t-il déclaré. Le neurologue a rappelé qu'il était essentiel d'attendre l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE). La saisine du comité d'éthique est perçue comme "une façon de mettre entre parenthèses ce débat là", a regretté la députée Cécile Muschotti, cheffe de file LaREM sur ce texte. 

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Un sujet hautement inflammable qui place le reste du gouvernement dans une situation délicate. L'ancienne secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa est opposée à cet amendement. Sur CNews, elle interroge : "Pourquoi on en arrive dans la situation où des femmes sont à quatorze semaines de grossesse et veulent avoir recours à l'IVG ? Ce n'est pas parce qu'elles ont attendu quatorze semaines. Dans l'immense majorité des cas, c'est parce que quand elles se sont aperçues qu'elles étaient enceintes et qu'elles n'ont pas trouvé de rendez-vous dans l'immédiat".

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a refusé quant à lui de formuler un avis sur l'allongement ou non du délai pour recourir à l'IVG. "Une question de vie ou de mort, c'est bien de ça dont il s'agit. Je ne peux pas répondre sur un sujet dont je n'ai pas eu l'occasion de travailler".

La ministre déléguée à l'Égalité entre les femmes et les hommes Élisabeth Moreno reste discrète sur le dossier. À titre personnel, elle est favorable à l'amendement voté sur l'allongement du délai pour avoir à l'IVG, nous indique son entourage qui se garde de commenter les différentes opinions au sein du gouvernement. 

Un "vote individuel", selon Bergé

La stratégie du "et en même temps" ne s'applique pas à ce sujet de société, selon la majorité. Au micro de RTL, la députée Aurore Bergé explique : "On nous a souvent dit que l'on était soit des frondeurs, soit des godillots. Sur ce sujet-là, on ne raisonne pas dans ces termes. Le vote est individuel parce qu'il convoque notre conscience et notre parcours de vie", 

Au sein de l'hémicycle, la députée des Yvelines a répondu aux arguments du gouvernement. "Nous sommes dans cet hémicycle, un certain nombre de femmes à avoir eu recours à l'avortement. Nous n'attendons ni compassion, ni commisération, ni en fait rien, nous attendons que les femmes puissent vivre leur accès à l'avortement sans entrave".

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