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2022 : Bertrand veut prendre de la hauteur... pour mieux aiguiser sa stratégie

DÉCRYPTAGE - Le président de la région Hauts-de-France invite le gouvernement et les élus à travailler "ensemble" et à reporter les critiques à "plus tard". Un changement de stratégie pour celui qui fustigeait encore il y a quelques semaines Emmanuel Macron.

Xavier Bertrand, le 28 septembre 2020
Xavier Bertrand, le 28 septembre 2020
Crédit : Alain JOCARD / AFP
Marie-Pierre Haddad

Après avoir pilonné le gouvernement sur la campagne vaccinale et dénoncé "une faute gravissime", Xavier Bertrand amorce une nouvelle stratégie. Invité à l'antenne de RTL ce lundi 25 janvier, le président de la région Hauts-de-France a appelé à "faire bloc ensemble". 

Celui à qui l'on prête une ambition présidentielle pour 2022 estime que "le gouvernement et les élus doivent arrêter de se regarder en chiens de faïence". Quant aux débats sur la responsabilité de l'exécutif dans le déroulement de la campagne vaccinale contre le coronavirus, "il faut que l'on arrête cela", explique Xavier Bertrand qui milite pour "l'intérêt national".

Le temps des reproches semble donc être un lointain souvenir pour l'ancien membre des Républicains. Comment expliquer ce changement radical ? Le principal concerné estime même que ces critiques ont poussé "le gouvernement à changer d'attitude". "Ce qui n'était pas possible avant ces remarques est devenu possible ensuite", souligne-t-il.

S'imposer en candidat naturel des Républicains

Xavier Bertrand cherche donc à prendre de la hauteur pour peaufiner son image de présidentiable auprès des Français et surtout auprès des Républicains. Le parti présidé par Christian Jacob a repoussé après les régionales la question de la désignation de son candidat pour l'élection présidentielle de 2022. Deux hypothèses sont à l'étude : un candidat s'impose "naturellement" après le scrutin et si "aucun candidat" ne se détache de ses adversaires, un système de départage sera proposé aux militants.

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Si le président de la région Hauts-de-France veut gagner cette première bataille, il doit donc devenir un candidat naturel pour la droite qui se rangera derrière lui le moment venu. La partie est encore loin d'être gagnée pour Xavier Bertrand. 

Lors d'un bureau politique chez LR en décembre dernier, la députée des Alpes-Maritimes et proche de Jean-François Copé Michèle Tabarot était sceptique sur la candidature de Xavier Bertrand sous les couleurs de la droite. "Il a fait des sorties assez raides vis-à-vis de sa famille, et revenir comme le sauveur c'est assez mal venu", expliquait-elle au Parisien. Un ancien ministre a enfoncé le clou : "Il ne convainc pas grand monde, et il y a beaucoup de gens qui le détestent".

Les conseils de Nicolas Sarkozy

Comment inverser la vapeur ? C'est là que le parrain de la droite, Nicolas Sarkozy, entre en scène. Selon les informations du Journal du Dimanche, Xavier Bertrand et l'ancien président de la République se sont entretenus. 

Nicolas Sarkozy aurait ainsi conseillé à son ancien ministre d'atteindre les 18% dans les sondages. "Si en septembre, tu es à 18% (d'intensions de vote à la présidentielle, ndlr), tu auras plié le match. Sinon, ce sera compliqué", a analysé l'ancien président.

Selon un sondage Harris Interactive, si le premier tour de l'élection présidentielle avait eu lieu dimanche 24 janvier, l'ancien membre des Républicains recueillerait 16% des intentions de votes exprimées et Valérie Pécresse 14%, quelle que soit la personnalité soutenue par le Parti socialiste qui leur serait opposée. À quinze mois de l'échéance présidentielle, rien n'est figé. 

Face à Emmanuel Macron "d'ici quelques mois" ?

Xavier Bertrand trace sa route vers 2022 et ne perd pas de vue son principal adversaire, Emmanuel Macron. Son rôle d'opposant politique n'est pas bien loin. Le président de la région Hauts-de-France laisse entendre qu'il demandera des comptes au président et à l'État "plus tard". Même s'il a levé le pied sur les critiques, il n'oublie pas de nommer son adversaire. Concernant la phrase du président de la République sur les "66 millions de procureurs", Xavier Bertrand corrige les déclarations du chef de l'État et assure qu'il "y reviendra plus tard, d'ici quelques mois".

"Les Français sont des victimes, plutôt que des procureurs. Les Français sont victimes de la Covid, ceux qui ont perdu des proches, ceux qui ont été malades, ceux qui ont été victimes de l'isolement, nos aînés, les jeunes, les étudiants et pas seulement, ceux qui ont peur pour leur avenir, a-t-il égrainé sur RTL. Ce sont des victimes aujourd'hui".

Xavier Bertrand reproche à Emmanuel Macron d'être déconnecté des citoyens. "Je pense qu'il y a une forme d'incompréhension du président de la République vis-à-vis des Français et aujourd'hui des Français vis-à-vis du président de la République". Le dialogue est brouillé, selon lui. Reste à savoir si d'ici septembre, Xavier Bertrand entretiendra un dialogue plus clair.

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