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Une prof entre la vie et la mort, un collégien de 14 ans en garde à vue, des "tensions" récentes... Ce que l'on sait de l'enseignante poignardée en plein cours à Sanary-sur-Mer

Une enseignante d'arts plastiques a été gravement blessée à l'arme blanche par un élève dans un collège de Sanary-sur-Mer, dans le Var, mardi 3 février. L'adolescent de 14 ans a été interpellé et placé en garde à vue pour tentative d'assassinat.

Le collège La Guicharde à Sanary-sur-Mer (Var), le 3 février 2025, après qu'une enseignante ait été poignardée par un élève.

Crédit : Miguel MEDINA / AFP

Marine Langlois & AFP

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Un nouveau drame pour l'Éducation national. Une enseignante d'un collège de Sanary-sur-Mer, dans le Var, a été poignardée par un élève de troisième ce mardi 3 février. 

Le pronostic vital de cette professeure d'arts plastiques, âgée de 60 ans, est engagé, elle a été transportée dans un hôpital de Toulon après avoir été touchée à plusieurs reprises par l'arme blanche. Le suspect a quant à lui été interpellé et placé en garde à vue pour tentative d'assassinat. 

Le ministre de l'Éducation a fait par de son choc, indiquant se rendre sur place. Le ministre de l'Intérieur a également indiqué suivre la situation de près, tout comme Emmanuel Macron, d'après son entourage. 

Le pronostic vital de l'enseignante engagé après "3 à 4 coups de couteau"

Les faits se sont déroulés peu après 14 heures ce mardi dans le collège La Guicharde, à Sanary-sur-Mer, à l'ouest de Toulon. Dans une classe où se trouvent 22 enfants, le suspect, dans des circonstances qui sont en train d'être vérifiées, donne "entre 3 ou 4 coups de couteau" à l'enseignante d'arts plastiques. 

"Elle est blessée au torse à 3 reprises", explique Raphaël Balland, procureur de la République de Toulon, dans un point presse vers 16h30 ce mardi. Plus tard dans la soirée, un communiqué du parquet a également mentionné que l'enseignante a été touchée une fois à l'avant-bras et que l'arme est un "couteau de type opinel". 

La victime, âgée de 60 ans, a été prise en charge avec un pronostic vital engagé et transportée dans un hôpital de Toulon. Le préfet du Var a indiqué qu'elle était "en cours d'opération chirurgicale" à l'hôpital Sainte-Anne. 

"Des tensions" entre l'élève et la professeure ces derniers temps

L'élève s'est ensuite enfui de la classe avant d'être "appréhendé par un personnel de l'éducation nationale dans la cours" et "se laisse faire sans difficulté". "Les policiers arrivent, la police municipale puis la police nationale, et il est appréhendé. Pendant ce temps les secours arrivent pour s'occuper de la professeure", ajoute le procureur de la république de Toulon. 

Le suspect est un élève de troisième né en mars 2010, qui a donc 14 ans actuellement. Il a été interpellé et placé en garde à vue du chef de tentative d'assassinat, pour vérifier s'il n'y avait pas de préméditation dans son acte. 

"Pour le moment, il n'y a aucune connotation, ni religieuse ni politique, qui apparait. On sait seulement qu'il y avait eu des tensions avec cette professeure ces derniers temps. Et qu'il lui en voulait, a priori, d'avoir fait des rapports à son encontre. Tout cela, c'est des apriori que nous devons vérifier", a indiqué le procureur de la république de Toulon dans son point presse. 

Un signalement déjà effectué envers les parents du collégien

L'adolescent n'était pas connu au pénal mais avant "visiblement des problématiques familiales". Il était suivi par un juge des enfants en assistance éducative. Au micro de BFMTV, Tatiana Kolodziej, professeure d'EPS au collège, a indiqué que l'élève n'était pas violent mais "perturbateur" et "pénible".

Dans un communiqué mardi soir, le parquet mentionne qu'un "signalement avait été effectué en mars 2025 par le même collège à la suite de suspicions de violences commises par les parents au préjudice de la jeune sœur du mis en cause". Néanmoins, l'enquête n'avait pas permis de prouver des violences envers les enfants. 

"Le parquet de Toulon avait donc décidé de classer sans suite l'enquête pénale en juin 2025, tout en saisissant le juge des enfants en assistance éducative", précise-t-il.

Les cours pas assurés mercredi mais une cellule psychologique ouverte

Le préfet du Var et la secrétaire générale de la DSDEN (Direction des services départementaux de la direction de l'Éducation nationale) du Var ont tous les deux mentionné un collège paisible, dans un quartier tranquille. L'établissement est réputé pour “sa quiétude” et son “climat scolaire apaisé”. Il n'y a pas de détecteur de métaux à ses entrées. 

Le préfet précise que les "enfants ont été dans un premier temps confinés, puis regroupés dans la cour de récréation et ensuite, il a été procédé à leur évacuation par niveau scolaire à partir de 15h30" après les faits. 


Les cours ne seront pas assurés mercredi mais un accueil sera organisé pour les élèves souvent s'y rendre, pour être avec leurs camarades ou se rendre à la cellule psychologique qui vient tout juste d'être mise en place. 

Le ministre de l'Éducation nationale se rend sur place

Plusieurs politiques n'ont pas tardé à réagir à ce nouveau drame. "Une professeure a été victime d’une agression au couteau dans un collège de Sanary-sur-Mer. Mes pensées vont immédiatement à la victime, à sa famille et à l'ensemble de la communauté éducative, dont je partage le vif émoi", a indiqué Édouard Geffray, le ministre de l'Éducation nationale, sur X. Il va se rendre sur place. 


"Le président de la République est tenu informé de l'état de santé de l'enseignante et de l'évolution de la situation", a dit son entourage à l'AFP alors que Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a assuré sur X partager "l’effroi de la communauté éducative, de la famille, des élèves". 

"Toutes mes pensées vont vers elle, sa famille et le communauté éducative dans son ensemble", a déclaré de son côté Manuel Bompart, député LFI de Marseille, alors que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a partagé son "horreur face au drame", assurant que "l'école est un sanctuaire à préserver". 

La communauté éducative "sous le choc"

"On est sous le choc, encore un drame qui vient frapper une enseignante et la communauté éducative. On s'interroge sur cette violence, on se dit quand est-ce que ça va s'arrêter. Tant que l'on ne fait pas une vraie prévention ça peut toujours arriver", a réagi auprès de l'AFP Emilie Vandepoel, secrétaire départementale SE-Unsa du Var. 

"On a quand même plus d'agressions ultraviolentes ces dernières années" et le "fait nouveau", c'est qu'elles ont "lieu devant ou à l'intérieur de l'établissement, jusque dans la salle de classe", observe de son côté Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (Snalc). Et "ce n'est pas parce qu'on met en place une fouille aléatoire ponctuelle que ça va arrêter quoi que ce soit", a-t-il ajouté. 

En septembre, une enseignante avait été agressée au couteau dans un collège du Bas-Rhin par un de ses élèves de 14 ans et un ancien élève avait blessé au couteau un élève et une professeure dans un lycée horticole d'Antibes.  Ces derniers mois, une surveillante a été tuée en juin à coups de couteau à Nogent par un adolescent de 14 ans lors d'une fouille de sac par des policiers et en avril un lycéen a tué une adolescente de 15 ans et blessé trois autres personnes dans un lycée de Nantes

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