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Tuerie de Nanterre : comment l’affaire a marqué l’histoire politique française

PODCAST - Le 27 mars 2002 à Nanterre, Richard Durn tue huit élus et en blesse 19 autres, en plein conseil municipal. En garde à vue au 36 quais des orfèvres, le meurtrier se suicide. La France est alors en pleine élection présidentielle et le sujet va rapidement s’inviter dans la campagne.

Les victimes de Richard Durn
Les victimes de Richard Durn
Crédit : AFP
42. Tuerie de Nanterre : acte politique ou folie suicidaire ?
00:28:04
Jeanne Rouxel & Thomas Prouteau

Dans la nuit du 26 au 27 mars 2002, les élus du conseil municipal de Nanterre terminent leur discussion sur le budget de la ville. Il est 1h15. Dans la salle, un homme se lève, sort son arme et tire à bout portant. Avant d’être maitrisé par certains membres du conseil, l’homme tue huit élus et en blesse 19 autres. Richard Durn est arrêté et placé en garde à vue, au 36 quai des Orfèvres à Paris. 

"C’était l’homme le plus haï de France à ce moment-là, mais c’était aussi l’homme le plus surveillé", explique Éric Morain, avocat de la mère du tueur, dans Les Voix du Crime. En France, l’affaire est retentissante. Le pays est en pleine élection présidentielle. À trois semaines du premier tour, le sujet s’invite dans la campagne et les candidats se rendent sur les lieux. "C’est inédit à la fois dans le bilan et en même temps dans l’endroit, le symbole qu’on a voulu viser", ajoute t-il. 

L'effroi ne s'arrête pas là. Au deuxième jour de sa garde à vue, Richard Durn, échappe à la vigilance des policiers et se donne la mort en se jetant du quatrième étage du fameux bâtiment du 36 quai des Orfèvres. L’issue du saut est fatale, son corps sans vie gît sur le sol de la cour pavée. "On est dans des locaux vétustes, ce n’est pas pour rien que, quelques années plus tard, on construira un nouvel édifice pour accueillir la police judiciaire et la brigade criminelle", indique l’avocat.

Il avait été décidé de lui retirer ce port d’arme, c’est une décision administrative qui n’a pas été suivie des faits

Me Éric Morain

L’enquête sur la tuerie et sur le suicide de Richard Durn, révèlent des incohérences qui vont mettre à mal la police judiciaire et les décisions administratives dont a fait l’objet le meurtrier. La perquisition menée par les gendarmes au domicile du tueur révèle des lettres dans lesquelles Richard Durn prévoit son méfait, une fois la tuerie accomplie.

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 "Le médecin a dit que sa garde à vue était compatible, mais a émis quelques mots sur le risque qui était celui d’un suicide, et les policiers qui ont fait la perquisition dans la nuit, sont en possession de l’ensemble des écrits", précise l'avocat. 

L’affaire questionne, l’homme détenait également des armes, malgré son lourd passif psychiatrique et ses antécédents de violence. "Il avait été décidé de lui retirer ce port d’arme, c’est une décision administrative qui n’a pas été suivie d'effet (…) c’était à l’autorité de venir s’assurer qu’il n’était plus en sa possession", confie Éric Morain. 

Malgré ces risques avant-coureurs, les conditions de détention liées à sa garde à vue se apparaissent légères. "Il est évident pour les hommes politiques aux commandes à l’époque, d’essayer de rassurer la population, de venir défendre haut et fort la démocratie, mais de faire en sorte que toutes les failles qui seraient susceptibles d’être découvertes ne fassent pas trop tâche", ajoute t-il.

Il est allé au cœur de la démocratie, là où on débat, là où on accepte la parole contradictoire,
là où on vote

Me Éric Morain

"Il y a eu une enquête administrative qui a été diligentée et qui a conclu qu’il n’y avait aucune faute qui pouvait être imputée, ni au service, ni aux enquêteurs", explique Me Morain. Pourtant, le suicide du meurtrier prive alors victimes et proches de victimes de tout procès et la non-responsabilité de l'état soulève l'émoi des familles des défunts.

Néanmoins, certaines dispositions sécuritaires, à la suite de la tuerie, sont appliquées. "Les années qui ont suivi, les conseils municipaux étaient protégés et surveillés par des agents de police municipale et par des policiers, car il y avait cette crainte qui n’était plus irraisonnée", confie t-il.

Le 27 mars 2022, la place de l’Hôtel de Ville de Nanterre est rebaptisée en référence à la date de la tuerie qui a marqué la mémoire collective. "Richard Durn allé au cœur de la démocratie, là où on débat, là où on accepte la parole contradictoire, là où on vote", appuie Me Morain qui repense souvent à cette affaire 20 ans après.

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