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Accusé de viols en série, il filmait les faits : l'avocate de quatre victimes identifiées raconte "l'horreur" face à la découverte des vidéos

PODCAST - En novembre 2025, Michel Cortet est condamné à 20 ans de réclusion criminelle à Tulle (Corrèze) pour une série de viols commis sur 11 jeunes femmes, souvent mineures au moment des faits. Il a fait appel de la décision et reste présumé innocent, mais dans "Les Voix du crime", Me Christine Marche, avocate de quatre victimes, rappelle qu'il existe des preuves formelles des faits : des vidéos tournées par l'accusé.

Le palais de justice de Tulle (illustration)

Crédit : JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Accusé de viols en série, il filmait les faits : l'avocate de quatre victimes identifiées raconte "l'horreur" face aux vidéos

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Maëwenn Le Coroller-Richard & Marie Zafimehy

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"Des images qu'on a beaucoup de mal à oublier". Maître Christine Marche se souvient avec précision du moment où elle a découvert les vidéos tournées par Michel Cortet : ce garagiste arrêté à Tulle (Corrèze) en 2022, est accusé d'avoir violé des jeunes femmes pendant près d'une décennie... et d'avoir filmé les faits.

L'avocate représente quatre victimes identifiées sur ces vidéos. Toutes ont découvert qu'elles avaient été violées, lorsqu'elles ont été convoquées au commissariat. "En montrant les vidéos, bien évidemment, après l'inquiétude, c'est l'horreur, décrit Maître Christine Marche dans Les Voix du crime. Si bien qu'il y en a une qui se met à crier, et les enquêteurs ont d'ailleurs peur qu'elle se jette par la fenêtre, tellement ce qu'elle voit est horrible." 

Cette enquête est partie d'une plainte : celle d'un père dont la petite fille raconte avoir été victime d'agression sexuelle de la part du nouveau compagnon de sa mère... Michel Cortet. Les enquêteurs mènent une perquisition au domicile du suspect : c'est là qu'ils découvrent "un vrai studio d'enregistrement", selon les mots de Me Marche. Mais surtout : une série de vidéos sur lesquelles l'homme se filme en train de commettre les faits sur plusieurs jeunes femmes visiblement inconscientes. 

Il profitait d'elles comme s'ils profitaient d'un objet, d'une poupée

Maître Christine Marche

"L'horreur", "envie de vomir"... Le visionnage des vidéos est insoutenable pour Maître Christine Marche et ses consoeurs. Toutes ont décidé de les regarder ensemble pour se soutenir. "La première vidéo qu'on a vue, c'était une jeune fille qui devait avoir 12 ans, qui se retrouve à l'arrière d'une camionnette. Et Cortet est là, et la viole", se souvient-elle. 

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L'homme est accusé d'avoir repéré des adolescentes ou des jeunes adultes vulnérables en leur promettant de "les protéger". "Et puis en réalité, il les faisait boire, complète Maître Christine Marche. Puis ensuite, elles étaient inconscientes - en tout cas, c'est ce que l'on peut voir sur les films - et il profitait d'elles comme s'ils profitaient d'un objet, d'une poupée."

Le procès de Michel Cortet s'ouvre en novembre 2025 devant la cour criminelle de Tulle : au total, 11 femmes identifiées sur les vidéos sont présentes en tant que parties civiles. Elles se mettent d'accord pour lever le huis-clos et le procès se déroule en public.

Au fur et à mesure du procès, quand on le met face aux vidéos, il est obligé d'admettre

Maître Christine Marche

Face à des preuves matérielles difficilement discutable, Michel Cortet conteste d'abord avoir commis les viols. "Au fur et à mesure du procès, quand on le met face aux vidéos, il est obligé d'admettre que 'oui', explique Me Marche. Mais très régulièrement, il dit 'Oui, mais j'ai voulu me venger de ceci', 'oui, mais'... Ce fameux 'mais' qu'il dira à chaque fois et qui est extrêmement dérangeant pour les victimes."

A l'issue du procès, Michel Cortet est condamné à la peine maximale : 20 ans de réclusion criminelle. Une semaine après, il est condamné à 14 ans dans une affaire similaire dont les faits se sont déroulés à Perpignan en 2019. Michel Cortet a fait appel des deux décisions et est donc toujours présumé innocent. 

A quelques mois du procès en appel, Maître Marche insiste : toutes les victimes n'ont pas été identifiées. "Je pense qu'on n'a pas trouvé toutes les vidéos, mais surtout : Cortet ne parle pas", regrette-t-elle. "Et même lorsqu'on lui demande qui est sur la vidéo, bien évidemment, il ne veut pas le dire." Si des femmes soupçonnent avoir été victimes dans cette affaire, il n'est pas trop tard pour se manifester, insiste l'avocate. Une femme s'est d'ailleurs présentée à elle après le premier procès. Son dossier sera joint aux autres lors du procès en appel.

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