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Qu'est-ce que Génération Identitaire, que le gouvernement pourrait dissoudre ?

ÉCLAIRAGE - Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a expliqué que "la question se [posait]" de dissoudre le groupuscule d'extrême-droite Génération Identitaire.

Une manifestation de Génération Identitaire le 17 novembre 2019 à Paris
Une manifestation de Génération Identitaire le 17 novembre 2019 à Paris
Crédit : Philippe LOPEZ / AFP
Paul Turban

Ce dimanche 1er novembre, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a affirmé que "la question" d'une dissolution de Génération Identitaire "se pose". "Dès lors que l'on a des preuves qu'il y a un appel à la violence, à la haine, il faut prendre les décisions qui s'imposent. On ne peut rien exclure", a-t-il expliqué à France Inter, France Info et Le Monde.

Le groupuscule d'extrême-droite a vu son nom plusieurs fois revenir ces derniers jours. Libération a rapporté jeudi 29 octobre que "des membres de l'organisation d'extrême-droite Génération identitaire se sont regroupés près des lieux de l'attentat" qui a eu lieu à Nice.

Nice-Presse a expliqué le lendemain qu'il s'agissait plus précisément d'un rassemblement de la Populaire du Sud, les supporters de l'OGC Nice, infiltré par des identitaires. Des slogans islamophobes, tel "Islam hors-d'Europe", ont été lancés, mais condamnés par la Populaire du Sud. 

"Vu le buzz et les reprises presse, on adorerait dire que ça vient de nous... mais pas du tout", ont affirmé des responsables de Génération Identitaire au média en ligne. Var-Matin évoque, pour sa part, plusieurs autres groupuscules d'extrême-droite, comme "1543" ou encore "l'ex-Brigade sud Nice" dissoute. 

L'association citée dans un faits divers à Avignon

Si la dissolution n'est pas actée pour l'heure, Gabriel Attal a aussi fait référence "à ce qu'il s'est passé à Avignon manifestement, même si l'enquête est en cours, où quelqu'un aurait voulu passer à une action violente visiblement affiliée, ou instrumentalisée, ou poussée par cette organisation.

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Jeudi 29 octobre, un homme de 33 ans, suivi pour des problèmes psychiatriques, a été abattu alors qu'il menaçait des gens dans la rue avec une arme de poing type pistolet. Confirmant une information du quotidien Le Monde, une source proche de l'enquête a indiqué à l'AFP que l'homme portait "un blouson bleu de la couleur de Génération identitaire (ndlr: groupe d'extrême droite)"

Parmi les personnes menacées par cet homme, "il y avait un automobiliste maghrébin", a ajouté cette source, "mais ça ressemble plus à un différend de voie publique car l'automobiliste roulait très vite et a failli renverser l'homme armé, qui l'a ensuite insulté". 

Contacté par l'AFP jeudi soir, le parquet d'Avignon ne pouvait "ni confirmer ni infirmer l'information d'une appartenance de l'homme à une mouvance d'extrême droite". Sur Twitter, une porte-parole de Génération identitaire, Thaïs d'Escufon, assurait que "cet individu n'a jamais milité chez nous, personne ne le connaît"

Un groupuscule connu par ailleurs

Au-delà de ces deux citations dans l'actualité de ces derniers jours, où l'implication de l'association reste à démontrer, Génération Identitaire est connue pour ses actions "coup-de-poing" régulièrement organisées

En marge d'une manifestation contre le racisme le 13 juin dernier, des membres ont déployé une banderole "Justice pour les victimes du racisme anti-blanc". En août 2018, trois membres ont été condamnés après qu'ils avaient bloqué une frontière avec une banderole "Vous ne ferez pas de l'Europe votre maison ! Retournez dans votre pays d'origine." 

En avril 2018, Jean-Yves Camus, directeur de l'Observatoire des radicalités politiques, a expliqué sur RTL, rappelait que ce mouvement a été fondé en 2012. Il a "pour objectif de redéfinir l'appartenance à la Nation selon le critère ethnoculturel." Le groupuscule est clairement xénophobe, avait affirmé le spécialiste. 

Autrement dit, selon eux, des migrants extra-européens ne doivent pas et ne peuvent pas s'assimiler. Ce mouvement se présente ouvertement comme anti-immigration et anti-islam. "Kébabs, voiles et mosquées n’ont rien à faire ici", peut-on lire sur leur site, dénonçant "l'immigration-invasion". Ils se félicitent d'avoir popularisé le terme "remigration" ou encore d'avoir ouvert le débat sur la déchéance de nationalité après les attentats de janvier 2015. 

"Des lanceurs d'alerte" autoproclamés

Toutefois, Génération Identitaire va plus loin, et peut s'apparenter à "une milice". Comme le rapportait en mai France 3, des avocats s'étaient insurgés alors que le groupement local de Lyon avait revendiqué l'organisation de "tournées sécuritaires". Toutefois, Génération Identitaire sait ficeler ses actions pour éviter toute poursuite en justice, notait la chaîne. 

Selon Jean-Yves Camus, le mouvement comptait en 2018 "quelques centaines de militants, plutôt à l'origine un bastion à Nice, avec une forte implantation à Lyon", expliquait-il, "et un petit peu partout autour de toutes les grandes villes de France." 
Le spécialiste rappelait aussi que les membres de Génération Identitaire se présentent eux-mêmes comme "des lanceurs d'alerte". Aussi, les actions spectaculaires visent à "recruter, mais aussi pour attirer l'attention sur ce qu'ils considèrent comme les problèmes fondamentaux de notre pays." 

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