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Police : pourquoi l'IGPN est-elle critiquée ?

Après l'évacuation violente de migrants place de la République à Paris, Gérald Darmanin a demandé une enquête de l'IGPN, qui est critiquée pour son manque d’indépendance.

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Police : pourquoi l'IGPN est-elle critiquée ? Crédit Image : MARTIN BUREAU / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Jean-Mathieu Pernin édité par William Vuillez

"Il faut remplacer l’IGPN par une autorité indépendante". Qui est à l’origine de cette phrase ? Une association de défense des libertés publiques, un manifestant professionnel, un fabricant de cocktail molotov ? Non, il s’agit d’un communiqué officiel de "Territoire de Progrès", la très discrète branchette de gauche de la majorité, inconnue du grand public mais emmenée par deux ministres, Olivier Dussopt et Jean-Yves Le Drian, deux poids lourds de la macronie.

Les politiques sont nombreux à critiquer les agissements des policiers suite à l’évacuation de tentes de migrants de la place de la République à Paris. Certains, comme Jean-Luc Mélenchon, réclament également que l’on transforme la police des polices en autorité indépendante. Ce procès à l’égard de l’IGPN est récurent mais son indépendance est remise en cause car ce sont des policiers qui enquêtent sur des policiers, d’où le doute du manque d’objectivité. 

Au point qu’en juin dernier, face aux multiples soupçons de violences policières, l’ex-ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait appelé de ses vœux à une réforme de l’inspection générale des polices.

Pas véritablement indépendante

L'IGPN est rattachée à la direction générale de la Police nationale, qui dépend du ministère de l'Intérieur. Elle n’est donc pas véritablement indépendante, mais aurait acquis sa liberté grâce à sa réputation car crainte par les forces de l’ordre mises en cause. Comme l’explique le Huffpost, l’indépendance des enquêtes des "bœufs-carottes" serait garantie par le fait que ce sont des juges ou des procureurs qui les ordonnent pour ce qui est du judiciaire, et les autorités administratives (ministre de l’Intérieur, directeur général de la Police nationale, préfet de police de Paris, directeur général de la sécurité intérieure) pour les enquêtes administratives. 

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En fin de compte, c’est la justice seule qui décide d’éventuelles sanctions. L’IGPN, elle, ne fait que mener le travail d’enquête avant de présenter ses conclusions. Reste qu’il y a toujours un soupçon de confusion, souligné par un rapport de l’ONG Amnesty international en 2009, s’interrogeant sur la proximité entre ceux qui enquêtent et ceux sur qui l’on enquête. Quel gardien pour surveiller les gardiens ? La question est toujours d’actualité.

Près de 1.500 enquêtes judiciaires

Mise en cause par Christophe Castaner, la patronne de la police des polices, Brigitte Julien,  avait balayé d’un revers de main en disant qu’il n’y avait jamais eu autant d’enquêtes, près de 1.500 enquêtes judiciaires. Un chiffre sans précédent, dont plus de la moitié portaient sur l'"usage de la force" par des policiers, selon le rapport annuel de l'IGPN. 

Elle assure que le contrôle par les pairs existe dans toutes les professions. Reste que nos voisins ont fait d’autres choix, au Danemark, en Belgique, en Suisse ou en Angleterre, des magistrats ont été placés à la tête des "IGPN" locales, donnant une plus grande place au pouvoir judiciaire. Voilà un sujet prêt à manger pour les futurs candidats à l’élection présidentielle.

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