2 min de lecture Crime

Nord : trois hommes condamnés pour extorsion et torture de l'héritière de La Redoute

Trois hommes ont été condamnés vendredi 15 janvier à des peines de 17 et 18 ans de réclusion criminelle pour avoir torturé l'héritière de la Redoute, âgée de 86 ans.

L'entrepôt de La Redoute à Wattrelos.
L'entrepôt de La Redoute à Wattrelos. Crédit : Michel spingler/AP/SIPA
Sarah Belien
Sarah Belien
et AFP

Fanny Pollet était âgée de 86 ans et souffrait d'un début d'Alzheimer. Trois hommes ont été condamnés à des accusés peines de 17 et 18 ans de réclusion criminelle vendredi 15 janvier. Ils sont accusés d'avoir torturé la veuve du fondateur de la Redoute à son domicile de Hem (Nord) en janvier 2016, pour lui extorquer en vain le contenu de son coffre. Fanny Pollet est décédée six mois plus tard.

Le 4 janvier 2016 vers 22h30, Rachid Belkhir et Aniss Tajer, deux hommes déjà condamnés âgés de 29 et 21 ans, entrent par effraction dans la demeure de la victime. Ils ligotent son aide à domicile et font vivre un calvaire à Mme Pollet, désorientée, pour qu'elle leur donne les clefs. Les deux hommes lui donnent des coups de taser, simulacres de noyade dans sa baignoire et coups sur la tête.

Les agresseurs sont au même moment en contact par téléphone avec Yacine Kherzane, alors âgé de 30 ans, jamais condamné et décrit par l'accusation comme l'instigateur de ce "homejacking". Il fait le guet dans une voiture à l'extérieur. Faute de clefs, le duo repart vers 3 heures en volant l'une des voitures de Fanny Pollet, avec 250 euros en liquide, un bracelet et des alliances, et rejoint Kherzane. Ils seront trahis par leurs téléphones.

"Il s'attaquaient à une femme qu'ils savaient fragile et riche", a lancé l'avocate générale Juliette Lebon, après quatre jours de débats devant la cour d'assises du Nord, qualifiant de "sauvagerie" l'acte des trois hommes. Cette dernière avait requis 18 ans de réclusion criminelle à leur encontre. La cour a finalement condamné deux d'entre eux, Rachid Belkhir et Aniss Tajer, à 17 ans, et le troisième, Yacine Kherzane, à 18 ans.

"Debout, lève-toi, le coffre, le coffre !"

À lire aussi
États-Unis
États-Unis : des centaines de détenus retenus en prison à cause d'un bug informatique

"Elle devait être terrorisée", a lancé Me Olivier Péan de Ponfilly, avocat des enfants et d'un petit-fils de Fanny Pollet, après avoir saisi la cour d'effroi en mimant la scène. "Debout, lève-toi, le coffre, le coffre !", a-t-il crié, avant de taper sur un bureau avec une brosse à cheveux pour simuler les coups qu'elle a reçus. "Bien sûr qu'elle est morte à cause de ça", a-t-il assuré, dressant le portrait d'une "grande dame", "votre grand-mère", qui a mené une "vie de labeur, pas une vie de luxe ni d'ostentation".

Prostrés dans le box, les trois accusés se sont excusés envers la famille Pollet et l'auxiliaire de vie, également partie civile. "Il a participé à quelque chose de monstrueux, mais ce n'est pas un monstre", a plaidé Me Xavier Raes, avocat d'Aniss Tajer. "Monsieur Belkhir, c'est un suiveur, bête (...) Il a besoin d'argent, on lui propose un plan, on lui dit il y a un demi million d'euros dans un coffre, il se dit 'ça peut m'aider'", a plaidé Me Gaël Zouaoui soulignant qu'"il a avoué, veut et va payer."

Enfin, "Kherzane a aidé, mais n'est certainement pas l'instigateur", a répété Me Chérifa Benmouffok, alors que l'enquête n'a pas pu déterminer s'il y avait un commanditaire au-dessus de lui ou non.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Crime Torture Argent
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants