3 min de lecture Enquête

Mort de Vanille à Angers : les zones d'ombres que l'enquête devra éclaircir

La mère de la petite Vanille, un an, retrouvée morte dimanche à Angers dans un conteneur à vêtements, était toujours en garde à vue ce lundi matin pour "meurtre aggravé". Face à ses "déclarations fantaisistes", les enquêteurs doivent encore éclaircir de nombreuses zones d'ombres.

Un badge de police nationale française (image d'illustration)
Un badge de police nationale française (image d'illustration) Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Charles Deluermoz et AFP

Au lendemain de la découverte du corps de la petite Vanille, un an, dans un conteneur à vêtements à Angers, la garde à vue de sa mère se poursuit pour "meurtre aggravé". Nathalie Stephan, 39 ans, qui a avoué avoir tué son enfant vendredi, devrait être déférée au parquet ce lundi 10 février dans la soirée ou mardi matin. Mais de nombreuses zones d'ombre persistent sur les motivations de la jeune femme.

Les enquêteurs doivent donc désormais confirmer la version qu'elle a donnée lors de son audition. Une autopsie pratiquée ce lundi devrait permettre de comprendre son mode opératoire. En outre, alors que Nathalie Stephan présente d'importants troubles psychologiques, des doutes ont émergé sur le droit de visite qui lui avait été octroyé.

Dimanche matin, elle avait été retrouvée seule dans un hôtel de Nantes. Placée aussitôt en garde à vue elle avait reconnu "avoir donné la mort à son enfant vendredi, avant même l'heure à laquelle elle devait le remettre" à sa référente de l'aide sociale à l'enfance (ASE), selon le procureur de la République d'Angers. Sur ses déclarations, le corps de l'enfant d'un an avait alors été découvert dans un conteneur à vêtements de la ville en fin d'après-midi dimanche.

Son état psychiatrique en question

Souffrant de troubles mentaux, la jeune femme aurait toutefois fourni des explications "un peu fantaisistes", selon le magistrat. Dans un premier temps, elle aurait indiqué avoir confié son enfant à une amie, puis l'avoir tué "par étouffement ou strangulation". Son examen médical n'a cependant pas révélé de "contre-indication" à sa garde à vue, a-t-il encore précisé. Selon BFMTV, la mère aurait "conscience de son geste mais n'exprime pas les émotions qu'une personne dénuée de troubles psychiatriques devrait ressentir".

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Les enquêteurs tentent donc désormais de démêler le vrai du faux dans les déclarations de la mère. Dimanche, les premiers examens menés par le médecin légiste semblaient confirmer la mort par étranglement ou étouffement. Toutefois, il faudra attendre les résultats de l'autopsie pratiquée ce lundi après-midi pour obtenir des conclusions définitives. Elles seront connues dans la soirée et d'autres auditions auront par ailleurs lieu dans le courant de l'après-midi.

À l'issue de sa garde à vue, la suspecte devrait donc être mise en examen par le parquet, qui pourra décider d'une hospitalisation ou d'un placement en détention. Si elle est reconnue responsable pénalement, Nathalie Stephan pourrait être jugée devant une cours d'assises, encourant une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

Des doutes sur le droit de garde

Les enquêteurs ont également émis des doutes sur le droit dont elle disposait pour garder sa fille compte tenue de sa fragilité psychologique. Nathalie Stephan était hébergée depuis un an dans le centre maternel d'Angers, un foyer pour femmes enceintes et mères isolées. Sa fillette avait été confiée à l'ASE et placée dans une famille d'accueil par le juge des enfants, mais elle pouvait continuer à voir sa mère régulièrement pendant un temps donné durant la semaine.

Ce vendredi, la mère avait quitté le foyer à 11 heures et aurait dû ramener sa fille à 17 heures 30. "À aucun moment la mère n'avait par le passé mis en danger l'un ou l'autre de ses enfants", avait souligné le procureur dimanche soir, ce qui expliquait pourquoi un délai de 24 heures s'était écoulé entre la disparition de l'enfant et le déclenchement de l'alerte enlèvement.

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