3 min de lecture Alerte enlèvement

Alerte enlèvement : tout savoir sur l'origine et le fonctionnement du dispositif

ÉCLAIRAGE - Déclenché pour la 24e fois depuis son inauguration en 2006 ce samedi 8 février pour la petite Vanille à Angers, ce plan activé par le procureur de la République a déjà évité de nombreux drames.

Le plan Alerte enlèvement existe depuis 2006
Le plan Alerte enlèvement existe depuis 2006 Crédit : THOMAS COEX / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
édité par Sarah Ugolini

Une nouvelle fois ce samedi 8 février, le plan alerte enlèvement a été déclenché. L'alerte a été diffusée par le ministère de la Justice aux alentours de 23 heures pour signaler l’enlèvement de Vanille, une petite fille âgée d'un an, qui aurait été enlevée à Angers par sa mère.


Le suspect est sa mère Nathalie Stéphan, âgée de 40 ans, vêtue d'une doudoune et d'un legging, et susceptible de se déplacer en transport en commun dans l'agglomération angevine", détaille cette alerte. De type métisse, l'enfant a quant à elle des yeux noirs et des cheveux bruns foncés, courts et frisés.

C'est la 24e fois que ce dispositif est déclenché, et il s'est jusqu'ici toujours révélé efficace. Le plan "Alerte enlèvement" est un procédé d'alerte massive et immédiate, déployé pour aider à la recherche d'un enfant présumé enlevé. Il est largement inspiré du plan "Amber Alert", créé au Texas en 1996, après l'enlèvement et l'assassinat de la petite Amber Hagerman.

En quoi consiste le lancement de l'alerte ?

Il consiste à lancer, en cas de rapt d'enfant mineur, une alerte massive via une cinquantaine de canaux de diffusion. Les panneaux d'affichage urbain, les panneaux dans les gare et sur les autoroutes mais également les radios, télévisions, sites internet et les bornes de la Française des jeux qui sont ainsi réquisitionnés pour diffuser des messages d'alerte à intervalle régulier. Des mesures rares qui se distinguent totalement des simples appels à témoins souvent cantonnés à un département ou une région.

Qui décide de son activation ?

À lire aussi
Tessy et sa maman lors de leurs retrouvailles à Quito, en Équateur. Toulouse
Enlevée par son père il y a 8 mois, une petite fille de 3 ans retrouvée en Équateur

Déclenchée par le procureur de la République, l'alerte enlèvement nécessite que plusieurs conditions soient réunies. Il doit absolument s'agir "d'un enlèvement avéré et non d'une disparition, même inquiétante", la victime doit être mineure, "la vie ou l'intégrité physique de l'enfant est en danger", "le procureur dispose d’informations dont la diffusion peut permettre la localisation de l’enfant et/ou de son ravisseur", indique le site alerte-enlevement.gouv.fr.

Et même si ces critères sont respectés, le magistrat peut refuser de déclencher le dispositif, s'il estime que sa diffusion peut mettre en danger la vie de la victime. Dans tous les cas où cela est possible, l’accord des parents doit être sollicité préalablement au déclenchement du plan Alerte Enlèvement. Si le procureur décide de diffuser l'alerte, le message est écrit par le magistrat lui-même, en étroite collaboration avec les enquêteurs.

Déclenché pour la 1ère fois en 2006 en France

En France, le plan "Alerte enlèvement" a été déclenché officiellement pour la première fois le 9 juillet 2006 après la disparition de deux sœurs, Emeline et Mélissa, 8 et 10 ans, en Maine-et-Loire. Cette affaire s'était révélée être une alerte sans objet, les deux fillettes ayant regagné leur domicile une quinzaine d'heures après leur disparition.

Avant l'enlèvement de Vanille, la dernière diffusion d'une alerte enlèvement datait du mois du 5 mai 2019. Le dispositif avait été déclenché aux alentours de 23 heures pour signaler le rapt d'Osnachi, un enfant de 2 ans à Marseille quelques heures plus tôt. La jeune victime a été retrouvée 2 heures plus tard dans un hôtel de Valence (Drôme), après le signalement de sa présence et de celle de son ravisseur par le veilleur de nuit de l'établissement, "qui a vu l'alerte enlèvement à la télé et a appelé la police", avait expliqué Xavier Tarabeux, procureur de la République de Marseille. 

Quel format pour l'alerte ?

Le message d'alerte est fourni par les autorités et ne peut en aucun cas être modifié par les diffuseurs. Concernant la présentation, la charte graphique rouge et le signal sonore qui le précède permettent de l'identifier immédiatement. Son contenu repose sur un format court avec le prénom de la victime, sa photo, le jour et l'heure de son enlèvement et d'éventuels détails permettant de retrouver l'enfant ou le suspect. Les témoins sont incités à appeler le numéro spécial mis en place par les autorités, le 197.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Alerte enlèvement Faits divers Société
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants