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INFO RTL - Incendie à Crans-Montana : mousse acoustique, extincteur non actionné, départ précipité de Jessica Moretti... Ce que les gérants du Constellation ont dit lors des dernières auditions

Le 11 et 12 février dernier, Jacques et Jessica Moretti ont été entendus pour la troisième fois en tant que prévenus dans l'affaire de l'incendie du bar le Constellation de Crans-Montana en Suisse. Le couple de gérants est revenu sur la pose de la mousse acoustique et sur le manque de contrôles périodiques dans l'établissement. Il a aussi pu échanger avec les familles de victimes présentes à l'audition.

Jacques et Jessica Moretti le 11 février 2026 à Sion

Crédit : AFP

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Le 11 et 12 février dernier, pendant plusieurs heures, Jacques et Jessica Moretti, le couple de gérants du bar le Constellation, a été soumis aux dizaines de questions posées par les près de 80 avocats des victimes de l'incendie et de leur famille. RTL a pu avoir accès au contenu de ces deux auditions, marquées par une première : la présence de proches de victime pendant les interrogatoires

"Je leur souhaite ma pleine empathie, je suis désolé, aucun parent ne devrait avoir à vivre cela", déclare Jacques Moretti peu après 9h30, au tout début de son audition le 11 février dernier. Il s'adresse à Leïla Micheloud, maman de Melissa et Farah, deux jeunes victimes de 18 et 20 ans grièvement brulées pendant l'incendie avant de poursuivre : "il s'agit d'une catastrophe. Je ne peux pas être présent avec eux mais nous sommes avec les familles dans les pensées et les prières".

Durant toute cette journée, les questions concernant la pose de la mousse acoustique au plafond du bar, et à l'origine de l'incendie, pleuvent sur Jacques Moretti. Il revient sur les tests d'inflammabilité à l'aide d'un chalumeur qu'il effectués avant l'installation de la mousse en assurant de nouveau qu'à "aucun moment cela n'a pris feu". Quand plusieurs avocats lui demandent s'il s'est renseigné sur le danger que pouvait représenter cette mousse, il répond que le vendeur du magasin de bricolage Hornbach lui a recommandé le produit: "Comme je l'ai dit, j'avais demandé conseil à des professionnels de la vente. Il y avait des annotations sur l'emballage mais rien ne m'avait choqué". 

Une autre question lui est posée sur l'absence de mise en place d'exercice d'évacuation incendie dans les années précédent le drame : "on ne m'a jamais soumis l'idée, ni du chargé de sécurité ni de personne", répond Jacques Moretti. Un avocat lui demande également pourquoi aucun extincteur n'a été utilisé la nuit du drame ? "le feu s'est propagé tellement vite, qu'il y a eu un mouvement de panique, explique le gérant, il n'y a pas eu de réflexe, le plus important étant d'évacuer l'établissement". 

En pleurs, Jessica Moretti promet de ne pas se dérober

Le lendemain de son audition, c'est son épouse, Jessica Moretti qui est entendue. Le matin de ce 12 février, l'audition n'est pas commencée qu'une violente altercation à lieu à l'extérieur du bâtiment universitaire accueillant l'interrogatoire. Plusieurs proches de victimes sont présent devant l'immeuble alors que le couple approche de la porte d'entrée avant d'être pris à partie.

Alors que l'audition démarre enfin avec quelques minutes de retard, Jessica Moretti prend la parole en pleurs : "Ce que ces mamans vivent est indescriptible. Je suis moi-même mère. Personne ne devrait avoir à vivre cela. On ne se dérobera jamais. C'est pour cela que nous sommes passés par-devant ce matin, car on savait qu'il y avait un rassemblement. On comprend votre colère, votre haine. Je réitère que nous serons là pour répondre à n'importe quelle question, nous serons là pour vous".

Le départ du bar de Jessica Moretti au coeur des questions

Alors que Jessica Moretti est soupçonnée par plusieurs avocats de proches de victimes d'avoir quitté le Constellation précipitamment, des questions lui sont posées sur son comportement le soir des faits, notamment sur l'appel au secours. "Je voulais appeler les pompiers. Dans mon esprit, c'est cela qui pouvait sauver le maximum de personnes. Je comptais "re-rentrer" quand tout le monde était évacué", assure-t-elle. 

De même, pourquoi n'a-t-elle pas fait usage d'un extincteur ? "Car quand je vois les flammes, c'est la panique. Pour moi la priorité c'était de donner l'alerte", explique-t-elle avant de rajouter, "C'était une scène apocalyptique. Je n'ai pas rien fait. On est resté sur les lieux à faire face au chaos". 

Des réponses ponctuées de sanglots comme lorsqu'on lui demande si elle a tenté de tirer quelqu'un des flammes pendant sa fuite : "Je voulais prendre les gens dans mes bras. Pour répondre à la procureure, avant de monter, non je ne l'ai pas fait car je pensais que tout le monde me suivait, je ne pensais pas que c'était aussi grave, je pensais que j'allais sortir et qu'on pourrait redescendre ensuite éteindre le feu". 

Alors que des mineurs de moins de 16 ans étaient illégalement présents au bar la nuit du drame, la question lui est justement posée. Jessica Moretti l'admet : "nous ne sommes pas infaillibles. Est-ce que les personnes présentes ont profité de l'absence de l'agent de sécurité pour rentrer quand l'incendie s'est déclaré... Mais je peux vous dire que j'ai vérifié les cartes d'identité". 

Alors que de nombreuses questions d'avocats n'ont pas encore pu être posée, le couple de gérants sera de nouveau entendu dans les prochaines semaines, à une date qui n'a pas encore été déterminée. 

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