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"Il demande à changer de foyer" : où en est l'enquête sur l'enfant tondu dans un foyer de l'Aide sociale à l'enfance, un an après les faits ?

Des employés d'un foyer d'Aide sociale à l'enfance ont rasé la tête d'un enfant placé en le filmant en février 2025, "à des fins d'humiliation", selon la mairie de Paris, qui avait saisi la justice. Dans cette affaire, le parquet a ouvert une enquête pour violences volontaires sur mineur de moins de 15 ans par personne ayant autorité, suivie d'un dépôt de plainte de la mère de l'enfant.

Une photo montre une balance symbolisant la justice.

Crédit : Philippe HUGUEN / AFP

Où en est l'enquête sur l'enfant à la tête rasée d'un foyer d'Aide sociale à l'enfance à Paris ?

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Morad Djabari - édité par Juliette Vignaud

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L'enquête se poursuit après la révélation de faits de maltraitance dans un foyer de l'Aide sociale à l'enfance. En décembre 2025, le parquet de Paris a été saisi par la ville, concernant le foyer Jenner du 13e arrondissement de la capitale, où des salariés ont rasé la tête d'un garçon et filmé la scène pour l'humilier.

Elliot, 8 ans, est pensionnaire depuis plusieurs mois dans ce foyer. En février 2025, il se retrouve chauve. Il est rasé par une éducatrice. Sa maman s'en rend compte quelques semaines plus tard et demande aux éducateurs présents lors d'une réunion ce qu'il s'est passé. Ils lui répondent que le coiffeur a fait une erreur. 

Quelques mois plus tard, la directrice du foyer lui répond que c'est à cause des poux. Mais une autre éducatrice contacte discrètement la maman. Elle lui envoie des captures d'écran du groupe WhatsApp interne. La mère d'Eliott découvre alors les moqueries, les blagues, les images de son fils tendu sur une chaise, torse nu, un calvaire filmé. Mais aussi que finalement, cette humiliation est une sanction, une punition disproportionnée pour des motifs qui demeurent toujours inconnus aujourd'hui.

"Il était très mal au moment où ça s'est passé au mois de février. Il a eu de la chance d'avoir une maîtresse à l'école, à l'écoute, et qui se rendait bien compte quand même qu'il y avait un truc qui clochait, et qui a par exemple accepté qu'il porte son bonnet en classe, parce que ça calmait aussi les moqueries des autres camarades", déclare l'avocat de la famille au micro de RTL.

Une audience prévue dans quelques semaines

La mère d'Elliott répète devant les policiers qu'elle n'a jamais donné son accord pour que son fils soit rasé, et qu'elle n'a jamais été contactée non plus en amont par les éducateurs. Elle dénonce aussi des faits de violence antérieure, avec des "insultes", des "paroles dures". "Vous n'avez pas de parents",  "connard", "je vais te défoncer", rapporte-t-elle dans la plainte que RTL a pu consulter. Elle affirme que son garçon a subi cela à plusieurs reprises. 

Depuis la révélation de l'affaire, le garçon de 8 ans est toujours placé dans l'établissement du 13e arrondissement de Paris. Selon l'avocat de la famille, contacté par RTL, il demande à changer de foyer à chaque visite. Mais d'après l'ASE, il s'y sent bien. Les éducateurs responsables de ses sévices, dont l'éducatrice qui lui aurait coupé les cheveux, n'exercent plus dans ce foyer, d'après la direction. Une audience est prévue sur l'avenir du jeune garçon dans quelques semaines.

Côté judiciaire, Elliot, sa maman ainsi que les éducateurs ont été auditionnés. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour violences sur mineurs par personnes ayant autorité. Les enquêtes administratives de la mairie de Paris sont toujours en cours. Auprès de RTL, la maman d'Elliot dit avoir la sensation que ses enquêtes pénales et administratives s'enlisent. 

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